
SEISME LIGURE DU 23
FEVRIER 1887
EFFETS SUR
LA VILLE DE NICE
NICE
Superficie
: 7 192 ha - Alt.: 10 m.
Latitude
: 43° 42' 12" Nord - Longitude : 7° 15' 59" Est
Population
: 77 478 habitants en 1886 – 347 900 habitants en
2005
Etat
des logements en 1999 :
211 972
dont 164 910 principaux – 19 520 secondaires – 27
542 vacants – avant 1949
nb. 51 016
Carte mise
en œuvre par la Direction Information
Géographique, cette
interface vous propose des vues de Nice selon les critères
de
votre choix. Sa fonction vous permet aussi d'afficher la
carte de Nice superposée à une vue satellite ou
une vue
aérienne, vous pouvez visualiser les 41 quartiers de cette
commune : Carte de
Nice
Cadastre
Napoléonien de 1871
Section :
C3 Saint Roch et Lazaret, section de Saint-Roch,
Section :
A1 Nice Est, section de Riquier, 1872
Section :
A2 Nice Est, section de Riquier, 1872
Section
:
B1 Nice Est, section
du Port,
Section :
B2 Nice Est, section du Port, 1872
Section :
C Nice Est, section de Saint-Augustin, Feuille
unique 1872
Section :
D Nice Est, section de Sainte-Réparate, Feuille
unique 1870
Section :
E Nice Est, section du Cours, Feuille unique 1870
Section :
A1 Nice Ouest, section de Carabacel, 1872
Section :
B Nice Ouest, section de Beaulieu, Feuille unique
Section :
C Nice Ouest, section de Saint-Jean-Baptiste, Feuille
unique
Section :
D Nice Ouest, section de la Buffa, Feuille unique
1870
Section :
E1 Nice Ouest, section de Camp Long, 1872
Section :
E2 Nice Ouest, section de Camp Long, 1872
Section :
C3 Saint Roch et Lazaret, section de Saint-Roch,
Section :
G5 Magnan et Saint Etienne, section de
Saint-Etienne,
Les
impressions :
"Le mercredi des Cendres a bien failli être celui des
décombres"
(1) indiquera la presse locale.
"Ce fut d'abord comme un frémissement lointain auquel on
attachait peu
d'importance, puis le bruit s'amplifia avec une extrême
rapidité. Il était
très particulier" racontera un témoin, "mais
faute de comparaison
meilleure, on pourra dire qu'il rappelait celui d'une grosse voiture
lancée à
une vitesse de plus en plus grande, il acquit bientôt une
intensité
épouvantable évoquant les éclats du
tonnerre" (2). D'autres personnes
compareront le bruit à un roulement sourd de canons
traînés sur le pavé, ou
au passage d'un train sur un pont métallique. Bref
à 5 h 50 un terrible
tremblement de terre secoue la cité du carnaval. "Tout
craque, les murs,
les meubles, les cloches tintent, les chiens hurlent à la
mort"(1). C'est un
déchirement total. Les gens se précipitent
aussitôt dans les rues en criant.
"Des femmes à peine vêtues, pleurent serrant dans
leurs bras leur enfant
arraché en toute hâte du lit. On cherche ses
parents, ses amis". Soudain
à 6 h 05 une secousse légère affole
encore plus la population. "Des
femmes s'évanouissent, les bambins pleurent"(1), le
spectacle est effroyable,
hallucinant. Dans le jour qui naît, la désolation
s'offre aux regards. On
abandonne résolument les habitations pour atteindre au plus
vite les moindres
espaces découverts : plage, campagnes, squares, avenues...
En peu de temps, Nice a l'aspect d'un véritable bivouac
d'une armée de
campagne. En effet des campements se sont édifiés
sur le boulevard de Cimiez.
Les gens ont descendu les berceaux, des lits, des matelas, des chaises,
des
coussins, des couvertures. Certains emplacements sont
occupés par des familles
entières accompagnées de leurs enfants transits
de froid, apeurés de voir
l'affolement des parents.
