Effets sur la Principauté de Monaco


SEISME LIGURE DU 23 FEVRIER 1887

MONACO - MONTE-CARLO
Superficie : 197 ha - Alt. : 0 à 161 m.
Latitude : 43° 43’ 49 Nord - Longitude : 7° 25’ 36 Est
Population : 1 200 habitants en 1867 – 31 987 habitants en 2002
Détail : 15 000 hab. Monte Carlo – 12 200 la Condamine – 2 000 hab Fontvieille – 1 150 Monaco

Les archives sur le séisme du 23 février 1887 à Monaco ont été pour la première fois exploitées par le sismologue de la Principauté de Monaco, M. Philippe Mondielli, dans le cadre de la préparation d’une thèse de Doctorat soutenue avec succès en novembre 2005 [1]. L’analyse des dégâts a permis d’étudier la répartition des dommages à travers la ville, et d’essayer d’en expliquer les causes notamment pour les zones les plus touchées. Elle a permis également de définir sur des éléments concrets l’intensité macrosismique exacte atteinte lors de ce séisme.

Etat des structures et de l’urbanisation en 1887

Les travaux de Mondielli nous éclairent dans un premier temps, sur l’évolution urbanistique de la Principauté, en tenant compte de la typologie constructive des bâtiments et aussi de leur vétusté. En voici le contenu. Au début du XVIème siècle la ville fut reconstruite progressivement. Elle s’étendait de l’actuelle limite Est de la Place du Palais jusqu’au niveau de l’actuelle place de la Mairie. Les maisons de cette époque avaient un étage au maximum. Au XVIIème siècle l’extension spatiale reste la même mais un étage est fréquemment rajouté. La chapelle de la Miséricorde est construite en 1639. Seuls les bâtiments de l’hôtel des monnaies (mitoyen à l’actuelle Mairie) et la fonderie générateurs de nuisances sonores prennent place en limite Est de la ville. Jusqu’au XVIIIème siècle, la ville ne s’étend pas géographiquement mais son extension continue à se faire verticalement avec des surélévations. C’est à partir de 1850 que la partie Est se développe progressivement avec l’école des filles, l’établissement des frères des écoles chrétiennes, l’hôtel Dieu, la chapelle et le Collège de la Visitation. En 1887 le secteur urbanisé du Rocher englobe le Palais, l’ancienne et la nouvelle ville. La vieille ville est composée d’un ensemble de maisons mitoyennes de deux à trois étages environ séparées par des ruelles étroites.

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Le Rocher de Monaco en 1865
Une extension urbanistique similaire à l’actuelle mais avec des maisons qui ne dépassaient pas deux à trois étages.

La nouvelle ville est le quartier situé immédiatement à l’Est. Il est délimité par la ligne Nord-Sud chapelle de la Miséricorde – actuelle Mairie. Ce sont de vastes bâtisses qui ont, en 1887, moins de trente ans âge. Le Rocher de Monaco présente donc la même extension spatiale de l’urbanisation qu’aujourd’hui. Le secteur de la Condamine a vu son urbanisation se développer après le traité franco monégasque de 1861 qui assure la souveraineté de Monaco et surtout avec l’arrivée du chemin de fer le 28 décembre 1867. La commune de Menton sera reliée au réseau 2 ans plus tard, mais il faudra attendre le 23 février 1872 pour célébrer l’achèvement de la ligne Nice-Monaco-Menton-Vintimille à cheval sur trois pays. Cette étape est décisive pour l’ouverture de la Principauté sur le monde extérieur et de son économie sur un tourisme de qualité. De cette campagne qui s’étendait dans les années 1850 du pied du Rocher au vallon Sainte Dévote, seuls deux espaces verts subsistent en 1887, le plus important se situe dans la zone sud de ce quartier au pied du Rocher et le second plus au nord vers l’église Sainte Dévote.

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Principauté de Monaco
Vues du secteur de la Condamine dans les années 1850, une plage et une campagne avec deux uniques bâtisses.
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Quartier de la Condamine en 1887
Exceptées les deux bâtisses cerclées de jaune et déjà visibles sur les photos des années 1850 toutes les maisons ont moins de trente ans.

En une trentaine d’années la Condamine s’est considérablement urbanisée. En 1887, la plupart des maisons avaient moins de trente ans. L’édification du quartier de la Condamine s’est faite en même temps que celle de la nouvelle ville sur le Rocher de Monaco. Dès les années 1880, des maisons de plusieurs étages étaient construites en bordure de falaise comme par exemple dans le vallon Sainte Dévote.

