![]() SEISME LIGURE DU 23
FEVRIER 1887
LES EFFETS DANS LA VALLEE DE LA VESUBIE
LEVENS
: Remarques
: Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. Classe
de vulnérabilité A et B.
En fonction du nombre d'habitants et l'estimation du nombre de maisons (entre 400 et 450 environ), on déplore peu de dégâts de degrés 3 et 4 pour justifier une intensité de VII. Par contre, ils sont plus que suffisants pour justifier une intensité de VI. On peut envisager une classification de dégâts négligeables à modérés de degré 1 à 2, exceptionnellement 3 avec comme intensité VI – VII cependant on ignore les effets du séisme sur le hameau de Plan du Var.
Village de Levens situé en pied de
pente à 600 m d'altitude Superficie
: 1 610 ha - Alt. : 500 m Les effets : La commune de Duranus fut sérieusement affectée. Dix-sept constructions connurent de graves dommages dont neuf se situaient au hameau de l'Engarvin sur les hauteurs de Coaraze. Du bétail a été tué dans trois bergeries de cette localité (01). Remarques
: Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. On
peut attribuer à « graves
dommages » des
dégâts sensibles à importants de
degré 3 à
4 pour le hameau de l'Engarvin et Duranus dont l'habitat est
très
diffus. On
peut envisager une intensité de VII.
Village de Duranus situé sur un versant dominant à 500 m d'altitude (Photos : André Laurenti) -------------------------------------------
UTELLE : Superficie
: 6 797 ha - Alt. : 800 m Un rapport de visite fournit des informations intéressantes sur ce village :
Le village d'Utelle a eu quelques dommages assez importants, mais peu nombreux et enfin, le Chaudan et Figaret doivent avoir eu bien peu de dégâts, car aucun renseignements à ce sujet ne nous est encore parvenu, et notre présence sur les lieux n'a même pas été réclamée. Au village nous avons eu à constater aux constructions particulières, qu'un seul écroulement d'un mur de face dans une maison. Aucune poutre ne reposant sur le mur démoli, il n'en est résulté aucun danger sérieux pour les habitants qui n'ont même pas eu à évacuer les lieux. Le dommage peut être facilement réparé... Les établissements publics ont eu des dégâts très importants. Entre autres l'église paroissiale dont nous avons dû ordonner la fermeture. Nous avons en effet, constaté diverses lézardes très importantes. La voûte principale a été crevassée à peu près à l'aplomb de la balustrade séparant la nef du maître autel. Cette lézarde produite dans le sens perpendiculaire aux génératrices et provoquée par un léger mouvement du mur est, n'offre aucun danger immédiat d'écroulement. Il y a cependant à craindre que les morceaux de plâtras ne viennent à s'en détacher ... De plus, les voûtes séparant longitudinalement la nef des deux bas-côtés, ont toutes été crevassées plus ou moins fortement, selon leurs joints de rupture. Pour consolider ces ouvrages il sera nécessaire d'établir de fortes clefs à la hauteur des joints de rupture de façon à empêcher tout écartement. Les murs de la maison d'école des garçons ont peu souffert. Cependant, diverses cloisons du logement de l'instituteur se sont écroulées et une poutre a été presque brisée. La chapelle des pénitents noirs a été aussi assez fortement ébranlée; mais elle n'offre aucune crainte d'effondrement. Le service des cultes se trouve assuré par la chapelle des pénitents blancs qui est presque intacte ; les écoles des filles et le presbytère n'ont eu que des lézardes insignifiantes (13). La presse confirme le contenu du rapport, on ne déplora aucune victime mais l'église paroissiale et la maison d'école subirent d'importants dégâts. Dans un devis de réparation on apprend que la voûte a été endommagée au niveau du maître autel, il est fait état de lézardes supérieures à 3 cm sur l'édifice, de lézardes dans les voûtes séparant la nef des bas-côtés et dans la grande voûte. Ce devis propose le remplacement au niveau de la toiture des pièces de bois et des tuiles cassées (02). La toiture de la mairie a été endommagée, les cloisons et les murs de la maison d'école ont été lézardés ainsi que le plafond de la cuisine de l'instituteur (03). Selon l'état présentant par commune les effets du séisme, on peut noter 35 personnes qui ont déclaré des pertes soit 2% et huit maisons détruites et 11 en partie détruites, ce qui représente 4% environ. Toutefois cet état ne précise pas les lieux de ces dégâts, car Utelle comporte de nombreux hameaux éloignés pour la plupart du village. Remarques
: Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. Le
rapport de visite n'indique pas de destructions dans ce village, les
maisons détruites ou partiellement détruites
mentionnées dans l'état commune par commune, sont
probablement celles situées au hameau du Cros d'Utelle.
