LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 23 FEVRIER 1887

Le pays niçois

Saint-André :
D'après l'état présentant les dégâts par commune établi par la Préfecture de l'époque, il y aurait eu une maison détruite et deux très endommagées.
Quant aux Archives Départementales, elles nous apprennent qu'une trentaine d'habitations furent lézardées.

La Trinité Victor :
La première secousse commentera la presse, a été ressentie à six heures et a duré vingt secondes; la deuxième est arrivée huit minutes après et enfin la troisième s'est produite à 8 h 35.
La maison du métayer de Mme Formento au quartier de Paillos, s'est partiellement écroulée. Heureusement les occupants étaient sortis.
La demeure du "facteur boîtier" a été très éprouvée; une poutre s'est affaissée et le toit a subi d'importants désordres. Les murs du deuxième étage de l'école ont été lézardés en plusieurs endroits. Bref sept maisons au total, furent déclarées inhabitables.
Il n'y a pas eu d'accident de personne mais les habitants passèrent la nuit au rez-de-chaussée de leur maison, autour d'un bon feu.

Falicon :
Beaucoup de frayeur ici, mais pas de victime à déplorer. Le mouvement ondulatoire paraissait suivre la direction sud-est, nord-ouest. Trois maisons furent très endommagées et une inhabitable. Quant à l'église, la voûte fut lézardée.

Falicon
Village de Falicon 
(Photo : André Laurenti)

Drap :
Toutes les maisons ont tremblé sur leurs fondements provoquant une grande panique. Neuf habitations furent très éprouvées dont l'une devra être démolie et trois autres le seront partiellement. Vingt-neuf subirent divers dégâts. Parmi les plus endommagées, la presse énumère celles de Mlle Arnulf, de Mmes Levesi, Gaudo, de MM Novi et Gras Antoine. Dans les deux premières, les plafonds s'écroulèrent, la toiture se fendit, les murs disloqués tombèrent en partie et c'est un vrai miracle si personne ne fut enseveli sous les décombres. Une partie du château de Drap s'écroula et ce qui resta debout se trouva fortement endommagé. Les habitants profondément émus, campèrent dans les prés et les jardins.

Localité de Drap dans la vallée du Paillon
(Photo : André Laurenti)

Cantaron :
Les dégâts matériels furent modérés, presque toutes les cheminées du hameau s'écroulèrent et une partie des plafonds du logement de l'instituteur, tombèrent avec fracas. Mais rien n'est comparable avec le hameau voisin de Bordina où neuf maisons sur dix s'effondrèrent et devinrent inhabitables. A la nouvelle de ce désastre, le docteur Dalbers, Maire de la commune accompagné de plusieurs habitants de Cantaron s'empressèrent de porter secours et de déblayer les décombres pour en retirer des vivres indispensables. Tout comme Madame Raybaut qi fut atteinte à la tête par la chute d'une tuile, plusieurs personnes furent légèrement blessées, d'autres miraculeusement sauvées comme ce bébé qui fut dans son berceau, couvert de matériaux.
Les hommes logèrent sous des tentes tandis que les femmes et les enfants furent recueillis par les habitants des hameaux voisins.



Village de Cantaron dans la vallée du Paillon
(Photo : André Laurenti)

Peillon :
La consternation est générale. Toutes les maisons sont endommagées quatre entièrement détruites et une partiellement démolie. La Mairie et l'école sont lézardées et les plafonds menacent ruine. Il n'y a pas eu d'accident de personne. Par ailleurs, plusieurs éboulements de rochers ont causé d'importants dégâts.

 
Peillon véritable nid d'aigle situé à proximité d'un réseau de failles.
(Photos : André Laurenti)

Peille :
La moitié du village est inhabitable, les maisons sont crevassées ou à moitié détruites. Une quarantaine d'habitations devront être reconstruites en totalité ou bien en partie. L'église quant à elle, n'a guère souffert. Selon la préfecture trois constructions auraient été détruites et trente-neuf le seraient en partie, ce qui confirme le bilan annoncé par la presse. Tout le monde ici, a pu fuir à temps et les habitants campèrent en rase campagne.
Etude de Peille


Village de Peille 
(Photo : André Laurenti)

L'Escarène :
Aucun accident de personne ne fut signalé, seules quelques cheminées chutèrent. La presse indiqua également un éboulement entre l'Escarène et Sospel, sur une distance de cent mètres empêchant toute circulation.



Village de l'Escarène à 340 m d'altitude, situé en bordure du Paillon
(Photo : André Laurenti)

Touët de l'Escarène :
Pourtant non loin de l'Escarène, plusieurs maisons furent ici lézardées et les habitants paniqués, campèrent dans les campagnes.
Au-dessus du village, aux lacets qui mènent au col de "Braous", la route s'effondra sur cinquante mètres.

Village de Touët de l'Escarène sur la route du col de Braus
(Photo : André Laurenti)

Lucéram :
On déplore peu de dégâts à part la chute de quelques cheminées et l'effondrement de la partie supérieure du clocher entraînant la croix de l'église paroissiale.



Village étape sur la route du sel Lucéram devient
prospère vers la fin du XVème siècle.
(Photo : André Laurenti)

 

Berre les Alpes :
Les dégâts sont énormes, pas une maison n'a été épargnée et huit ont été jugées inhabitables. Les rues du village sont en certains points obstruées par les décombres. La maison d'école et l'église ont particulièrement souffert. La population entière a été obligée de quitter le bourg pour aller camper dans  les campagnes.
La presse fait appel aux personnes généreuse pour venir en aide aux sinistrés.