Sur
la place Masséna aussi on apporte des chaises. Les femmes en
haillons
se mêlent à celles en robes de chambre
à peluches les yeux cernés
d'insomnie"(1), quant aux hommes, certains sont en caleçon
et en pantoufles.
A la gare de nombreux touristes essayent de s'enfuir, les gens se
précipitent
et se massent avec des malles, des colis mais les guichets sont
désormais
fermés. Par mesure de sécurité les
trains ne circulent plus jusqu'à nouvel
ordre. En attendant "la compagnie PLM met gracieusement des wagons
à la
disposition du public ainsi que des bouillottes"(3).

Campement
en plein air dans le quartier Saint-Etienne (quartier du Piol)
d'après
une photographie de MM. Giletta et Gilly
Les
effets :
Quartier du Vieux Nice
Dans le Vieux Nice, les dégâts sont peu nombreux.
Seul "le clocher de
l'église St. Augustin près de la caserne
d'infanterie, a été
démantelée"(1). La chute de matériaux
a blessé grièvement un passant à
la jambe, M. Charles Blanchi qui devra plus tard être
amputé. Une autre
personne M. Delfino Dalmasso a été
légèrement blessée (4). Deux autres
blessés
aux jambes sont à déplorer à la rue
Pairolière également par la chute
d'objets. Dans la rue St Joseph, une maison est crevassée
sur toute sa hauteur.
Les occupants ont immédiatement évacué
l'immeuble. Paradoxalement la tour St.
Jacques, place St. François a été
épargnée. Au château de Nice, un vieux
pan de mur s'est écroulé. Rue Pontin, au
troisième étage de la maison
Giraud, une partie d'un mur menace ruine (1).
C'est à peu près tout ce que l'on
déplore dans le secteur de la vieille
ville.

Quartier
vieille ville avec le cours Saleya à gauche et le quai Rauba
Capeu à droite
(Photos
: André Laurenti)
Quartier du Port
Dans ce quartier, le four d'un boulanger près du pont
Garibaldi est
partiellement détruit (1). Au n°13 de la rue
Cassini, une femme de 28 ans malade
depuis plusieurs jours, a été prise d'une
congestion cérébrale, elle est
morte de frayeur (4).
La
préoccupation essentielle des gens est de s'assurer un abri
pour la nuit.
Aussi de nombreuses personnes se rendent au port dans l'espoir de
trouver sur
des navires, refuge et sérénité.
Le "Persévérant" et le
Spahis" sont pris d'assaut. Les cabines
se négocient jusqu'à 40 F la nuit, landaus et
voitures se louent à prix d'or.
Face à la demande importante, les enchères
grimpent encore plus, certaines
locations atteindront 150 F la nuitée.
D'un côté plus humain, le
capitaine du chaland "Bonnardel"
hébergera gratuitement 80 personnes durant deux nuits.
Lors de la secousse, le niveau de la mer a subi
le contrecoup des trépidations.
Dans le nouveau bassin du port, le niveau de l'eau est monté
brutalement de 50
cm pour en baisser d'autant. Par ailleurs, ce
phénomène observé par plusieurs
personnes, a gravement endommagé des embarcations qui ont
chassé sur leurs
amarres.
Non
loin de là, sur le nouvelle route de Villefranche (Basse
Corniche),
Monsieur Frédéric Roux âgé
de vingt-cinq ans, cuisinier au petit séminaire,
se rasait la barbe quand la secousse l'a surpris. Il s'est fortement
entaillé
le cou (1).
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
Pour ces deux quartiers les
dommages sont légers, on peut envisager une
classification de dégâts négligeables
et des
dégâts non structuraux
modérés de degré
1 à 2 exceptionnellement 3 avec comme intensité VI.

Quartier du Port
(Photo :
André Laurenti)
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Selon la presse tout ceci demeure sans comparaison avec la nouvelle
ville "il n'est
pas de maison qui ne soit visiblement crevassée et
détériorée. Le nombre de
façades lézardées, des balustrades et
des
cheminées tombées, des persiennes
décrochées, des moulures disparues, des plafonds
écroulés, est
incalculable"(4). Dans la vieille ville les secousses n'ont eu que des
effets très doux où les maisons
serrées et
collées les unes contre les autres, offrent plus de
résistance aux oscillations.
