Effets sur la commune du Broc


LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 23 FÉVRIER 1887

EFFET DU SÉISME SUR LA COMMUNE DU BROC

LE BROC
Superficie : 1 865 ha - Alt. : 450 m.
Latitude : 43° 48’ 37" Nord - Longitude : 7° 10’ 14" Est
Population : 710 habitants en 1877 – 1 346 habitants en 2011
État des logements en 1999 : 571 dont 392 principaux – 134 secondaires – 45 vacants – avant 1949 nb. 176

Le cadastre Napoléonien de 1834
Section : D , Feuille unique
Section : E2 Sainte Marguerite et Clos Martel, Clos Martel
Section : E1 Sainte Marguerite et Clos Martel, Sainte Marguerite
Section : F Pra David, Feuille unique

Les effets

Dans le village toutes les maisons ont subi des fissures et un grand nombre de cheminées sont tombées dans les rues. Une habitation de deux étages a eu l’un de ses murs sérieusement lézardé. Ceux de la maison commune sont également en partie fendus. Deux autres maisons de trois étages ont été fortement ébranlées, des lézardes parcourent les façades de la base au sommet. Les murs et une partie de la voûte de l’église paroissiale ont été fissurés et la clef principale en fer soutenant la voûte a été brisée au milieu. Autre fait particulier l’eau de la fontaine est immédiatement devenue trouble [1]. Dans les campagnes proches du village, la maison de M. Michélis, constituée de deux étages et d’une écurie, a eu les murs lézardés sur toute la hauteur.

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Village du Broc
Il est situé sur un replat à 450 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

Mais tout ceci demeure sans comparaison avec les quartiers du Broc situés à proximité de l’Estéron. Selon le rapport de gendarmerie de la brigade de Vence, une maison de deux étages, située au quartier des Fougassières, mesurant quinze mètres sur dix, a eu tous les murs écroulés jusqu’au rez-de-chaussée. A l’arrivée des autorités, une partie du mobilier était encore sous les décombres. Le propriétaire M. Bérenger, a déclaré que sept personnes étaient couchées chez lui quand sa maison s’est écroulée à la première secousse du tremblement de terre, que sa mère et son domestique ont échappé à la mort par un hasard providentiel. En effet, ils ont été découverts, quelques instants après, ensevelis sous les décombres de la toiture et des plafonds avec leurs lits complètement brisés. Une autre maison inhabitée, contiguë à celle-ci et ayant la même grandeur, composée de deux chambres, d’un grenier et de deux écuries, a eu la toiture et une partie du mur nord écroulés. Dans le quartier des Soutrans qui est composé de huit bâtiments environ selon le cadastre, la totalité des constructions subirent d’importants dégâts. Six maisons de deux étages sur rez-de-chaussée, furent ébranlées de la base au sommet présentant des lézardes de 5 à 15 cm. Les toitures et les plafonds s’écroulèrent et les murs se lézardèrent dangereusement. Deux autres habitations constituées d’un étage, devinrent aussi inhabitables. Un bastidon a également eu le toit ébranlé et les murs fortement lézardés. Sur le terrain aux alentours de ces ruines, les gendarmes ont constaté des crevasses de cinq à six centimètres et déclarent qu’il sera impossible de construire de nouveau à cet endroit. Les rochers sont détachés et sur le point de rouler dans l’Estéron. Les propriétaires ont eu le temps de sauver leur mobilier et se sont réfugiés chez les voisins des hameaux de Cardons et des Soubrans. Seize personnes se trouvèrent sans abri. Aucune victime ne fut déplorée excepté M et Mme Roustan et leur petite fille qui ont été surpris dans le lit, par les décombres de la toiture et du plafond. Ils en ont été quittes pour quelques légères contusions. Au quartier de la Germaine, la ferme de Bonnafons Etienne, a eu une partie de son toit écroulé et les murs fortement lézardés. La toiture d’un bastidon s’est effondrée et les murs lézardés [2]. Au quartier des Cardons, la maison de M. Malaussène Marius, comportant trois étages, a été fortement ébranlée. Les murs intérieurs furent lézardés. Au quartier de la Clave, la maison de plain-pied d’Escoffier Marius, s’est écroulée. Une seconde d’un étage, a été fortement ébranlée [3].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98
Classe de vulnérabilité A
En fonction des dégâts annoncés pour le village uniquement, ils sont suffisant pour justifier une intensité de VI – VII.
Pour ce qui concerne les quartiers des Fougassières et de la Clave, on retient des dégâts de degré 4 et 5, on peut proposer une intensité de VII -VIII
Quant aux quartiers des Soutrans et de la Germaine, les dégâts sont de degré 4, ils sont largement suffisants pour une intensité de VII.
Au quartier des Cardons les dégâts semblent correspondre au degré 3 comme pour le village, on peut retenir une intensité de VI – VII.


Source documentaire

- Levret Agnès Grunthal //G : Cahier du Centre Européen de Géodynamique et de Séismologie – volume 19 – l’Échelle Macrosismique Européenne – année 2001

- Recensement// par commune de l’année 1877 – INSEE Marseille

- Recensement// //de la population de l’année 1999 - http://www.recensement.insee.fr


[1] L’Éclaireur du Littoral : Extrait du journal du 25 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[2] Rapport établi par le Maire du Broc le 1er mars 1887 sur les dégâts de la Commune (Arch. Dép. Des A. M.)

[3] Rapport établi par le Maire du Broc le 1er mars 1887 sur les dégâts de la Commune (Arch. Dép. Des A. M.)


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