Effets sur la vallée de la Vésubie


SEISME LIGURE DU 23 FEVRIER 1887

LEVENS
Superficie : 2 985 ha - Alt. : 600 m
Latitude : 43° 51’ 42" Nord - Longitude : 07° 13’ 31" Est
Population :1 689 habitants en 1877 - 3 700 habitants en 1999 Etat des logements en 1999 : 1 909 dont 1 398 principaux – 391 secondaires – 120 vacants
Nombre de logement avant 1949 nb. 432

Cadastre Napoléonien
Section F3 le village

Les effets

Sans précision ni commentaire, on déplora dans ce village, six maisons très abîmées, une inhabitable et une autre écroulée [1]. Selon l’état présentant par commune les effets du séisme, on peut noter 67 personnes qui ont déclaré des pertes et deux maisons en partie détruites.

Remarques
Le hameau de Plan du Var fondé en 1845 dépend de la commune de Levens, il regroupe environ 200 habitants.

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A et B. En fonction du nombre d’habitants et l’estimation du nombre de maisons (entre 400 et 450 environ), on déplore peu de dégâts de degrés 3 et 4 pour justifier une intensité de VII. Par contre, ils sont plus que suffisants pour justifier une intensité de VI. On peut envisager une classification de dégâts négligeables à modérés de degré 1 à 2, exceptionnellement 3 avec comme intensité VI – VII cependant on ignore les effets du séisme sur le hameau de Plan du Var.

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Village de Levens
Il est situé en pied de pente à 600 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

DURANUS

Superficie : 1 610 ha - Alt. : 500 m
Latitude : 43° 53’ 39 Nord - Longitude : 07° 15’ 35 Est
Population : 201 habitants en 1877 - 156 habitants en 1999 Etat des logements en 1999 : 86 dont 62 principaux – 16 secondaires – 8 vacants - avant 1949 nb. 50

Cadastre Napoléonien
Section D1DEV le village
Section B2DEV Lenguervin

Les effets

La commune de Duranus fut sérieusement affectée. Dix-sept constructions connurent de graves dommages dont neuf se situaient au hameau de l’Engarvin sur les hauteurs de Coaraze. Du bétail a été tué dans trois bergeries de cette localité [1].

Remarques

Le hameau de l’Engarvin (Lenguervin) est attaché à cette commune, il a la particularité d’être séparé par une frontière physique, le prolongement de la chaîne du Férion.

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98
Classe de vulnérabilité A
On peut attribuer à « graves dommages » des dégâts sensibles à importants de degré 3 à 4 pour le hameau de l’Engarvin et Duranus dont l’habitat est très diffus. On peut envisager une intensité de VII.

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Village de Duranus
Il est situé sur un versant dominant à 500 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

UTELLE

Superficie : 6 797 ha - Alt. : 800 m
Latitude : 43° 55’ 07" Nord - Longitude : 07°14’ 53" Est
Population :1 815 habitants en 1877 - 488 habitants en 1999 Etat des logements en 1999 : 648 dont 232 principaux – 331 secondaires – 85 vacants - avant 1949 nb. 159