Quartier
Saint-Etienne (quartier du Piol) :
Saint-Etienne compte parmi les quartiers les plus
éprouvés. Juste en face
l'église, la grande maison du curé Camous servant
d'école maternelle
communale, a eu l'aile droite complètement
effondrée sur quatre niveaux. Les
premières impressions des riverains convergent vers un
sentiment de
stupéfaction. Des vêtements pendent
accrochés à des poutrelles brisées
(4). Les
pompiers épaulés par les militaires, fouillent
les énormes quantités de
décombres. Ce n'est qu'au bout de 2 h 30 que les secouristes
finissent par
dégager le corps inanimé de la directrice
d'école Mme Cheylon âgée de 45
ans. Elle était originaire d'Avignon et comme si elle
pressentait la triste fin
qui l'attendait, elle avait demandé, trois jours auparavant,
à l'inspecteur
d'académie, l'autorisation d'aller à Marseille
(1).
Voir à ce sujet le rapport d'expertise publié
avec les plans dans l'ouvrage "Les
Alpes-Maritimes à l'écoute des séismes".
En face, l'église est
lézardée de toutes parts, le clocher ne tient
debout
que par miracle, une large crevasse le coupe obliquement en deux
parties (5). Un
cordon de gendarmes et de policiers empêche l'approche
jugée comme étant
dangereuse (1). A côté de l'église, le
quatrième et le troisième étages de la
maison Bensa se sont effondrés. L'une des deux personnes qui
l'habitaient,
n'était pas chez elle, l'autre M. Vivaudo employé
aux tramways, a pu se sauver
sain et sauf (1).
Deux habitations situées sur l'avenue de l'Exposition (rue
du Rocher) sont en
partie détruites, Monsieur Pugnaire qui occupait le
deuxième étage de l'une
d'elles, a été légèrement
blessé à la jambe. Juste à
coté, une partie de
la toiture et du troisième étage de la maison
Garrach, s'est écroulé (1).
Quartier Vernier
La panique est aussi grande dans la rue Dalbray où de
nombreuses maisons n'ont
plus ni cheminée, ni muret de terrasse. L'une d'elles n'a
plus de cloison, une
autre est dépourvue de toiture, certaines menacent ruine.
Les habitants du
quartier ont tous déserté les immeubles (1).
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
En
1887 les constructions étaient peu nombreuses dans ces deux
quartiers (voir le
cadastre Napoléonien), les dégâts sont
donc importants de degré 3 et
quelques uns de degré 4 qui justifient une
intensité de VII.

L'école
maternelle communale du quartier Saint-Etienne à Nice

Autres
dégâts dans le quartier Saint-Etienne à
gauche et bd Gambetta à droite avec l'effondrement
d'un mur pignon sur la villa Nathal.
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Quartier Thiers
Tous les plafonds de la villa Beauséjour rue Verdi sont
tombés (4). Au n°7 de la
rue Paganini, un mur pignon s'est écroulé sur une
habitation moins haute,
traversant le toit, les combles et atteignant la Comtesse Lisa Araldi
qui était
couchée au dans son appartement au 3ème
étage.
Elle a été hospitalisée dans un
état grave,
souffrant d'une fracture à la jambe droite et d'importantes
contusions au
visage (1).
Dans le passage Martin, la maison Isnard a eu la toiture
effondrée et tous les meubles brisés. Dans le
même
passage la maison Icart a eu l'intérieur démoli.
Les
villas Vaissier, Mariscart et Conte de la rue Hérold, ont eu
les murs
lézardés et les corniches détruites.
Quant à celle de Dane, un mur menace de
tomber (1).
En
face la gare, on déplore des dégâts
à l'hôtel pension de Genève
(1).