Le quartier de Monte-Carlo présente une urbanisation moins dense que celle de la Condamine. Toutefois de vastes bâtisses et de nombreuses villas avec jardins sont déjà construites autour du Casino.

Les maisons les plus anciennes sont composées de moellons maçonnés, de pierres non taillées ou travaillées au marteau. Les murs ont en moyenne une épaisseur de 60 cm à la base et de 40 cm dans les parties hautes des maisons. Les planchers ont des ossatures en bois et les façades étaient badigeonnées de lait de chaux grasse teintée.

Les quartiers de Fontvieille, du Larvotto et du Sporting construits sur des terre-pleins n’existaient pas à l’époque. L’urbanisation de l’époque se limitait donc aux quartiers édifiés sur des terrains naturels [1].

Les effets

La presse française fournit quelques indications intéressantes, mais n’est pas aussi précise. Par rapport aux autres localités, les dégâts sont dans l’ensemble minimes. On déplore toutefois des dommages à la caserne des gardes du Prince qui a été lézardée en plusieurs endroits et menace ruine. A l’intérieur, les cloisons s’écroulèrent et quelques soldats furent blessés. L’autorité a également ordonné l’évacuation de la maison de M. Vedel, place du Palais. Ce bâtiment a été largement lézardé et menace de tomber. Aux Palmes, la caserne des employés du chemin de fer a été évacuée, elle menasse ruine elle aussi. Diverses constructions de la Condamine et du haut Monaco ont été lézardées. L’hôtel de la Terrasse, les villas Mariette, Jeannette, Lany et la maison de Jeaume ont le plus souffert. Mais les dégâts n’atteignent pas l’importance qu"ils ont eu à Nice et à Menton. Des crevasses ont été observées aussi sur le clocher de la chapelle de l’Annonciade. La ville est calme mais le coup d’œil n’en est pas moins bizarre. Les tables ont été dressées sur les terrains vagues appartenant à M. Blanc, mais aussi dans le grand jardin de l’hôtel Beau-séjour et sur la place même du Casino. Le Baron de Rothschild a préféré pour sa sécurité louer un wagon-lit des P.L.M., afin d’y passer la nuit [2]. Le gouvernement de Monaco a fait demander au 111ème de ligne, des tentes pour faire camper les habitants [3]. D’une manière plus humaine, M. Ferrari propriétaire de l’hôtel d’Angleterre, a fait construire, à ses frais, une tente spacieuse sur un terrain vague près de la mer, pour héberger les personnes épouvantées et sans asile [4].

Le journal de Monaco apporte davantage de précisions. "Trois secousses successives, en moins de dix minutes, ont ébranlé violemment le sol. Certaines maisons, notamment celles à plusieurs étages, ont été terriblement remuées surtout dans leur partie supérieure où, en raison de l’élévation, les oscillations se montraient plus fortes. Les habitants, surpris, se sont de suite précipités dans les rues. La Principauté en était quitte pour des dégâts matériels relativement insignifiant : crevasses à quelques maisons, chutes de cheminées, de balcons et de corniches et couronnements. Vers huit heures et demie, une quatrième secousse assez forte vient encore épouvanter la population. Craignant de nouveaux tremblements, les locataires des habitations à plusieurs étages, n’osant plus rentrer chez eux, prennent le partie de passer la journée dehors – seuls, ceux qui demeurent au rez-de-chaussée. On se décide d’établir des campements pour la nuit. La place du Palais, la place d’Armes, le terrain des héritiers Blancs, rue Louis, la Place du Casino, tous les endroits un peu vaste, se couvrent dans la soirée de tentes et de baraques. Une commission composée du personnel et du Comité des Travaux Publics, a successivement examiné les habitations crevassées ordonnant les mesures immédiates à prendre pour leur consolidation, ou leur évacuation si elles n’offraient plus assez de sécurité. Ces dernières sont au nombre de quatre, encore leur évacuation a-t-elle été seulement une précaution en vue d’oscillations à venir" [5].

Les recherches effectuées par Mondielli dans les archives du Palais Princier ont permis de retrouver trois rapports intéressants concernant les effets du séisme, et dont l’analyse détaillée a permis de mettre en lumière la répartition et le type de dégâts sur le bâti monégasque.

- le rapport établi par le Maire de Monaco le 24 février qui signale les principales maisons touchées repose sur une appréciation visuelle.