Cadastre Napoléonien
Section M3DEV le village

Les effets

Un rapport de visite fournit des informations intéressantes sur ce village : Le village d’Utelle a eu quelques dommages assez importants, mais peu nombreux et enfin, le Chaudan et Figaret doivent avoir eu bien peu de dégâts, car aucun renseignements à ce sujet ne nous est encore parvenu, et notre présence sur les lieux n’a même pas été réclamée. Au village nous avons eu à constater aux constructions particulières, qu’un seul écroulement d’un mur de face dans une maison. Aucune poutre ne reposant sur le mur démoli, il n’en est résulté aucun danger sérieux pour les habitants qui n’ont même pas eu à évacuer les lieux. Le dommage peut être facilement réparé... Les établissements publics ont eu des dégâts très importants. Entre autres l’église paroissiale dont nous avons dû ordonner la fermeture. Nous avons en effet, constaté diverses lézardes très importantes. La voûte principale a été crevassée à peu près à l’aplomb de la balustrade séparant la nef du maître autel. Cette lézarde produite dans le sens perpendiculaire aux génératrices et provoquée par un léger mouvement du mur est, n’offre aucun danger immédiat d’écroulement. Il y a cependant à craindre que les morceaux de plâtras ne viennent à s’en détacher ... De plus, les voûtes séparant longitudinalement la nef des deux bas-côtés, ont toutes été crevassées plus ou moins fortement, selon leurs joints de rupture. Pour consolider ces ouvrages il sera nécessaire d’établir de fortes clefs à la hauteur des joints de rupture de façon à empêcher tout écartement. Les murs de la maison d’école des garçons ont peu souffert. Cependant, diverses cloisons du logement de l’instituteur se sont écroulées et une poutre a été presque brisée. La chapelle des pénitents noirs a été aussi assez fortement ébranlée ; mais elle n’offre aucune crainte d’effondrement. Le service des cultes se trouve assuré par la chapelle des pénitents blancs qui est presque intacte ; les écoles des filles et le presbytère n’ont eu que des lézardes insignifiantes [2]. La presse confirme le contenu du rapport, on ne déplora aucune victime mais l’église paroissiale et la maison d’école subirent d’importants dégâts. Dans un devis de réparation on apprend que la voûte a été endommagée au niveau du maître autel, il est fait état de lézardes supérieures à 3 cm sur l’édifice, de lézardes dans les voûtes séparant la nef des bas-côtés et dans la grande voûte. Ce devis propose le remplacement au niveau de la toiture des pièces de bois et des tuiles cassées [3]. La toiture de la mairie a été endommagée, les cloisons et les murs de la maison d’école ont été lézardés ainsi que le plafond de la cuisine de l’instituteur [4]. Selon l’état présentant par commune les effets du séisme, on peut noter 35 personnes qui ont déclaré des pertes soit 2% et huit maisons détruites et 11 en partie détruites, ce qui représente 4% environ. Toutefois cet état ne précise pas les lieux de ces dégâts, car Utelle comporte de nombreux hameaux éloignés pour la plupart du village.

Remarques

Les hameaux du Chaudan, le Figaret, le Reveston, le Suquet, le Cros d’Utelle et Saint-Jean la Rivière dépendent de la commune d’Utelle. Le recensement donne celui de la commune et ne fait en aucun cas de répartition.

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98
Classe de vulnérabilité A _Le rapport de visite n’indique pas de destructions dans ce village, les maisons détruites ou partiellement détruites mentionnées dans l’état commune par commune, sont probablement celles situées au hameau du Cros d’Utelle. Une trop faible proportion du bâti a subi des dégâts de degrés 3 pour justifier une intensité de VII (moins de 2%). Par contre ils sont suffisants pour justifier une intensité de VI - VII.

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Village d’Utelle
Il est situé sur une crête dominante à 800 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

LE CROS D’UTELLE (hameau d’Utelle)

Cadastre Napoléonien
Section V4 la Villette
Section V3 la Villette

Le quartier du Cros situé aux abords de l’église paroissiale offre un aspect vraiment lamentable : ce n’est plus qu’un monceau de ruines. Quatre groupes de maisons dans lesquelles logeaient sept propriétaires sont entièrement démolies. De plus, huit autres groupes de maisons ont été rendues inhabitables ; plusieurs d’entre elles menacent même ruine. Le presbytère a été fortement ébranlé : le mur de face a même fait un léger mouvement. Les cloisons du logement de l’instituteur, ainsi que les plafonds, sont en partie démolis ; mais les murs ont conservé leur aplomb. La maison d’école se trouve dans un état assez satisfaisant, aussi a-t-elle dû être réquisitionnée momentanément pour loger un certain nombre de personnes L’église paroissiale est lézardée assez fortement par suite d’un léger mouvement du sol supportant les fondations ; aucun danger n’est cependant à craindre. Il sera bon, pour plus de sécurité de reconstruire, en maçonnerie ordinaire le mur de soutènement de la place de l’église qui est à peu près complètement démoli [2]. La presse consigne que cette localité a été cruellement éprouvée par les secousses. Une trentaine de personnes ont été blessées mais aucune ne l’a été grièvement. Neuf maisons furent démolies et six autres crevassées. Quarante personnes se trouvèrent ainsi sans logement, pour la circonstance le presbytère fut transformé en hôpital. L’église et l’école furent très endommagées [5].