Village typique de Berre les Alpes
(Photo : André Laurenti)

Contes :
Le séisme a causé à Sclos de Contes, d'importants désordres, l'église Sainte-Hélène a été lézardée et son orgue définitivement détruit. Le quartier de l'Avalanca fut particulièrement touché. Les éboulements formèrent sur le ruisseau de l'Ibac, un barrage qu'il fallut rapidement détruire. Le pont fut sérieusement ébranlé et dut faire l'objet de travaux de consolidation. A Contes il y eut quarante familles sinistrées. On déplore une douzaine de toitures effondrées, deux maisons écroulées et trente-deux endommagées. Les dégâts dans les bâtiments publics furent également considérables. L'église de Contes menace de s'écrouler, le presbytère, le palais de Justice, la chapelle Saint-Jean, l'école, la digue furent particulièrement touchés. Enfin à la Vernéa, le presbytère fut en partie détruit.



Village de Contes dans la vallée du Paillon
(Photo : André Laurenti)

Châteauneuf Villevieille :
On déplore au total une maison détruite, douze partiellement écroulées et une cinquantaine lézardées. L'église de la Madone subit de graves dommages à la toiture et à la voûte.
La presse relate que l'habitation de M. Mari Camille employé de Mairie à Nice, a eu l'intérieur dévasté. Les occupants ont échappé par miracle en sautant par la fenêtre. Vers neuf heures, alors que les élèves étaient en classe, une nouvelle oscillation très forte du bâtiment a effrayé les enfants qui se sont enfuis chez eux.

  

Ruines de l'ancien village de Châteauneuf déserté au début du XXème siècle
(Photos : André Laurenti)

Villevieille

Village de Châteauneuf Villevieille
(Photo : André Laurenti)

Bendejun :
Divers sinistres sont à signaler sur toutes les maisons. L'église est lézardée, la chapelle des pénitents blancs s'est écroulée, le clocher a perdu son équilibre, la chapelle Saint-Joseph est gravement lézardée. Cinq maisons sont inhabitables, entre autre le plus fort bâtiment des hoirs Martini (colonel). Le château de la Comtesse Avet est gravement endommagé. La vieille maison d'école est dans un état pitoyable.

Coaraze :
La secousse dura vingt-cinq secondes, cinquante-sept habitations furent lézardée et vingt-six détériorées. Parmi celles-ci, la maison commune se trouva toute délabrée et le plafond de l'école des garçons grandement endommagé. La population effrayée se réfugia en grande partie, sur la place du château.



Village de Coaraze dominé par la cime de Rocca seira (1504m)
Une légende raconte que les habitants auraient réussi à capturer
le diable et l'auraient attaché par la queue. Mais le malin l'aurait
coupée, d'où le nom de Coa (queue) rasa (coupée).
(photo : André Laurenti)

Tourrette de Levens :
Le journal intitulé "le Phare du Littoral" mentionne pour ce village deux maisons écroulées. En fait, le séisme a causé d'importants dégâts en endommageant cent-deux immeubles dont vingt-deux furent en ruine ou gravement touchés.

TouretteLevens

Agglomération de Tourettes Levens
(Photo : André Laurenti)

Aspremont :
Il est fait état seulement de quelques dégâts matériels.



Village d'Aspremont surplombant la vallée du Var
(Photo : André Laurenti)

Colomars :
Quoique aussi violent qu'ailleurs, le séisme n'a occasionné que des dommages relativement faibles, seules quelques cheminées sont tombées.

Colomars

Village de Colomars
(Photo André Laurenti)

Castagniers :
Ici, quatre bâtiments se sont écroulés et quarante plus ou moins lézardés. L'église a perdu son clocher et le presbytère est en ruine, les offices ont lieu sur la place publique. Plusieurs personnes n'ont dû leur salut qu'à une fuite précipitée sans avoir eu le temps de prendre leurs vêtements. La population passa la nuit sous les oliviers ou dans les caves.

 Castagniers

Le nouveau clocher de Castagniers reconstruit après le séisme.
(Photos : André Laurenti)

Saint-Martin-du-Var :
Plusieurs maisons s'effondrèrent, aucune personne ne fut blessée. Dans le dossier des Archives Départementales, on y apprend que la mairie, la gendarmerie, le presbytère et quelques habitations furent sérieusement endommagés. On déplore sept maisons inhabitables, vingt-quatre très abîmées et quinze endommagées.

StMartinDuVar   StMartinDuVar

Village de Saint-Martin du Var
(Photos : A. Laurenti)

La Roquette-sur-Var :
Le grenier d'une habitation s'effondra, la mairie et l'église se fissurèrent, les chapelles Madona et Sainte Catherine furent abîmées. Par ailleurs quatre bâtiments ruraux et quelques granges furent dévastés.



Village de la Roquette-sur-Var
(Photo : André Laurenti)

Saint-Blaise :
Plusieurs cheminées tombèrent sous les secousses et quelques maisons eurent des cloisons et des planchers légèrement lézardés. L'école et le presbytère souffrirent grandement, les murs furent lézardés en maints endroits et les toitures très endommagées. L'église quant à elle, n'a pas souffert. Au total seize maisons furent endommagées.

SaintBlaise

Village de Saint-Blaise
(Photo A. Laurenti)

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