La rue Saint-Etienne (av. Georges
Clémenceau depuis l'av. Thiers et rue
Alphonse Karr jusqu'au Bd Victor Hugo) a été
fortement éprouvée. La
villa Belmare n'a plus ni balcon, ni corniche. Au n°49, une
maison
menace
ruine, elle a été entièrement
abandonnée par ces occupants (1). Au 36, les
murs
de la villa Olympia se sont crevassés et
représentent un danger
permanent. La
façade du 37 menace de tomber. Au n°40 la maison
Goduchet est
complètement en
ruine, il en est de même pour celle de Caravel au 52. Au
n°45, un mur
de la
maison Meiffret menace ruine (1). Les villas, Mimosas, Talon,
Vérola,
Fouque,
Ravel, Garacci et Pitaluga sont inhabitables (6). La maison
Manéglia est
toute
démantibulée et décrépie
(4).
Dans
la rue Delphine (Rue Durante) les villas Taffe, Lachaud, Pessat et
Saint-Joseph ont été crevassées. Dans
cette
même rue le troisième étage de la villa
Tordo
présente de grands dangers.
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
En 1887 ce quartier n'était pas encore bien
développé. Selon le récit on
relève des
dégâts de degré 3 et quelques uns de 4,
ils sont
suffisants pour justifier une intensité de VII.
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Quartier Médecin
Au n°18 de la rue d'Angleterre, une maison s'est
entièrement crevassée. Un
peu plus loin au n°29, une partie de la toiture et d'un mur
pignon de
l'immeuble Béranger, se sont effondrés sur
l'habitation voisine endommageant
le toit et blessant aux pieds et à la tête, la
concierge Mme Piana Marie (1).
Au n°19 de la rue Adélaïde (Paul
Déroulède), tout un pan de mur est
tombé
sur le toit inférieur de la maison Luccio au n°17.
Celui-ci provoqua
l'effondrement partiel du 3ème et du 2ème
étage. La famille Girard était
couchée à ce moment là, seul M. Girard
entraîné avec les gravats, a
été
grièvement blessé. Un enfant a subi
également quelques légères blessures.
Quant aux autres occupants, ils en furent quitte pour une grande
frayeur. A tous
les étages le mobilier a été
dévasté (1 et 4).
Toujours dans la même rue, la maison Roux est en partie
écroulée (5). Le plafond
d'une autre demeure s'est écroulé. Les occupants
se sont enfuis éperdue
abandonnant au milieu des décombres, une pauvre vieille
malade. Celle-ci a
été peu après secourue et
sauvée par Monsieur l'abbé, vicaire à
l'église
Notre-Dame (4).
L'église allemande (temple luthérien)
située dans la rue d'Augsbourg (rue
Melchior de Vogué) menace ruine.
Au n°9 de la rue de Russie, une maison est pratiquement
inhabitable (1).
Sur l'avenue de la Gare (Bd Jean Médecin) une dizaine de
bâtiments ont été
fortement ébranlés surtout dans les
étages
supérieurs (7). Les plafonds du
restaurant français sont tombés ainsi que les
glaces
intérieures (4). La maison Warrik a
été fortement
compromise aux étages supérieurs.
Dans
la rue d'Italie la villa Magnan a été
crevassée (1). Il en est de même pour la
maison Sémaria rue de la Paix (av. Georges
Clémenceau entre la rue Paganini et l'av. Jean
Médecin) (4).
Au
n°7 de la rue Paradis, le cinquième étage
d'une habitation menace de tomber (6).
A la rue Cotta (rue Maréchal Joffre) le crédit
foncier a eu le toit
détérioré (4).
Sur
la place Masséna, des corniches et des balustres ont
été
précipitées au sol. Elles ont d'ailleurs failli
atteindre
un garçon du
restaurant Victoria qui rentrait chez lui. Non loin d'ici, la toiture
de la
maison Vogade s'est partiellement effondrée (8).
L'hôtel
des Empereurs sur le boulevard Dubouchage (5), plusieurs maisons de
l'avenue Notre Dame et de la rue Lamartine donnent également
des
inquiétudes et pourraient courrir de grands dangers au cas
où une nouvelle secousse viendrait à se produire
(4).
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
En
1887 ce quartier était bien
développé. Selon le récit on
relève des dégâts de degré 3
et quelques uns de 4, ils sont suffisants
pour justifier une intensité de VII.