Une trop faible proportion du bâti a subi des dégâts de degrés 3 pour justifier une intensité de VII (moins de 2%). Par contre ils sont suffisants pour justifier une intensité de VI - VII.
Village d'Utelle situé sur une crête dominante à 800 m d'altitude (Photos : André Laurenti) ------------------------------------------- LE CROS D'UTELLE (hameau d'Utelle) : Cadastre Napoléonien : Section V4 la Villette Section V3 la Villette Le quartier du Cros situé aux abords de l'église paroissiale offre un aspect vraiment lamentable : ce n'est plus qu'un monceau de ruines. Quatre groupes de maisons dans lesquelles logeaient sept propriétaires sont entièrement démolies. De plus, huit autres groupes de maisons ont été rendues inhabitables ; plusieurs d'entre elles menacent même ruine. Le presbytère a été fortement ébranlé : le mur de face a même fait un léger mouvement. Les cloisons du logement de l'instituteur, ainsi que les plafonds, sont en partie démolis ; mais les murs ont conservé leur aplomb. La maison d'école se trouve dans un état assez satisfaisant, aussi a-t-elle dû être réquisitionnée momentanément pour loger un certain nombre de personnes L'église paroissiale est lézardée assez fortement par suite d'un léger mouvement du sol supportant les fondations ; aucun danger n'est cependant à craindre. Il sera bon, pour plus de sécurité de reconstruire, en maçonnerie ordinaire le mur de soutènement de la place de l'église qui est à peu près complètement démoli (13). La presse consigne que cette localité a été cruellement éprouvée par les secousses. Une trentaine de personnes ont été blessées mais aucune ne l'a été grièvement. Neuf maisons furent démolies et six autres crevassées. Quarante personnes se trouvèrent ainsi sans logement, pour la circonstance le presbytère fut transformé en hôpital. L'église et l'école furent très endommagées (04). Dans
un devis de travaux a effectué, on relève les
dégâts
suivants : L'église a été
lézardée,
le plafond de la sacristie et la toiture de l'église ont
été
endommagés. Un mur en pierre sèche qui soutenait
la
place de l'église s'est en partie
éboulé (05). Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. La
proportion de bâtiments touchés est importante (environ 30%). Les dégâts
restent conséquents pour ce hameau qui regroupe d'après le
cadastre de l'époque, environ une soixantaine de
constructions,
on peut donc envisager une classification de
dégâts
structuraux importants de degré 3 à 5 avec comme
intensité VII
à VIII.
La
nature du sol semble être responsable de l'ampleur de ces
dégâts. Le hameau est édifié
sur des
brèches de failles, le sol n'est pas stable.