Dans un devis de travaux a effectué, on relève les dégâts suivants : L’église a été lézardée, le plafond de la sacristie et la toiture de l’église ont été endommagés. Un mur en pierre sèche qui soutenait la place de l’église s’est en partie éboulé [6]. Dans le presbytère, il a fallu remplacer trois poutres endommagées, reconstruire le faux plancher et les cloisons. Au niveau de la toiture il a été nécessaire de remplacer les poutres endommagées et les tuiles brisées [6].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
La proportion de bâtiments touchés est importante (environ 30%). Les dégâts restent conséquents pour ce hameau qui regroupe d’après le cadastre de l’époque, environ une soixantaine de constructions, on peut donc envisager une classification de dégâts structuraux importants de degré 3 à 5 avec comme intensité VII à VIII. La nature du sol semble être responsable de l’ampleur de ces dégâts. Le hameau est édifié sur des brèches de failles, le sol n’est pas stable.

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Hameau du Cros d’Utelle
Il est situé sur un versant dominé et dépend du village d’Utelle.
(Photos : André Laurenti)

LE REVESTON (hameau d’Utelle)

Latitude : 43° 54’ 37" Nord - Longitude : 07° 11’ 58" Est
Cadastre Napoléonien
Section S3 le Reveston
Section S2 Reveston

Les effets

L’église paroissiale du hameau a beaucoup souffert d’un affaissement du sol sur lequel reposaient ses fondations. L’exercice du culte a dû être interdit provisoirement. Trois maisons d’habitation dont deux appartenant au sieur Baylon Frédéric et l’autre à Maurel Antoine sont complètement inhabitables et même certaines parties menacent ruine. La maison d’école et le presbytère n’ont presque pas souffert [2]. Un devis des travaux établi le 28 mars 1887 propose une consolidation de l’église du hameau fortement ébranlée par la pose de chaînage avec tirants, la construction d’un contrefort pour consolider le mur de derrière l’église en mauvais état. Réparation de la toiture en remplaçant les tuiles brisées et les poutres endommagées [7].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
La proportion de dommages de degré 4 sur ce hameau est élevée, on peut envisager une classification de dégâts modérés et des dégâts structuraux importants de degré 3 à 4 avec comme intensité VII

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Le hameau du Reveston
Situé sur un replat, il dépend de la commune d’Utelle.
(Photos : André Laurenti)

LANTOSQUE

Superficie : 4 476 ha - Alt. : 512 m
Latitude : 43° 58’ 28" Nord - Longitude : 07° 18’ 47" Est
Population : 2 145 habitants en 1877 - 1 019 habitants en 1999
Etat des logements en 1999 : 1 105 dont 469 principaux – 490 secondaires – 146 vacants - avant 1949 nb. 298

