Crise sismique de la vallée de l'Ubaye
année 2003 à...

Tableau des séismes principaux 2003

Tableau des séismes principaux 2004

Tableau des séismes principaux 2005

Depuis le début de l'année 2003, la vallée de l'Ubaye (Alpes de Haute Provence) est le théâtre d'une crise sismique exceptionnelle. En effet le Sismalp (Observatoire de Grenoble) a détecté de janvier 2003 à novembre 2004, plus de 15 000 séismes faisant de cet essaim l'un des plus prolifique jamais observé en France. Sans attendre, les spécialistes ont intensifié le réseau de surveillance et disposent actuellement de huit stations permanentes contre une au tout début de la crise, situées à moins de 40 km de la zone épicentrale.
Plusieurs centaines d'événements ont été localisés avec précision à proximité du village de la Condamine-Châtelard, à 10 km au
 nord-est de Barcelonnette. La plupart de ces séismes sont de faible magnitude et ne sont donc pas ressentis par l'homme. Cependant de janvier à octobre 2003, vingt d'entre eux ont dépassé la magnitude 2 et provoqué une vive inquiétude chez les habitants de la Condamine-Châtelard. Quelques uns de ces séismes de faible profondeur (5 km) ont été ressentis à Jausiers, Barcelonnette et Saint-Paul-sur-Ubaye. Il s'agit en particulier des séismes du 20 janvier, du 14 mars, du 16 avril, du 29 juin, du 17 et 28 juillet, du 12 septembre et enfin du 6, 16 et 27 octobre 2003 qui ont été les plus forts avec 2.7 de magnitude maximale.
Cette crise présente cinq phases bien distinctes :



Village de la Condamine-Châtelard
(Photo : André Laurenti)


Phase 1 : du 1er janvier au 30 avril, 8 séismes en moyenne par jour avec une magnitude maximale de 2.3 le 14 mars.

Phase 2 : du 1er mai au 20 juin, les magnitudes ne dépassent pas 1.5 avec une moyenne de 24 événements par jour. 

Phase 3 : le 21 juin au 5 octobre, regain d'activité  avec un rythme soutenu 80 séismes en moyenne par jour avec un pic de 361 séismes dans la seule journée du 23 juin, un second de 250 le 31 août, puis un troisième le 3 octobre. Sismalp a pu également comptabiliser, en moins d'une minute jusqu'à dix séismes se succédant en rafales. D'autre part, 9 séismes ont dépassé la magnitude 2 avec un maximum de 2.4 le 27 juillet.

Phase 4 : du 6 au 30 octobre, l'activité s'est caractérisée par des magnitudes dépassant les 2.5. Autrement, il a été noté une diminution du nombre de séismes avec 47 événements par jour.

Phase 5 : Depuis le début du mois de novembre, il a été observé une baisse très nette de l'activité avec 30 séismes en moyenne par jour, 11 en décembre et aucune magnitude supérieure à 2.
9 séismes en janvier 2004 avec une seule magnitude supérieure à 2 le 21 janvier.
Il est probable que le retour à la normale va encore se prolonger durant plusieurs mois, avec peut-être de temps en temps, des séismes de magnitudes suffisantes pour être ressentis.

Une faille masquée
Selon les spécialistes, d'après les résultats préliminaires, il s'agirait du coulissage horizontal d'un segment de faille caché non connu, situé entre 3 et 8 km de profondeur, d'une longueur estimée à 7 km et d'orientation nord-ouest  sud-est. Le point central de cette faille serait à environ 500 m au sud du village de la Condamine-Châtelard.
Un séisme de magnitude 2.3 s'est produit le 21 janvier 2004 à l'extrémité sud-est de cet alignement sismique. C'est principalement cette partie sud-est qui est actuellement active, les épicentres s'éloignent donc de la Condamine pour se rapprocher de Jausiers.
Lors de ce glissement, le compartiment tectonique portant le nord de la vallée de l'Ubaye, aurait subi un déplacement de quelques millimètres vers le sud-est par rapport au comportement portant Barcelonnette.