- le rapport daté du 26 février, plus technique, est issu d’une commission spécialement nommée par le Comité des Travaux Publics. Ce rapport, réalisé par des experts, a pris en compte des bâtisses dont les dégâts présentaient un danger pour la sécurité et qui nécessitaient, de la part des propriétaires, des réparations,

- le rapport de visite concernant le Palais deux jours après le séisme.

C’est le rapport de la Commission qui aura le plus de poids dans la détermination des zones de dommages. Cependant ce rapport concerne uniquement les bâtiments n’appartenant pas à l’Etat.

Mondielli a fait figurer les principales maisons touchées qui ont nécessité des réparations sur quatre extraits du plan d’époque (annuaire Monaco 1887).

Zone du Rocher

L’auteur énumère toutes les maisons qui ont nécessité des réparations sur la zone du Rocher, maisons individuelles, bâtiments de l’Etat et le Palais.

Les maisons les plus touchées sont :

- rue des briques : 1 (c) ; 5 (q) ; 26 (o) ;
- rue du milieu : 8 et 10 (d) ; 14 (e) ; 22 et 24 (k) ;
- rue basse : 1 (q) ; 10 (l) ; 16 (m) ; 29 (n) ;
- rue de l’Eglise : 4 et 6 (g) ;
- rue du Tribunal : 2 (b) ;
- les deux maisons en face du chevet de la Cathédrale (h) et (j) ;
- la Chapelle de la Miséricorde ((p) ;
- le pensionnat des Dames de Saint-Maur.

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Plan annuaire 1887
Localisation des maisons endommagées par le séisme sur le Rocher de Monaco.
(Philippe Mondielli)

Sur le Rocher, la plupart des maisons présentent des dommages dont certains sont sérieux. La Commission des Travaux Publics a recommandé pour ces maisons des chaînages dont certains à tous les étages, des placements de tirants transversaux, des remaniements de toits et des réparations de cloisons. Cependant l’ensemble des maisons reste habitable, seules les deux maisons en face du chevet de la Cathédrale et la caserne des gardes ont été évacuées pour la réalisation d’importants travaux.

Le Palais a lui aussi été touché, le rapport des visites du 25 février 1887 témoigne avec précision des nombreux dégâts occasionnés par le tremblement de terre. De nombreuses fissures plus ou moins importantes sont apparues dans de nombreuses pièces. Le rapport d’époque note que les dégâts croissent du sud au nord. C’est en effet la tour du pavillon et l’aile nord du Palais qui ont été le plus touchées. Des chaînages ont été réalisés dans la majorité des pièces de l’aile nord et cela sur les deux étages. Les plafonds ont été repensés et refaits. La tour du Pavillon lézardée a dû être chaînée sur ses quatre faces.

Le rapport mentionne toutefois que certains défauts de construction étaient déjà présents et ont rendu l’ensemble plus fragile aux secousses.

Dans les mois qui ont suivi cette secousse les réparations changeront l’aspect extérieur du Palais avec notamment une "reconstruction" de la tour sud. La tour nord dite du pavillon perd sa dénomination puisque dorénavant le pavillon est hissé sur la nouvelle tour sud. Le nouvel ensemble architectural en pierre blanche de la Turbie, à l’entrée des petits quartiers qui bordent la tour du pavillon et de l’horloge, a été reconstruit quelques mois après le séisme.

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Le Palais avant la secousse de 1887
La tour du pavillon et celle de l’horloge subiront, avec l’aile nord, les dégâts les plus importants.

Zone de la Condamine

Les dégâts dans le quartier de la Condamine sont beaucoup moins importants, seule la maison Borghini au boulevard de la Condamine a été touchée. Le mur donnant sur la cour intérieure avait dû être chaîné sur plusieurs niveaux.

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Quartier de la Condamine
Localisation des maisons endommagées reportées sur le plan annuaire 1887.
(D’après Philippe Mondielli)

Zone de Monte-Carlo

- boulevard Peirera (villa sans souci) (a) ;
- rue de la Scala et avenue de la Costa : (hôtel des Colonies) (b). L’occupation de la villa sans souci a été interdite jusqu’à ce que les réparations aient été effectuées. La toiture et les cloisons de l’hôtel des Colonies, devaient être réparés, et la portion de l’attique longeant l’avenue de la Costa démolie ou consolidée.

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Monté-Carlo (plan 1887)
Localisation des maisons endommagées.
(D’après Philippe Mondielli)

Zone de Saint-Roman

La villa des Roses présentait, d’après la Commission des Travaux Publics, des dommages très graves. De ce fait, la maison avait dû être évacuée.