Cadastre Napoléonien
Section E le village

Les effets

Selon la presse, les dégâts ont été purement matériels, ils se bornèrent à quelques cheminées renversées et quelques toits emportés. Dans le village les hommes valides se regroupèrent pour partir porter secours au village voisin de la Bollène Vésubie sous la conduite de la gendarmerie et du conducteur de ponts et chaussée M. Mangiapan. Dans un rapport on obtient un peu plus de précision sur cette commune. Les dégâts occasionnés au village de Lantosque, ainsi qu’aux hameaux qui dépendent de cette commune, sont d’une importance relativement médiocres. Les habitants ont pu, le moment de panique passé, regagner leurs domiciles qui ont un peu souffert, il est vrai, mais n’en sont pas moins habitables, et offrent encore des garanties suffisantes de solidité. Nous devons cependant exclure dans le village, les maisons suivantes appartenant l’une à Monsieur Passeron Constantin, et l’autre à Madame veuve Dalloni Catherine qui ont eu, la première la toiture démolie et la seconde les murs entièrement lézardés. Ces deux maisons ont été évacuées. Les établissements publics ont été peu éprouvés. L’église paroissiale n’a eu aucun dommage important. Les murs du presbytère et de la maison d’école, bien qu’assez fortement ébranlés, sont encore dans de bonnes conditions de stabilité et les logements seront facilement réparés. La chapelle des pénitents blancs seule, se trouve dans un état de dégradation très avancé. Par ailleurs, le clocher de l’église paroissiale du hameau de Pélasque a été fortement ébranlé. Nous avons prescrit aux habitants d’en démolir immédiatement la partie supérieure, ce qui écarterait toute crainte de danger pour les maisons voisines. En résumé nous n’avons aucune famille sans abri : la circulation des habitants est entièrement garantie et tous les services publics sont assurés [2].

Remarques
Cette commune regroupe les hameaux de Loda, Pélasque, les Clapières, la Vilette, Saint-Georges et Saint-Colomban.

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
On peut envisager une classification de dégâts négligeables à modérés de degré 1 à 2. Les dégâts sont plus que suffisants pour justifier une intensité de VI. On peut envisager pour justifier les « quelques toits emportés » une intensité de VI – VII .

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Village de Lantosque
Lantosque est situé sur un replat à 512 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

ROQUEBILLIERE

Superficie : 2 592 ha - Alt. : 604 m
Latitude : 44° 00’ 43 Nord - Longitude : 07° 18’ 27 Est
Population : habitants en 1877 – 1 467 habitants en 1999
Etat des logements en 1999 : 1 111 dont 599 principaux – 341 secondaires – 171 vacants – avant 1949 nb. 273

Cadastre Napoléonien
SectionC la ville

Les effets

La population terrifiée, affolée était rapidement sur pied, courant éperdue, emportant enfants tirés du berceau et à la hâte roulés dans un linge quelconque. Il n’y a pas eu de dégât car selon la presse les ondulations venant de l’Est à l’ouest ont pris les maisons du village par les angles exposés [8].

Remarque
Cette commune à la particularité d’être composée de deux villages. Le vieux et le nouveau. Le nouveau village situé sur le plateau du Cros (rive droite de la Vésubie) a été construit en 1930 à la suite d’un glissement de terrain meurtrier qui détruisit partiellement le vieux village le 24 novembre 1926, causant la mort de 28 personnes. Cette catastrophe est survenue après un mois d’octobre et de novembre exceptionnellement pluvieux. Par conséquent, lors du séisme Ligure de 1887 il n’y avait que l’ancien village qui était relativement important selon le cadastre Napoléonien.

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
En fonction des intensités de cette vallée, on peut supposer une valeur de V même si le récit précise qu’il n’y a pas eu de dégât.

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Village de Roquebillière
Ancien village de Roquebillière situé en fond de vallée à 604 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

LA BOLLENE VESUBIE

Superficie : 3 557 ha - Alt. : 700 m
Latitude : 43° 59’ 26" Nord - Longitude : 07° 19’ 54" Est
Population : 741 habitants en 1877 - 413 habitants en 1999 _Etat des logements en 1999 : 578 dont 186 principaux – 364 secondaires – 28 vacants - avant 1949 nb. 95

