![]() Les
séismes de
Castellane du 23
novembre - 12 décembre 1855
Situé en plein coeur de l'arc de Castellane, ce secteur extrêmement faillé possède malgré tout une très faible activité sismique par rapport à la vallée de l'Ubaye au nord-est et la frontière alpine à l'est. Cependant un séisme important s'est produit en 1855 avec une première secousse le 23 novembre et une seconde beaucoup plus forte qui a provoqué des dégâts considérables et marqué les habitants dans trois ou quatre localités. En voici les faits : 23 novembre 1855 (15 h 15) Une première forte secousse a eu lieu à Castellane et dans les environs sur un rayon d'une quinzaine de kilomètres. Ce tremblement de terre provoqua quelques chutes de cheminées et l'écroulement d'une portion de montagne. Dans trois villages, l'église et plusieurs maisons furent lézardées.
12 décembre 1855 (20 h 30) Les secousses se sont renouvelées 19 jours plus tard, le 12 décembre et cela pendant une dizaine d'heure. D'heure en heure, elles ont continué dans les montagnes environnantes. Ces nouvelles secousses ont provoqué des dégâts considérables dans les même villages que le 23 novembre, des toitures se sont écroulées et plusieurs maisons se sont effondrées. A Chasteuil, l'église et le presbytère ont été complètement renversés.
La
presse indique qu'à Taloire, plusieurs maisons se sont
profondément
lézardées; à Taulanne, les toitures
sont presque toutes détruites.
Dans la nuit du 13 au 14 décembre, il y a eu encore trois secousses, la population est complètement paniquée. A 10 kilomètres de Castellane une large fissure se serait formée, laissant s'échapper des vapeurs sulfureuses, le sol à cet endroit aurait été constaté plus chaud que dans les alentours. Cette secousse a été ressentie à Draguigan, à Digne et à Toulon. Dans une lettre, l'auteur M. Doublier donne des précisions sur ce qu'il a observé : "Je m'empresse de vous annoncer qu'hier 12 décembre à 8 h 35 du soir, nous avons ressenti une secousse peu intense à la vérité, mais assez forte pour déplacer de 15 cm environ et dans la direction nord au sud ou du nord-ouest au sud-est, des lits, des couchettes et des tables dont les pieds sont garnis de roulettes. Quelques sonnettes se sont fait entendre et des objets d'ornement placés sous cloches sur des cheminées ont heurté les uns contre les autres. Cette secousse qui n'a duré que 2 ou 3 secondes s'est manifestée aussi dans quelques communes de nos environs avec aussi peu d'intensité qu'ici."
------------------------------------------------------------------------------------------------ Séisme
du 30 novembre 1951
à 06 h 08
Moins d'un siècle plus tard, le même secteur est à nouveau frappé par un événement similaire le 30 novembre 1951 d'intensité maximale de 7.5. L'épicentre a été localisé à 2 km au sud du village de Chasteuil par 6°26'00" de longitude est et 43°49'00" de latitude nord. Le choc principal a été précédé par deux événements précurseurs le 29 novembre à 14 h et le 30 novembre le jour même à 4 h 00, c'est à dire 2 h 08 avant. A Chasteuil l'église entièrement remise à neuf 10 ans auparavant, a été sérieusement ébranlée au choeur et à la sacristie. Elle a été fortement fissurée. Selon la presse toutes les maisons situées au sud de cette église ont été démolies. Toutes les constructions ont été lézardés, des toitures se sont effondrées, toutes les maisons sauf trois ont été rendues inhabitables.Il est d'ailleurs remarquable que les habitants aient eu le temps de sortir au moment de la secousse qui a duré quelques secondes. La population s'est repliée au nord du village à l'ancien château, à l'école et à la mairie. A Taloire l'église a été fissurée, il y a eu des chutes de tuiles et de cheminées, une pierre tombale a également été renversée. Il y a eu aussi des éboulements et les sources troublées dans ce secteur. A Blieux on déplore la chute de 2 cheminées et l'effondrement d'un mur de l'église. A Taulanne il a été observé la chute de tuiles, d'une cheminée, le tintement de cloches et des sources troublées. A Villars Brandis, des murs ont été fissurés et des tuiles sont tombées. A Rougon il a été signalé un choc brusque de bas en haut, il y a eu des fissures dans les maisons, des chutes de pierres des toits et des sources troublées. Par ailleurs, des blocs de rocher ont roulé des sommets voisins et la route nationale de Castellane à Marseille, devenue depuis la départementale N° 952, a été coupée en plusieurs endroits par des éboulements entre les points kilométriques 6 et 9. Quelques parties des murs de soutènement ont été emportées entre les PK 6.4 et 6.9.
Séisme du 24
novembre 1994
à 22 h 17 : Le réseau Sismalp de
l'observatoire de Grenoble a enregistré, le jeudi
24 novembre 1994 à 22 h 17 min (heure locale)
un séisme de magnitude 3,5 dont l'épicentre
était
situé à 8 km au
sud-ouest de Castellane, en limite avec le
département du Var.
Il a été ressenti par la population à
Castellane,
où de nombreuses personnes sont sorties de leurs
habitations.
L'intensité maximale observée de ce
séisme a
été estimée à IV.
La secousse a été enregistrée par une quarantaine de stations du réseau Sismalp, depuis la station de Castellane (à 11 km de l'épicentre), jusqu'à la station de Corse-du-Sud, à plus de 300 km de l'épicentre. Il est toutefois frappant de constater que ces trois événements se sont produite au mois de novembre.
Points
particuliers de ce secteur actif :
L'eau
du barrage de Castillon se
déverse vers une autre
retenue, le barrage de Chaudanne et son lac. Les travaux ont
débuté en même temps que
celui de Castillon, mais en deux fois de 1928 à 1932 puis de
1950 à 1953. Il a
été mis en service en 1952.
Barrage
de Chaudanne plus petit que le
précédent Les barrages de Castillon et de Chaudanne sont surveillés en permanence. Des techniciens d'EDF effectuent des contrôles réguliers sur tous les sites. Conçus pour durer dans le temps, les barrages sont auscultés en permanence. Plus de 10 000 appareils de mesure installés au coeur des édifices transmettent de façon continue des informations qui permettent de juger de l'état de santé du barrage. Castellane En
aval de ces deux barrages
se trouve la sous-préfecture des Alpes de Haute
Provence : Castellane une ville de 1539 habitants.
Dominé par son Roc, une paroi calcaire de 184 mètres de hauteur, le site est l'un des plus attrayant et incontournable de la Haute Provence. Castellane jouit d'un climat privilégié, d'une nature luxuriante et préservée. Les ruelles étroites et pittoresques, sa grande place aux platanes centenaires lui donnent un aspect typiquement provençal. Une grande variété de loisirs de plein air et son infrastructure importante en matière de camping fait que cette commune quadruple le nombre d'habitants en période estivale.
Orientation
bibliographique : - Extrait d'une lettre de M. Doublier à M. de Brimoni - Draguignan le 13 décembre 1855 - Journal des Basses Alpes du 20 décembre 1855 - Journal intitulé "la Voix de la Provence" du 09 décembre 1951 (Digne) - La sismicité de la France de 1951 à 1960 - annales 1967 de l'Institut Physique du Globe de Strasbourg - par Rothe J.P. et Dechevoy N. - Tome 8Géophysique - Gap 1967 - Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, 17/05/2000 -
Base de données historiques
nationales présentée par le Bureau
de Recherche Géologique et Minière (BRGM) |