Le hameau de Cros d'Utelle situé sur un versant dominé dépend du village d'Utelle (Photos : André Laurenti) -----------------------------------------
Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. La proportion de dommages de degré 4 sur ce hameau est élevée, on peut envisager une
classification de dégâts modérés
et des
dégâts structuraux importants de degré 3 à 4 avec comme intensité VII
Le hameau du Reveston qui dépend de la commune d'Utelle (Photos : André Laurenti) ------------------------------------------------
LANTOSQUE : Superficie
: 4 476 ha - Alt. : 512 m Les effets : Selon la presse, les dégâts ont été purement matériels, ils se bornèrent à quelques cheminées renversées et quelques toits emportés. Dans le village les hommes valides se regroupèrent pour partir porter secours au village voisin de la Bollène Vésubie sous la conduite de la gendarmerie et du conducteur de ponts et chaussée M. Mangiapan. Dans un rapport on obtient un peu plus de précision sur cette commune. Les dégâts occasionnés au village de Lantosque, ainsi qu'aux hameaux qui dépendent de cette commune, sont d'une importance relativement médiocres. Les habitants ont pu, le moment de panique passé, regagner leurs domiciles qui ont un peu souffert, il est vrai, mais n'en sont pas moins habitables, et offrent encore des garanties suffisantes de solidité. Nous devons cependant exclure dans le village, les maisons suivantes appartenant l'une à Monsieur Passeron Constantin, et l'autre à Madame veuve Dalloni Catherine qui ont eu, la première la toiture démolie et la seconde les murs entièrement lézardés. Ces deux maisons ont été évacuées. Les établissements publics ont été peu éprouvés. L'église paroissiale n'a eu aucun dommage important. Les murs du presbytère et de la maison d'école, bien qu'assez fortement ébranlés, sont encore dans de bonnes conditions de stabilité et les logements seront facilement réparés. La chapelle des pénitents blancs seule, se trouve dans un état de dégradation très avancé. Par ailleurs, le clocher de l'église paroissiale du hameau de Pélasque a été fortement ébranlé. Nous avons prescrit aux habitants d'en démolir immédiatement la partie supérieure, ce qui écarterait toute crainte de danger pour les maisons voisines. En résumé nous n'avons aucune famille sans abri : la circulation des habitants est entièrement garantie et tous les services publics sont assurés (13). Remarques
: Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. On
peut envisager une classification de dégâts
négligeables
à modérés de degré 1
à 2. Les
dégâts sont plus que suffisants pour justifier une
intensité de VI.
On peut envisager pour justifier les « quelques toits emportés » une intensité de VI – VII .
Lantosque situé sur un replat à 512 m d'altitude (Photos : André Laurenti) ----------------------------------------------
Superficie
: 2 592 ha - Alt. : 604 m Les
effets
: Remarque
: Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
Ancien village de
Roquebillière situé en fond de vallée
à 604 m d'altitude -----------------------------------------------------
Superficie
: 3 557 ha - Alt. : 700 m Les
effets : La
première secousse a été d'une
intensité inouïe. Trente-cinq à quarante
maisons s'écroulèrent, d'autres se
trouvèrent inhabitables ou plus ou
moins lézardées. L'église et le
clocher fortement endommagés, menacèrent
ruine. Le curé officie sous les arcades de la seule maison
intacte; la mairie.
La Bollène pleure deux des siens : M. Baylon Louis et Cornillon Joseph. La femme de ce dernier a eu une jambe fracturée et ses deux fils ont été légèrement contusionnés. On déplora par ailleurs, d'autres blessés mais sans gravité. Dès que la nouvelle fut connue, les habitants de Lantosque arrivèrent en masse. Avec la douane de la localité ils travaillèrent activement pour retirer les victimes. D'autres gens arrivèrent de Belvédère, de Roquebillière et même de Saint-Martin Vésubie. La population dans une
extrême misère, campe à
l'extérieur du village. Les
malades et les blessés ont été
provisoirement installés dans l'école des
garçons (07).
Dans le registre des délibérations de la commune du 21 mars 1887, M. Gayraud donne des détails intéressants sur le séisme. Il indique que le tremblement de terre a sectionné le village en deux : une partie épargnée et l'autre fortement endommagée. Le nombre de maisons écroulées est de 35 environ, celui des lézardées et fortement ébranlées de 75 environ (12). (voir étude de ce village en cliquant sur le lien ci-dessous) http://www.groupeaps.org/article.php3?id_article=8 Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. Sur
un ensemble de 285 constructions environ, plus de 12% des
constructions se sont écroulées, et plus de 26%
se sont
lézardées et fortement
ébranlées.