Cadastre Napoléonien
Section C4 le village

Les effets

La première secousse a été d’une intensité inouïe. Trente-cinq à quarante maisons s’écroulèrent, d’autres se trouvèrent inhabitables ou plus ou moins lézardées. L’église et le clocher fortement endommagés, menacèrent ruine. Le curé officie sous les arcades de la seule maison intacte ; la mairie. La Bollène pleure deux des siens : M. Baylon Louis et Cornillon Joseph. La femme de ce dernier a eu une jambe fracturée et ses deux fils ont été légèrement contusionnés. On déplora par ailleurs, d’autres blessés mais sans gravité. Dès que la nouvelle fut connue, les habitants de Lantosque arrivèrent en masse. Avec la douane de la localité ils travaillèrent activement pour retirer les victimes. D’autres gens arrivèrent de Belvédère, de Roquebillière et même de Saint-Martin Vésubie. La population dans une extrême misère, campe à l’extérieur du village. Les malades et les blessés ont été provisoirement installés dans l’école des garçons [9]. Dans le registre des délibérations de la commune du 21 mars 1887, M. Gayraud donne des détails intéressants sur le séisme. Il indique que le tremblement de terre a sectionné le village en deux : une partie épargnée et l’autre fortement endommagée. Le nombre de maisons écroulées est de 35 environ, celui des lézardées et fortement ébranlées de 75 environ [10].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
Sur un ensemble de 285 constructions environ, plus de 12% des constructions se sont écroulées, et plus de 26% se sont lézardées et fortement ébranlées. En fonction des proportions, on peut retenir de nombreux dégâts de degré 4 et quelques uns de degré 5, ce qui justifie une intensité de VIII.

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Village de la Bollène Vésubie
Il est situé sur un replat à 700 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

BELVEDERE

Superficie : 7 541 ha - Alt. : 830 m
Latitude : 44° 00’ 56 Nord - Longitude : 07° 19’ 18 Est
Population : 1 198 habitants en 1877 - 495 habitants en 1999
Etat des logements en 1999 : 1 096 dont 276 principaux – 703 secondaires – 117 vacants - avant 1949 nb.167

Cadastre Napoléonien
SectionC2 village

Les effets

La population a été éveillée par une violente secousse d’une durée d’environ dix à quinze secondes. Les oscillations allaient de l’est à l’ouest. Quelques meubles ont été renversés ou brisés et plusieurs murailles lézardées (08). En même temps plusieurs chapeaux de cheminées furent jetés à terre. L’église seule a été endommagée, on y remarque plusieurs crevasses dans tous les sens. A l’intérieur, le sol est jonché de plâtras tombés en quantité de la voûte. Une heure plus tard l’église aurait été comble à cause de la messe des cendres. En attendant l’office est célébré dans la chapelle de Tine [11]. Par ailleurs le campanile dont les cloches se mirent à tinter pendant la commotion, fut fortement ébranlé et menace ruine. plusieurs familles ont quitté leurs habitations pour aller s’installer en plein air sur la place de la Court, où elles ont passé la nuit entière autour d’un grand feu [12].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
Les dégâts annoncés sont plus que suffisants pour justifier une intensité de VI On peut envisager une classification de dégâts négligeables à modérés de degré 1 à 2, exceptionnellement 3 avec comme intensité VI – VII

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Village de Belvédère
Village perché de Belvédère situé sur un replat à 830 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

SAINT-MARTIN DE LANTOSQUE (Saint-Martin Vésubie)

Superficie : 9 713 ha - Alt. : 960 m
Latitude : 44° 04’ 09" Nord - Longitude : 07° 15’ 24" Est
Population : 2 004 habitants en 1877 – 1 098 habitants en 1999
Etat des logements en 1999 : 1 872 dont 516 principaux – 1 108 secondaires – 248 vacants. - avant 1949 nb. 263