Quartier Médecin
place Massena
(Photo :
André Laurenti)
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Quartier
Rue de France
Sur
le boulevard Gambetta, toute la façade ouest de la villa
"Saïda" s'est écroulée sur la villa
Nathal qui a été
complètement défoncée. Plusieurs
personnes se trouvaient à l'intérieur au
moment du séisme, il y avait Mme Lafond, sa fille et deux
domestiques. Mme
Lafond a été complètement ensevelie
sous les gravats, quant à sa fille Lucie
réveillée en sursaut par le fracas abominable se
trouvait cerné dans sa
chambre, d'un côté par les
décombres, de l'autre par un large trou
béant au milieu du plancher. Les deux bonnes
couchées au rez-de-chaussée,
eurent le courage de monter. Elles essayèrent d'enfoncer la
porte mais ne
purent y parvenir à cause des gravats. Il fallut le concours
d'une troisième
personne pour arriver à l'ouvrir. On posa une planche sur le
trou du plancher
et on opéra le sauvetage de Mlle Lafond qui souffrait d'une
plaie au front
blessée par la chute d'une pierre. Puis se fut autour de la
mère, on la retira
de dessous les décombres dans un état critique
(5). Son corps est couvert de
contusions et c'est par miracle qu'elle n'ait point
été tuée.
Un peu plus loin, une autre Mlle Laffont a voulu dans son affolement,
sauter du
premier étage. Dans sa chute elle se blessa
légèrement à la tête. Par
ailleurs "Madame Musinoff a été
touchée sans gravité à la
tête par la
chute de plâtre (4).
A
proximité, dans la maison de M. Coppon toute la cuisine du
premier étage a
été démolie. M. Ashway fils du consul
américain à Nice, qui était
couché
au moment de la catastrophe, a été gravement
blessé au visage par la chute de
gravats.
A côté, dans la maison de
M. Coppon, toute la cuisine du
premier étage a été
démolie. Toujours dans
le bd Victor Hugo, la villa Cardon est menacée par un mur en
ruine. Au bd Gambetta une fillette de 14 ans a
été
touchée à la tête par
des chutes de matériaux, alors qu'elle était sur
un
balcon.
Par ailleurs deux personnes ont sauté par la
fenêtre du
rez-de-chaussée.
L'une d'elle, une jeune fille, est tombée sur la
tête au
sous-sol (1). Au n°30 de la rue de France, on
déplore une maison
inhabitable (4). Dans la villa Usquia rue Meyerbeer, le
séisme a
provoqué un massacre au niveau
de la verrerie et des faïences (4).
A la rue Maccarani
une maison a perdu sa toiture et l'escalier a été
emporté (6).
Selon
le rapport de visite établi par chaque sous commission, et
transmis par la mairie à la presse; les experts ont
visité un grand nombre de maisons qui nécessitent
des
réparations. Cette visite a eu lieu dans un
périmètre qui comprend l'avenue Gambetta
à
l'ouest, la Gare au nord, l'avenue de la Gare (Av. Jean
Médecin)
à l'est et la mer au sud, soit les quartiers Thiers et Rue
de
France dans leur intégralité, puis la partie
ouest du
quartier Médecin à partir de l'avenue. La
commission a
recensé 18 maisons comportant des
dégâts
nécessitant de grosses réparations et pour
lesquelles les
locataires ont été invités
à évacuer
(10).
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
En
1887 ce quartier était
développé le long de
la rue de France au delà le bâti était
clairsemé. Selon le récit et le rapport de visite
on
relève des dégâts de degré 3
et quelques uns
de 4, ils sont suffisants
pour justifier une intensité de VII.

Hôtel
Négresco situé dans le quartier rue de France
(Photo :
André Laurenti)
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Quartier Carabacel
Rue
Gioffredo le petit magasin de menuiserie attenant à la
maison
Bermond a été entièrement
démoli par la
chute d'une corniche de cette maison (4).
Non
loin de là, au n°20 de la rue Valperga, le
bâtiment Eyguesier a été
décollé de celui attenant (1).
Dans le lit du Paillon au-dessus du Pont Vieux,
au droit du lycée Masséna, un
large puits plein d'eau tiède s'est creusé au
moment du séisme.
