![]() SEISME LIGURE DU 23 FEVRIER 1887 LES EFFETS DU SEISME SUR LA
PRINCIPAUTE DE MONACO
MONACO
- MONTE-CARLO : Les archives sur le séisme du 23 février 1887 à Monaco ont été pour la première fois exploitées par le sismologue de la Principauté de Monaco, M. Philippe Mondielli, dans le cadre de la préparation d'une thèse de Doctorat soutenue avec succès en novembre 2005 (01). L'analyse des dégâts a permis d'étudier la répartition des dommages à travers la ville, et d'essayer d'en expliquer les causes notamment pour les zones les plus touchées. Elle a permis également de définir sur des éléments concrets l'intensité macrosismique exacte atteinte lors de ce séisme. Etat des structures et de l'urbanisation en 1887 Les
travaux de Mondielli nous éclairent dans un premier temps,
sur
l'évolution urbanistique de la Principauté, en
tenant compte de la
typologie constructive des bâtiments et aussi de leur
vétusté.
En voici le contenu.
La
nouvelle ville est le quartier situé
immédiatement à
l'Est. Il est délimité par la ligne Nord-Sud
chapelle
de la Miséricorde – actuelle Mairie. Ce sont de
vastes bâtisses
qui ont, en 1887, moins de trente ans âge. Le Rocher de
Monaco
présente donc la même extension spatiale de
l'urbanisation qu'aujourd'hui.
Vues du secteur de la Condamine
dans les années 1850, une plage et une campagne avec deux
Quartier
de la Condamine en 1887, exceptées les deux
bâtisses
cerclées de jaune et déjà visibles En
une trentaine d'années la Condamine s'est
considérablement
urbanisée. En 1887, la plupart des maisons avaient moins de
trente ans. L'édification du quartier de la Condamine s'est
faite en même temps que celle de la nouvelle ville sur le
Rocher de Monaco. Le quartier de Monte-Carlo présente une urbanisation moins dense que celle de la Condamine. Toutefois de vastes bâtisses et de nombreuses villas avec jardins sont déjà construites autour du Casino. Les maisons les plus anciennes sont composées de moellons maçonnés, de pierres non taillées ou travaillées au marteau. Les murs ont en moyenne une épaisseur de 60 cm à la base et de 40 cm dans les parties hautes des maisons. Les planchers ont des ossatures en bois et les façades étaient badigeonnées de lait de chaux grasse teintée. Les quartiers de Fontvieille, du Larvotto et du Sporting construits sur des terre-pleins n'existaient pas à l'époque. L'urbanisation de l'époque se limitait donc aux quartiers édifiés sur des terrains naturels (01). Les effets : La
presse française fournit quelques indications
intéressantes, mais n'est pas aussi précise. Le
journal de Monaco apporte davantage de précisions. "Trois
secousses successives, en moins de dix minutes, ont
ébranlé
violemment le sol. Certaines maisons, notamment celles à
plusieurs étages, ont été terriblement
remuées
surtout dans leur partie supérieure où, en raison
de
l'élévation, les oscillations se montraient plus
fortes. Les habitants, surpris, se sont de suite
précipités
dans les rues. La Principauté en était quitte
pour des
dégâts matériels relativement
insignifiant :
crevasses à quelques maisons, chutes de
cheminées, de
balcons et de corniches et couronnements. Vers huit heures et demie,
une quatrième secousse assez forte vient encore
épouvanter la
population. Craignant de nouveaux tremblements, les locataires des
habitations à plusieurs étages, n'osant plus
rentrer
chez eux, prennent le partie de passer la journée dehors
–
seuls, ceux qui demeurent au rez-de-chaussée. Les recherches effectuées par Mondielli dans les archives du Palais Princier ont permis de retrouver trois rapports intéressants concernant les effets du séisme, et dont l'analyse détaillée a permis de mettre en lumière la répartition et le type de dégâts sur le bâti monégasque. - le rapport établi par le Maire de Monaco le 24 février qui signale les principales maisons touchées repose sur une appréciation visuelle. - le rapport daté du 26 février, plus technique, est issu d'une commission spécialement nommée par le Comité des Travaux Publics. Ce rapport, réalisé par des experts, a pris en compte des bâtisses dont les dégâts présentaient un danger pour la sécurité et qui nécessitaient, de la part des propriétaires, des réparations, - le rapport de visite concernant le Palais deux jours après le séisme. C'est le rapport de la Commission qui aura le plus de poids dans la détermination des zones de dommages. Cependant ce rapport concerne uniquement les bâtiments n'appartenant pas à l'Etat. Mondielli a fait figurer les principales maisons touchées qui ont nécessité des réparations sur quatre extraits du plan d'époque (annuaire Monaco 1887). Zone du Rocher : L'auteur énumère toutes les maisons qui ont nécessité des réparations sur la zone du Rocher, maisons individuelles, bâtiments de l'Etat et le Palais. Les maisons les plus touchées sont : - rue
des briques : 1 (c); 5 (q); 26 (o);
Localisation, sur le plan
annuaire 1887, des maisons endommagées sur le Rocher de
Monaco. Sur le Rocher, la plupart des maisons présentent des dommages dont certains sont sérieux. La Commission des Travaux Publics a recommandé pour ces maisons des chaînages dont certains à tous les étages, des placements de tirants transversaux, des remaniements de toits et des réparations de cloisons. Cependant l'ensemble des maisons reste habitable, seules les deux maisons en face du chevet de la Cathédrale et la caserne des gardes ont été évacuées pour la réalisation d'importants travaux. Le
Palais a lui aussi été touché, le
rapport des
visites du 25 février 1887 témoigne avec
précision
des nombreux dégâts occasionnés par le
tremblement
de terre. Le rapport mentionne toutefois que certains défauts de construction étaient déjà présents et ont rendu l'ensemble plus fragile aux secousses. Dans les mois qui ont suivi cette secousse les réparations changeront l'aspect extérieur du Palais avec notamment une "reconstruction" de la tour sud. La tour nord dite du pavillon perd sa dénomination puisque dorénavant le pavillon est hissé sur la nouvelle tour sud. Le nouvel ensemble architectural en pierre blanche de la Turbie, à l'entrée des petits quartiers qui bordent la tour du pavillon et de l'horloge, a été reconstruit quelques mois après le séisme.