Cadastre Napoléonien
Section C le village

Les effets

Quelques cheminées ont été renversées et des murs lézardés mais les dégâts demeurent insignifiants [11]. Les oscillations furent de prime abord du nord au sud puis de l’est à l’ouest. La secousse de 6 h a été suivie par huit autres au cours de la journée. Là aussi, les habitants se proposent de passer la nuit en pleine campagne [5]. Deux ou trois maisons seulement témoignent du terrible phénomène par quelques légères fissures qui ne méritent à peine mention. L’église n’a quelques lézardes à la fausse voûte construite en planches et seul un des piliers soutenant la grande nef, a quelques points décrépis, ce qui ne compromet a rien la solidité de l’édifice. En somme tous les dégâts se résument à l’écroulement de quelques cheminées [9]. Après vérifications faites toutes les maisons ne sont pas lézardées. Quelques maisons ont reçu des crevasses particulièrement le presbytère et quelques autres masures vétustes et c’est vraiment miracle qu’elles soient encore debout...ce qui prouve bien que Saint-Martin est solidement assis sur un sol résistant [13].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
Les dégâts sont suffisants pour justifier une intensité de VI, et pas assez pour une intensité supérieure. On peut donc supposer une classification de dégâts légers à modérés de degré 1 à 2 avec comme intensité VI.

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Village de Saint-Martin Vésubie
Il est situé en fond de vallée à 960 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

VENANSON :

Superficie : 1 798 ha - Alt. : 1 164 m
Latitude : 44° 03’ 14" Nord - Longitude : 07° 15’ 14" Est
Population : 245 habitants en 1877 - 123 habitants en 1999
Etat des logements en 1999 : 279 dont 60 principaux – 195 secondaires – 24 vacants - avant 1949 nb. 44

Cadastre Napoléonien
Section A3 village
Section A2 village

Les effets

Les dégâts furent insignifiants [11].

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98

Classe de vulnérabilité A
Dans cette information très limité, on ne trouve aucune indication suffisante sur les proportions. On sait qu’il y a eu des dégâts légers qu’on peut supposer de degré 1 On peut envisager une intensité de V.

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Village de Venanson
Il est situé sur un replat à 1164 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

Source documentaire

- Levret Agnès Grunthal G : Cahier du Centre Européen de Géodynamique et de Séismologie – volume 19 – l’Échelle Macrosismique Européenne – année 2001

- Sous Préfecture : situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies (Arch. Dép. des A.M.)

- Recensement par commune de l’année 1877 – INSEE Marseille

- Recensement de la population de l’année 1999 - http://www.recensement.insee.fr


[1] Garino Pierre-Robert : « Roccasparviera-Duranus ». pp. 123 et 124

[2] Rapport sur les dégâts causés aux communes de Lantosque en date du 1er mars 1887 (dossier 1M988 Arch. Dép des A.M.)

[3] Devis des travaux à exécuter à l’église paroissiale d’Utelle en date du 28 mars 1887 – (E dépôt 51 9M1 - Arch. Dep. Des A. M.)

[4] Devis des réparations à exécuter à la mairie et la maison d’école d’Utelle en date du 26 novembre 1888 – (E dépôt 51 1M2 - Arch. Dep. Des A. M.)

[5] L’Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 25 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.)

[6] Devis des travaux à exécuter à l’église et au presbytère du hameau du Cros d’Utelle en date du 28 mars 1887 – (E dépôt 51 9M5 - Arch. Dep. Des A. M.)

[7] Devis des travaux à exécuter à l’église du hameau du Reveston en date du 28 mars 1887 – (E dépôt 51 9M8 - Arch. Dep. Des A. M.)

[8] L’Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 26 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.)

[9] L’Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 28 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.)

[10] Laurenti André : « les Alpes-Maritimes à l’écoute des séismes »pp. 52 à 54

[11] Rapport de gendarmerie, brigade de St-Martin de Lantosque en date du 26 février 1887. (Dos 1M 16164 à 16172 Arch. Dép des A. M.)

[12] Le Petit Niçois : Extrait du journal du 26 février 1887 (Arch. Dép. Des A.M.)

[13] L’Eclaireur du Littoral : extrait du journal du 02 mars 1887 (Arch. Dép. Des A.M.)


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