Sur
le quai Saint-Jean Baptiste (avenue Félix Faure et St. Jean
Baptiste)
proche du grand café, la partie d'une corniche d'un immeuble
a été détruite.
Un autre rapport de visite a
été établi par une deuxième
sous commission,
celle-ci a visité les immeubles situés dans un
périmètre qui comprend la voie de chemin de fer
au nord,
av. Desambrois et bd Carabacel à l'est, le Paillon
au sud,
soit le quartier Carabacel dans son entier et la partie est du quartier
Médecin à partir de son avenue . Les experts ont
signalé 14 maisons dont les travaux nécessitent
l'évacuation d'une partie de la maison ou des appartements.
Autrement, ils ont visité un grand nombre de maisons
où
ils ont trouvé des fissures sans importance (10).
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
En
1887 ce quartier était bien
développé depuis le Paillon jusqu'au
boulevard Dubouchage et le long de l'avenue de la Gare. Selon le
récit
on
relève des dégâts de degré 2
et 3 et quelques uns de 4, ils sont
suffisants
pour justifier une intensité de VII.

Musée d'Art Moderne
situé dans le quartier Carabacel
(Photo :
André Laurenti)
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Quartier de Cimiez
Sur
la route de Saint-Pons (avenue Maréchal Lyautey), le toit de
l'hospice des
vieillards s'est effondré blessant deux personnes (4). Dans
le secteur, six maisons
sont déclarées comme étant
inhabitables (3).
Dans
la montée de Cimiez, la conciergerie du couvent Sainte
Ursule a été la
proie des flammes. La famille et ses neuf enfants en furent quitte pour
camper
en plein air (9).
Sur
le quai place d'Armes (avenue Gallieni), la maison Bermond du dentiste
Clément a eu les planchers crevassés.
Avenue
de l'Arbre Inférieur quatre ou cinq maisons furent
lézardées et nécessitèrent
de grandes
réparations (3).
Quartier Pasteur
A Saint Pons en contrebas de la colline de Cimiez, les maisons Scoffier
François, Régis Antoine, Gauthier Antoine,
Chaudol,
Faraut et Merengo Barthélemy ont été
affreusement
lézardées et nécessiteront de grandes
réparations.
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
Les dégâts de ces deux quartiers semblent se
situer en bordure du Paillon. Selon le récit
on
relève quelques dégâts de
degré 4, ils sont
suffisants
pour justifier une intensité de VII.

Palais des
Congrès d'Acropolis situé dans le quartier de
Cimiez
(Photo :
André Laurenti)
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Quartier
Riquier
A l'usine à gaz, un gazomètre a
été
crevé et les cheminées de l'usine ont
été ébranlées. L'une
d'elles s'est
à moitié écroulée (1).
Prés de la gare de Riquier Madame Dalmas qui à
quatre heures du matin venait
d'accoucher, a vu le toit de sa chambre s'écrouler sur son
lit. Elle a réussi
à se sauver indemne avec ses deux enfants (4).
A la rue St. Roch et au boulevard de Riquier on déplore la
chute de nombreuses
cheminées et corniches (4).
La
troisième sous-commission vérifiait le secteur
compris
entre le Paillon, la route de Turin, le boulevard de Riquier et la mer
soit les quartiers de Riquier et du Port. Les experts ont
noté
spécialement 15 maisons dont une partie est à
évacuer pour réparations urgentes. On ignore
cependant la
répartition de ces dégâts sachant
qu'aucun texte ne
mentionne de dégâts dans le quartier du Port (10).

Carte
des intensités des quartiers urbanisés en 1887
1
- quartier de la Vieille Ville; 2 - quartier du Port; 3 - quartier de
Riquier
4
- quartier Carabacel; 5 - quartier Médecin; 6 - quartier
Thiers
7
- quartier rue de France; 8 - quartier Vernier; 9 - quartier du Piol
(Doc.
André Laurenti)
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Voici
d'autres détails sur des quartiers divers dont on a pas
suffisamment de précisions pour attribuer une
intensité.
Quartier Gambetta
Rue St Philippe, les murs de la terrasse et les cheminées de
la villa des
Colonnes sont tombées et la maison menace ruine.
