LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 23 FEVRIER
1887
Les effets sur le village de BAR-SUR-LOUP
BAR
SUR LOUP
Superficie
: 1 447 ha - Alt.: 310 m.
Latitude
: 43° 42' 08 Nord - Longitude : 6° 59' 23 Est
Population
: 1 414 habitants en 1877 – 2 543 habitants en 1999
Etat
des logements en 1999 :
1 141
dont 972 principaux – 88 secondaires – 81 vacants – avant
1949 nb. 329
Cadastre Napoléonien 1832
Section : D Le Village, Feuille unique
Section : E Les Vergers, Feuille unique
Les effets :
Dans ce village, le tremblement de terre a
pris les proportions d'une véritable catastrophe.
Bar-sur-Loup est bâti sur le flanc d'un coteau. Tout en haut du bourg se trouve
la place principale et un ancien château féodal des Comtes du Bar. Ce fortin
remarquable, à l'origine habité par quelques ménages, était flanqué d'une
vieille tour crénelée et circulaire. Ses vestiges n'étaient pas dépourvus de
caractère et frappaient de nombreux visiteurs et archéologues. Bien que
abîmée par le temps et mutilée par les aménagements intérieurs qu'elle a
subi depuis la révolution, cette tour fut lézardée par le séisme de 1854 et
aucune réparation n'y avait été faite par la suite (1).
Trente trois ans plus tard, lors du séisme de 1887, toute la
moitié supérieure Est de cet édifice
élevé, s'est
brutalement détachée en un bloc énorme, tombant
sur une maison située
immédiatement en dessous, entraînant dans sa chute deux
autres bâtiments
contiguës, sept personnes ont été ensevelies.
Effondrement de la tour est du château de Bar-sur-Loup déjà lézardée par le
séisme de 1854
(Reproduction et photo André Laurenti)
Aux cris de terreur, aux lamentations des femmes se joignaient les plaintes des
blessés et les appels désespérés de ceux qui étaient à la recherche d'un
parent ou ami.
M. Antoine Giraud, sous-officier d'artillerie, en vacance à Bar-sur-Loup, a
été l'un des premiers à arriver sur les lieux et à procéder au sauvetage
des personnes ensevelies (2).
Cinq ont pu rapidement être secouru dès la première heure grâce aux travaux
de déblaiement organisés par la municipalité, la gendarmerie et l'agent
voyer. Il s'agit de M. Augustin Cavalier 54 ans, son épouse Justine Charreiron
et leurs enfants de 11 à 15 ans et enfin de Mme Marie Lecler 68 ans, épouse de
M. Guizol Jean-Baptiste (3). Ils ont été découverts assez contusionnés mais sans
gravité sérieuse, sans oublier le périlleux sauvetage d'une jeune enfant de
huit ans, laissée couchée dans une maison dont tout le mur a été entraîné
par l'effondrement de la tour. Les planchers étant restés parfaitement en
place, le lit de la malheureuse enfant se trouvait sur le bord même du vide à
une hauteur de trois étages. Et c'est au péril de sa vie, qu'un citoyen est
allé la chercher.
L'œuvre de déblaiement s'est poursuivi, une chaîne s'est formée à laquelle
prenaient place tous les hommes valides. Une heure après le début des
recherches, on retira Mme Charreiron 82 ans, la belle-mère de M. Augustin
Cavalier, découverte morte par asphyxie.

Village de Bar-sur-Loup
(Photo : André Laurenti)
Informés de cet événement par télégramme, MM Delage sous-préfet de Grasse,
le Procureur de la République, M. Pellegrin ingénieur d'arrondissement
accompagnés par le capitaine de gendarmerie arrivèrent sur les lieux.
Lors de la troisième réplique, le pignon de la façade sud-est de l'église,
une partie de la toiture ainsi qu'un morceau de corniche de la tour
s'écroulèrent en une pluie de débris sur les sauveteurs, quelques-uns furent
atteints aux jambes mais sans gravité.
Les difficultés de déblaiement étant telles et la quantité des décombres si
considérable que le corps du malheureux Guizol fut retrouvé deux jours plus
tard vers 16 heures.
Ce dernier avait été projeté avec son lit dans l'atelier du menuisier
Brassac, son voisin et gisait sur le sol complètement écrasé.
Outre les trois bâtisses écroulées et les dégâts occasionnés à l'église,
quatorze autres maisons et la chapelle du couvent des sœurs Trinitaires, ont
été très endommagées, cinq d'entre elles menacent ruine (3). Parmi elles,
l'habitation de M. Agard maire de la commune, qui a eu au moment du séisme,
tous les plafonds séparés et d'énormes plâtras se sont également
détachés. L'un d'entre eux, estimé à 50 kg, s'est abattu sur son lit. Mais
par un heureux hasard, le premier magistrat était à son château sur la
commune du Rouret.

Autre dégâts à Bar-sur-Loup
(Photo : Fournier réf. 1J566 Arch. Dép. A.M.)
La villa Seytre n'a pas été épargnée et la corniche de sa tour est tombée,
le bâtiment a aussi souffert dans son ensemble.
La maison de Barbier Alexandre a été également très endommagée, les
crevasses et les fissures ne se comptent plus.
Quant à l'église, un pilier intérieur a été lézardé de haut en bas, à
l'extérieur, une partie de la toiture et la corniche derrière le chœur se
sont effondrées.
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
Classe
de vulnérabilité A
En fonction des dégâts
indiqués dans le récit qui sont de degré 4, ils
sont suffisant pour justifier une intensité de VII.
---------------------------------------------------
Source
documentaire
-
01 Le Journal de Grasse : Extrait du
journal du 24 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)
-
02 Le Petit Niçois : Extrait du journal du
2 mars 1887 (Arch. Départ. Des Alpes-Maritimes).
-
03 Rapport de Gendarmerie, brigade de
Bar-sur-Loup en date du 26 février 1887 ( Dos 1M 16 164 à 16 172. Arch.
Dép. Des Alpes-Maritimes).
- Levret Agnès Grunthal //G : Cahier du Centre Européen de
Géodynamique et de Séismologie – volume 19 – l'Echelle
Macrosismique Européenne – année 2001
- - Recensement// par commune de l'année 1877 – INSEE Marseille
- Recensement// //de la population de l'année 1999 -
http://www.recensement.insee.fr
http://www.recensement.insee.fr_
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