Ville de Barcelonnette dans la vallée de l'Ubaye
(Photo : André Laurenti)



Sismicité historique
Au niveau historique, chaque année la vallée de l'Ubaye connaît de petites crises sismiques qui ne durent jamais bien longtemps et non plusieurs mois comme dans le cas présent Toutefois une crise importante et à peu près similaire s'est produite de 1976 à 1977, celle-ci a été localisée sous le massif du Chambeyron, à l'est de Saint-Paul-sur-Ubaye.
D'autres événements ont affecté le secteur de Guillestre plus au nord avec un séisme d"intensité VII le 27 novembre 1884, un second d'intensité VII - VIII le 19 mars 1935, qui a provoqué des chutes de cheminées à Guillestre et enfin un troisième d'intensité VII le 18 juillet 1938, causant de légers dégâts à Guillestre et à Ceillac.
Autrement la haute Ubaye a surtout connu un événement destructeur le dimanche 5 avril 1959 dont vous pouvez découvrir quelques détails ci-dessous. 



Village de Saint-Paul-sur-Ubaye
(Photo : André Laurenti)



Séisme du 5 avril 1959 :
Ce séisme s'est produit à 10 h 48 et a provoqué d'importants dégâts immobiliers d'intensité supérieure à VII à Saint-Paul-sur-Ubaye notamment dans les hameaux de Grande Sérenne et Petite Sérenne, mais aussi à Fouillouze et à Mélezen. L'épicentre a d'ailleurs été localisé à un kilomètre au sud-est du village de Grande Serenne. Il y a eu des effondrements de murs pignons, une chapelle a été fortement endommagée et a dû être démolie par la suite; et 80 % des cheminées ont été abattues. Deux enfants ont été grièvement blessés par les chutes de cheminées.

L'épicentre était proche de ces localités de la Grande Sérenne et la Petite Sérenne 
(Photo : André Laurenti)


A Saint-Paul-sur-Ubaye une partie de la voûte de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (XIII siècle) s'est effondrée. Un généreux donateur mexicain originaire de Saint-Paul a financé une partie de la reconstruction qui s'est effectuée de 1963 à 1969.  
Il y a eu des dégâts d'intensité  VII à la Condamine-Châtelard, Jausiers, Meyronnes (Alpes de Haute Provence), Vars, Ceillac et Château-Ville-Vieille (Hautes Alpes). 
A Gleizolles la petite chapelle Saint-Jacques et Saint-Philippe que l'on peut voir de nos jours, est le reste d'une église datant du XVI siècle. Cette église a été détruite par le tremblement de terre du 5 avril 1959, et les habitants ont reconstruit une chapelle qui correspond uniquement au choeur de l'ancienne église.



Chapelle de Gleizolles reconstruite par les habitants
elle correspond uniquement au coeur de l'ancienne église
(Photo : André Laurenti)


Il y a eu également quelques dégâts légers en Italie d'intensité VI à Acceglio et Prazzo Superiore. Dans les Alpes-Maritimes il a été signalé des chutes de tuiles et de cheminées à Saint-Dalmas le Selvage et la chute d'une dalle de pierre à Saint-Etienne de Tinée. 
Il a été constaté la chute de blocs rocheux de 1 à 2 M3 sur la route de Fouillouze. Le chemin de Maurin a été également obstrué par de nombreux blocs vers le tunnel au delà du hameau Saint-Antoine.
Le Méridional du 24 avril 1959 indique que le garde champêtre de Vars a signalé que deux sources du village sont restées troublées pendant 8 jours. Phénomène curieux, la fontaine du hameau de Saint-Antoine serait devenue tiède à la suite des secousses.
Ce séisme ressenti à Nice, à Marseille, à Toulon, a été suivi de répliques qui ont duré plusieurs mois. Sa magnitude à d'ailleurs était suffisamment forte pour que la station sismologique de Canberra en Australie (17 000 km de distance) puisse l'enregistrer. 


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Cliquer pour agrandir

  

Village de Fouillouze et sa chapelle dominée par le Brec de Chambeyron
(Photos : André Laurenti)

 

Orientation bibliographique : cette page a pu être réalisée grâce aux informations du site internet du réseau de surveillance sismique des Alpes SISMALP (Grenoble)
http://sismalp.obs.ujf-grenoble.fr/

La carte macrosismique a pu être réalisée à partir d'informations relevées sur le site intrenet de la base de données historiques nationales présentée par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM)
http://www.sisfrance.net/ 

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