La maison Imperty présentait des dommages importants à réparer. Le Rez-de-chaussée, le premier étage et les combles ont dû être chaînés, les fondations du mur sud reprises et les cloisons réparées.

La caserne des carabiniers de Saint-Roman a été endommagée dans le mur sud et dans la cage d’escalier. L’étage a été évacué et réoccupé après réparations.

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Saint-Roman (plan 1887)
Localisation des maisons endommagées.
(D’après Philippe Mondielli)

Synthèse des dégâts observés

C’est le Rocher de Monaco qui présente les dégâts les plus nombreux. Les autres quartiers ont été touchés par ce séisme mais dans une moindre mesure puisque juste quelques maisons ont souffert. Le quartier de la Condamine a été proportionnellement au nombre d’habitation, moins touché que les autres quartiers.

Dans les secteurs de la Condamine de Monte-Carlo, de Saint-Roman ainsi que le secteur Est du Rocher de Monaco, la plupart des maisons avaient moins de trente ans lors du séisme de 1887. Elles ont le même nombre d’étages et la même méthode de construction que celles endommagées dans la vieille ville, cependant elles ont été bâties en une seule fois avec des matériaux forcément plus récents.

Les dégâts occasionnés au bâti ne font état d’aucune destruction, mais parfois de larges lézardes ont nécessité l’évacuation des bâtiments. Ils ne devaient pas cependant être trop sévères puisqu’ils ont pu, à l’époque, être réparés ou consolidés. Seules certaines parties du Palais ont été réparées, dans un premier temps, puis dans les mois qui suivirent reconstruites (tour sud et petits quartiers).

Sur le Rocher, c’est la vieille ville reconstruite au XVIème siècle qui a été la plus touchée (zone comprise entre la place du Palais et la Mairie). Les bâtiments situés dans la partie Est du Rocher et qui ont moins de 30 ans d’âge (comme ceux des quartiers de la Condamine et de Monte-Carlo) n’ont pas été touchés, de même qui venait d’être édifiée au cœur de la vieille ville en 1874.

Ce sont les maisons les plus vétustes présentant des surélévations qui ont été principalement endommagées.

Classification utilisées dans l’échelle EMS 98

Le bâti monégasque était composé de deux types de constructions :
type A : constructions en pierre tout venant, moellon brut ;
type B : constructions mixtes, maçonnerie – bois ; constructions en pierres taillées.

Les types de dégâts observés sur les constructions endommagées sont pour la plupart des lézardes assez larges, mais aucune destruction proprement dite. Nous considérons, par conséquent, que les dommages sont du 2ème degré sur la totalité de la Principauté avec dans quelques bâtiments des dégâts de degré 3. Mondielli dans son évaluation a tenu compte des conseils qui consistent à éviter les degrés intermédiaires et à arrondir à la valeur inférieure les intensités. Ainsi la valeur VI - VII a été arrondi à VI. Dans le cas de cette révision générale des intensités de ce séisme, nous nous contenterons de conserver cette valeur intermédiaire pour l’ensemble de la Principauté à VI - VII.

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Principauté de Monaco
Il est évident que la physionomie de la Principauté a bien changé aujourd’hui.
(Photos : André Laurenti)

Source documentaire

- 06 Rapport hebdomadaire du 20 au 27 février 1887 (Arch. Du Palais Princier).

- Levret Agnès Grunthal G : Cahier du Centre Européen de Géodynamique et de Séismologie – volume 19 – l’Echelle Macrosismique Européenne – année 2001

Remerciements
A Philippe Mondielli pour ce travail exemplaire
Vous pouvez télécharger sa thèse complète : Contribution à la connaissance de l’aléa sismique en Principauté de Monaco


[1] Mondielli Philippe : Thèse universitaire de 3ème cycle ayant pour sujet : Contribution à la connaissance de l’aléa sismique en Principauté de Monaco – soutenue le 03 novembre 2005 à l’Université de Nice Sophia-Antipolis.

[2] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 24 février 1887 n° 5809 24ème année – Fonds Louis Cappatti pro 139.(Bibliothèque des Chevaliers de Cessole Musée Masséna à Nice).

[3] Le Petit Niçois : Extrait du journal du 24 février 1887 (Arch. Départ. Des Alpes-Maritimes).

[4] Le Petit Niçois : Extrait du journal du 26 février 1887 (Arch. Départ. Des Alpes-Maritimes).

[5] Le Journal de Monaco : Extrait du journal du 1er mars 1887 n°1491 (Arch. Du Palais Princier).


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