LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 23 FEVRIER 1887 Les effets du séisme sur la ville de MENTON
MENTON
Superficie : 1 405 ha - Alt.: 16 m. Latitude : 43° 46' 30" Nord - Longitude : 7° 30'' 00" Est Population : 7 819 habitants en 1877 – 28 812 habitants en 1999 Etat des logements en 1999 : 24 771 dont 13 488 principaux – 8 820 secondaires – 2 464 vacants – avant 1949 nb. 4 186 Cadastre Napoléonien de 1862 Section : TA Tableau d'assemblage, Section : C Menton, Feuille unique La commune de Menton possède un service d'archives municipales relativement bien fourni, on peut y consulter quatorze dossiers consacrés au tremblement de terre de 1887. Ces dossiers regroupent les estimations de dégâts occasionnés par le séisme sur le bâti privé, ainsi que quelques correspondances. L'examen de ces sources primaires a permis de définir d'une manière précise, l'intensité du séisme sur la commune. Le contenu de ces dossiers fait apparaître que la plupart des dégâts importants se sont produits dans les niveaux supérieurs des maisons, les dégâts de degré 5 sont très rares, ils concernent probablement des constructions très vétustes situées dans les campagnes. L'intensité semble être uniforme sur l'ensemble du territoire urbanisé de l'époque, avec un pourcentage plus élevé de dégâts de degré 4 en haut de la vieille ville ce qui ne représente pas un critère suffisant pour passer à une valeur d'intensité supérieure. Sur les bords des cours d'eau, le Borrigo et le Careï, les dégâts apparaissent plus spectaculaires avec des façades partiellement effondrées, comme l'attestent les photos. Le séisme est également bien décrit par la presse, toutefois il faut rester prudent avec les termes employés parfois exagérés. "Ecroulé" signifie plutôt gravement endommagé de degré 4 et non de degré 5 comme on pourrait le penser. Sur le cadastre de 1862, on peut constater que l'urbanisation de la ville était limitée à l'ouest à la place Saint-Roch avec un prolongement jusque au cours d'eau du Careï sur le bord de mer. Le secteur du Careï, le quartier Saint-Benoît et la rue Partouneaux qui ont le plus souffert, se sont donc développés entre 1862 et 1887 et étaient constitués d'un bâti récent. Les clochers de la chapelle de la Conception à gauche et de la basilique Saint-Michel à Droite. Place du Petit Port au pied du vieux Menton. (Photos : André Laurenti) Les effets : La presse était unanime, Menton éventré, déchiré, les dégâts sont épouvantables et font véritablement peine à voir. Il n'est pas une maison qui n'ait eu à souffrir des secousses. La panique est générale et chacun est bien décidé à coucher en plein air. Une première et légère secousse aurait été sentie vers 5 h 30, par des gens habitant un peu plus haut que la gare. Mais c'est à 5 h 58 heure de Menton que le séisme a secoué la ville. Selon la presse, dans la partie qui se trouve entre la gare et l'hôtel des Postes jusqu'à la mer, ce secteur a été le plus éprouvé. Il y a un grand nombre de maisons inhabitables qui menacent la sécurité publique. Il en est de même avec la partie haute de la vieille ville, qui est généralement assez mal construite (10). Ces informations sont en accord avec l'analyse du contenu des dossiers effectuée aux archives communales de Menton. Avenue de la Gare (avenue de Verdun) La belle avenue de la Gare semblait avoir subi un bombardement, aux abords du chemin de fer, aucune maison n'était intacte. En effet la boulangerie viennoise est fortement endommagée, le toit s'est en partie écroulé, des plâtras se sont détachés de la façade et des plafonds, le bâtiment a été abandonné par ceux qui l'habitaient (1). A l'hôtel du Parc, les pensionnaires étrangers ont pris la fuite, d'après l'avis d'un architecte, les dégâts sont considérables, Au rez de chaussée et au premier les cloisons et les plafonds ont été endommagés, au troisième le mur ouest, l'angle sud, le mur de refend et l'escalier ont souffert. Il faudra démolir en grande partie le bâtiment (2). Quant à l'hôtel de la Gare, chemin de la Cour, il devra être entièrement démoli.