Quartier
Saint-Barthélemy
La maison Gastaud, fortement endommagée, est devenue
inhabitable (1). Celle de
Bensa s'est écroulée. Les occupants, un couple de
cultivateurs argentins, ont
été blessés et se
trouvèrent sans abri et sans ressources (3).
Quartier du Ray
Madame Dalmas dormait à l'étage
supérieur, lorsque soudain le plancher de la
chambre s'effondra à l'exception fort heureusement, de la
partie qui supportait
le lit. Elle vit un vide s'ouvrir instantanément devant elle
(3).
Quartier de Rimier
Trois maisons ont
été affreusement lézardées
et nécessiteront de grandes réparations (3).
Quartier Saint-Sylvestre
La maison Dalmas s'écroula laissant sans ressources et sans
abri, la famille
Navello dont la mère était enceinte de six mois
(6).
Une
quatrième sous-commission s'est occupée de la
"banlieue",
ils ont signalé un grand nombre de maisons mal construites
dont
les murs ont assez souffert pour exiger une démolition.
Malheureusement les lieux exacts ne sont pas
précisés (10).
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Dans
l'état
présentant par commune le nombre de maisons
endommagées,
il est mentionné pour Nice Ouest 427 perdants et 21 maisons
en
partie détruites. Nice Est 253 perdants, et 16 maisons en
partie
détruites.

On voit très bien sur
ce plan l'état d'urbanisation en 1872, 15 ans avant le
séisme (12)
Ce
sont surtout les quartiers de Saint-Etienne (le Piol), Thiers, rue de
France, Médecin l'avenue
de la Gare (actuellement Bd Jean Médecin, les rues
adjacentes,
constituant la nouvelle ville qui ont le plus souffert. L'ensemble de
ces quartiers
ont connu un développement fulgurant à partir de
1860
suite au rattachement du Comté de Nice à la
France. Ils
se sont principalement développés sur le bassin
de
remplissage sédimentaire des vallées.
Depuis 1993, plusieurs études pilotes ont
été
conduites pour élaborer progressivement un
"scénario
sismique" sur Nice. Parmi ces projets antérieurs
l'étude
de microzonage sismique dont le projet GEMITIS et en
parallèle
à un projet européen RISK-UE destiné
à
l'élaboration d'une méthodologie de
scénario
sismique adaptée au contexte
euro-méditerranéen.
Et enfin, la toute dernière étude
matérialisant la
fin du projet est le programme "GEMGEP", lancé à
l'initiative du Conseil Général des Ponts et
Chaussées et de son instance spécifique
dédiée à la prévention du
risque sismique
en France, le GEPP avec les concours financiers de l'administration
centrale (Equipement, Ecologie) et de la municipalité
niçoise. Un projet qui entend offrir une synthèse
des
principaux résultats ainsi obtenus.
L'installation temporaire de stations sismologiques
déployées en différents points de la
ville
à l'occasion de ce programme a permis de quantifier
précisément les amplifications liées
au
remplissage sédimentaire des vallées centrales
sur
lesquelles se sont édifiés les nouveaux quartiers
à partir de 1860. Puis, les campagnes de mesures de bruit de
fond en réseau, ont permis de donner la profondeur du rocher
comprise entre 70 et 75 mètres.
Selon cette même étude, le risque de
liquéfaction
du sol n'apparaît pas comme majeur à cet endroit
de la
ville d'après la simulation d'un séisme identique
à celui de 1887 mais plus proche de Nice,
localisé
à 30 km au sud/sud-est de la ville (11). On peut donc
envisager que
lors du séisme Ligure les ondes se sont trouvées
piégées dans le bassin du fait du contraste
d'impédance entre les couches sédimentaires et le
rocher.
Les ondes ont été amplifiées et leur
durée
allongée, provoquant de nombreux dégâts.
A la nature du sol vient s'ajouter également un
problème
de construction. En effet, un bon nombre d'édifices de ces
quartiers ont été réalisés
avec une grande
économie car bâti pour la plupart dans un but
spéculatif.


Figures 3 et
4 extraites du rapport final GEMGEP
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Source
documentaire
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