En fonction des proportions, on peut retenir de nombreux dégâts de degré 4 et quelques uns de degré 5, ce qui justifie une intensité de VIII. Village de la Bollène Vésubie situé sur un replat à 700 m d'altitude (Photos : André Laurenti) ------------------------------------------
BELVEDERE : Superficie
: 7 541 ha - Alt. : 830 m Les effets : La population a été éveillée par une violente secousse d'une durée d'environ dix à quinze secondes. Les oscillations allaient de l'est à l'ouest. Quelques meubles ont été renversés ou brisés et plusieurs murailles lézardées (08). En même temps plusieurs chapeaux de cheminées furent jetés à terre. L'église seule a été endommagée, on y remarque plusieurs crevasses dans tous les sens. A l'intérieur, le sol est jonché de plâtras tombés en quantité de la voûte. Une heure plus tard l'église aurait été comble à cause de la messe des cendres. En attendant l'office est célébré dans la chapelle de Tine (09). Par ailleurs le campanile dont les cloches se mirent à tinter pendant la commotion, fut fortement ébranlé et menace ruine. plusieurs familles ont quitté leurs habitations pour aller s'installer en plein air sur la place de la Court, où elles ont passé la nuit entière autour d'un grand feu (10). Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. Les
dégâts annoncés sont plus que
suffisants pour
justifier une intensité de VI
On peut envisager une classification de dégâts négligeables à modérés de degré 1 à 2, exceptionnellement 3 avec comme intensité VI – VII Village perché de Belvédère situé sur un replat à 830 m d'altitude (Photos : André Laurenti) -------------------------------------
SAINT-MARTIN DE LANTOSQUE (Saint-Martin Vésubie) Superficie
: 9 713 ha - Alt. : 960 m Les effets : Quelques cheminées ont été renversées et des murs lézardés mais les dégâts demeurent insignifiants (09). Les oscillations furent de prime abord du nord au sud puis de l'est à l'ouest. La secousse de 6 h a été suivie par huit autres au cours de la journée. Là aussi, les habitants se proposent de passer la nuit en pleine campagne (04). Deux ou trois maisons seulement témoignent du terrible phénomène par quelques légères fissures qui ne méritent à peine mention. L'église n'a quelques lézardes à la fausse voûte construite en planches et seul un des piliers soutenant la grande nef, a quelques points décrépis, ce qui ne compromet a rien la solidité de l'édifice. En somme tous les dégâts se résument à l'écroulement de quelques cheminées (07). Après vérifications faites toutes les maisons ne sont pas lézardées. Quelques maisons ont reçu des crevasses particulièrement le presbytère et quelques autres masures vétustes et c'est vraiment miracle qu'elles soient encore debout...ce qui prouve bien que Saint-Martin est solidement assis sur un sol résistant (11). Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98. Les
dégâts sont suffisants pour justifier une
intensité
de VI, et pas assez pour une intensité supérieure.
On peut donc supposer une classification de dégâts légers à modérés de degré 1 à 2 avec comme intensité VI. Village de Saint-Martin Vésubie situé en fond de vallée à 960 m d'altitude (Photos : André Laurenti) ------------------------------------------------
VENANSON : Superficie
: 1 798 ha - Alt. : 1 164 m Classification
utilisée dans l'échelle EMS 98.
Village
de Venanson situé sur un replat à 1164 m
d'altitude
(Photo : André Laurenti) ----------------------------------------------------- Source documentaire 01 – Garino Pierre-Robert : « Roccasparviera-Duranus ». pp. 123 et 124 02 – Devis des travaux à exécuter à l'église paroissiale d'Utelle en date du 28 mars 1887 – (E dépôt 51 9M1 - Arch. Dep. Des A. M.) 03 – Devis des réparations à exécuter à la mairie et la maison d'école d'Utelle en date du 26 novembre 1888 – (E dépôt 51 1M2 - Arch. Dep. Des A. M.) 04 – L'Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 25 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.) 05 – Devis des travaux à exécuter à l'église et au presbytère du hameau du Cros d'Utelle en date du 28 mars 1887 – (E dépôt 51 9M5 - Arch. Dep. Des A. M.) 06 – Devis des travaux à exécuter à l'église du hameau du Reveston en date du 28 mars 1887 – (E dépôt 51 9M8 - Arch. Dep. Des A. M.) 07 – L'Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 28 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.) 08 – L'Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 26 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.) 09 – Rapport de gendarmerie, brigade de St-Martin de Lantosque en date du 26 février 1887. (Dos 1M 16164 à 16172 Arch. Dép des A. M.) 10 – Le Petit Niçois : Extrait du journal du 26 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.) 11 – L'Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 02 mars 1887 (Arch. Dép. Des A.M.) 12 – Laurenti André : « les Alpes-Maritimes à l'écoute des séismes »pp. 52 à 54 13 - Rapport sur les dégâts causés aux communes de Lantosque en date du 1er mars 1887 (dossier 1M988 Arch. Dép des A.M.)
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