Vallée du Careï
Quartier Saint-Benoît Dans le quartier Saint-Benoît jouxtant la rue Partouneaux, il n'est à peu près, aucune maison d'épargnée, toutes sont ou détruites ou assez fortement lézardées pour que leur reconstruction s'impose. Quelques unes se sont complètement écroulées, il n'en reste que quelques pans de murs. La maison du Bazar s'est retrouvée sans toit, de larges fissures se sont produites dans les murs qui manquent en partie. Les plafonds et les cloisons intérieures sont tombés en gros plâtras les uns sur les autres. Le passage fut interdit à cet endroit (1).
Rue Partouneaux La rue Partouneaux est complètement lézardée. Quelques fissures venaient du nord-est, d'autres étaient dirigées en sens contraire. Au nord de cette rue, le château du Louvre a souffert. Des deux tours qui le flanquaient, une a été presque totalement emportée et l'autre a perdu la toiture. A l'intérieur, les cloisons et les plafonds se sont partiellement écroulés (1). Dans cette artère, près de huit maisons ont été en partie démolies.
Quartier du Borrigo
Au quartier du Borrigo, les villas Imberty,
Ernestine et Saint-Jean, furent
détruites. Plus haut au chemin des Cabrolles la villa
Mélanie, la maison Paulini, la laiterie etc... ont
été complètement ruinées (4). Plus bas sur
la route de Nice, (avenue Carnot et
avenue de la
Madone), les dégâts sont incalculables.
La vieille ville
Juste à côté, l'arche de l'église Saint-Michel, s'est en partie effondrée juste au moment où le prêtre venait d'officier et les fidèles de partir. Toute la partie de la voûte qui se trouvait au-dessus du maître autel, s'est écroulée au moment où M. l'abbé Rocca terminait la messe, il n'y a pas eu de victime (3).
Au-dessus de la vieille ville, la chapelle
russe du cimetière, une petite
merveille d'architecture construite par Touranoff, ne tient presque
plus debout,
il en est de même d'un certain nombre de grands tombeaux de
famille (3).
A la caserne de gendarmerie, deux agents ont été
blessés par suite de
l'effondrement d'une partie du plafond du grenier et d'une partie du
mur de
refend. Tout un étage devra être rebâti,
le reste aura besoin de travaux de
consolidation. Quartier Garavan
Classification utilisée dans l'échelle EMS 98. Dans
le secteur de Garavan à l'est de la commune, on relève
des dégâts de degré 3 et 2 qui justifient une
intensité de VI - VII. ---------------------------------------------------
Si vous souhaitez découvrir Menton et ses environs, vous trouverez de nombreuses informations utiles sur le guide web du pays mentonnais suivant : http://www.menton.com/menton/index.htm --------------------------------------------------- Source documentaire - 01 Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 24 février 1887 n°5809 24ème année Fonds Louis Cappatti pro 139. (Bibliothèque des Chevaliers de Cessole – Musée Masséna Nice). - 02 Série U2 bis dossier D (Archives Municipales de Menton) - 03 Le Petit Niçois : Extrait du journal du 4 mars 1887 (Arch. Dép. des Alpes-Maritimes) - 04 Le Petit Niçois : extrait du journal du 05 mars 1887 (Arch. Dép. des Alpes-Maritimes) - 05 Série U2 bis dossier L (Archives Municipales de Menton) - 06 Série U2 bis dossier C (Archives Municipales de Menton) - 07 Le Petit Niçois : extrait du journal du 24 février 1887 (Arch. Dép. des Alpes-Maritimes) - 08 L'Eclaireur du Littoral : Extrait du journal du 24 février 1887 (Arch. Dép. des Alpes-Maritimes) - 09 Le Petit Niçois : extrait du journal du 25 février 1887 (Arch. Dép. des Alpes-Maritimes) - 10 L'Eclaireur du Littoral : Extrait du journal du 1er mars 1887 (Arch. Dép. des Alpes-Maritimes) |