Le Palais avant la secousse de
1887. La tour du pavillon et celle de Zone de la Condamine
Localisation des maisons
endommagées dans le quartier Zone de Monte-Carlo -
boulevard Peirera (villa sans souci) (a);
Localisation des maisons
endommagées à Monté-Carlo (plan 1887). Zone de Saint-Roman La villa des Roses présentait, d'après la Commission des Travaux Publics, des dommages très graves. De ce fait, la maison avait dû être évacuée. La maison Imperty présentait des dommages importants à réparer. Le Rez-de-chaussée, le premier étage et les combles ont dû être chaînés, les fondations du mur sud reprises etles cloisons réparées. La caserne des carabiniers de Saint-Roman a été endommagée dans le mur sud et dans la cage d'escalier. L'étage a été évacué et réoccupé après réparations.
Localisation des maisons
endommagées à Saint-Roman (plan 1887) Synthèse des dégâts observés C'est le Rocher de Monaco qui présente les dégâts les plus nombreux. Les autres quartiers ont été touchés par ce séisme mais dans une moindre mesure puisque juste quelques maisons ont souffert. Le quartier de la Condamine a été proportionnellement au nombre d'habitation, moins touché que les autres quartiers. Dans les secteurs de la Condamine de Monte-Carlo, de Saint-Roman ainsi que le secteur Est du Rocher de Monaco, la plupart des maisons avaient moins de trente ans lors du séisme de 1887. Elles ont le même nombre d'étages et la même méthode de construction que celles endommagées dans la vieille ville, cependant elles ont été bâties en une seule fois avec des matériaux forcément plus récents. Les dégâts occasionnés au bâti ne font état d'aucune destruction, mais parfois de larges lézardes ont nécessité l'évacuation des bâtiments. Ils ne devaient pas cependant être trop sévères puisqu'ils ont pu, à l'époque, être réparés ou consolidés. Seules certaines parties du Palais ont été réparées, dans un premier temps, puis dans les mois qui suivirent reconstruites (tour sud et petits quartiers). Sur le Rocher, c'est la vieille ville reconstruite au XVIème siècle qui a été la plus touchée (zone comprise entre la place du Palais et la Mairie). Les bâtiments situés dans la partie Est du Rocher et qui ont moins de 30 ans d'âge (comme ceux des quartiers de la Condamine et de Monte-Carlo) n'ont pas été touchés, de même qui venait d'être édifiée au coeur de la vieille ville en 1874. Ce sont les maisons les plus vétustes présentant des surélévations qui ont été principalement endommagées. Classification utilisées dans l'échelle EMS 98. Le bâti monégasque était composé de deux types de constructions :
Les
types de dégâts observés sur les
constructions
endommagées sont pour la plupart des lézardes
assez
larges, mais aucune destruction proprement dite. Nous
considérons,
par conséquent, que les dommages sont du 2ème
degré
sur la totalité de la Principauté avec dans
quelques
bâtiments des dégâts de degré
3.
Mondielli dans son évaluation a tenu compte des conseils qui consistent à éviter les degrés intermédiaires et à arrondir à la valeur inférieure les intensités. Ainsi la valeur VI - VII a été arrondi à VI. Dans le cas de cette révision générale des intensités de ce séisme, nous nous contenterons de conserver cette valeur intermédiaire pour l'ensemble de la Principauté à VI - VII.
Il est
évident que la physionomie de la Principauté a
bien changé aujourd'hui --------------------------------------------------- Source documentaire
Remerciements
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