Montelimar : séisme du 11 novembre 2019


Un séisme de magnitude de 5.3 MLv, s’est produit le lundi 11 novembre à 10h52 TU soit à 11h52 heure locale dans le département de l’Ardèche en limite avec la Drôme, à une profondeur de 2 km (source Géoazur).
Selon les coordonnées de Géoazur, l’épicentre après révision, a été localisé à 1,5 km au Nord-Est de Saint-Thomé (445 hab.), à 5 km au Sud-Ouest de Le Teil (hab. 8 557) et dans la Drôme, à 9,5 km au Sud-Ouest de Montélimar (hab.38 692).

Suite à cet événement qualifié de fort, le Bureau Central Sismologique Français (BCSF) a lancé un appel à témoignages. 391 témoignages et commentaires ont été réunis sur cette page de Franceseisme

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Séisme de Privas
Localisation de l’épicentre
(Source : Bureau Central Sismologique Français)

EN ATTENDANT LES REPLIQUES
Depuis le choc principal du 11 novembre, peu de répliques ont été détectées. Mais pour l’heure, elles peuvent encore se produire.
Les stations sismiques permanentes étant trop éloignées de l’épicentre, des équipes représentant plusieurs institutions ont déployé plus d’une trentaine de stations temporaires dans la zone épicentrale. Un dispositif qui permettra de localisé plus finement la faille.
Le 23 novembre, une petite réplique de magnitude 2.1 a été détectée à 23h14 heure locale (source Géoazur).

A LA RECHERCHE DE LA FAILLE
Des géologues ont décidé de sillonner la zone de l’épicentre pour voir si la faille qui a rompu n’a pas fait de marque en surface.
Coup de théâtre deux jours après le séisme, une équipe a fini par découvrir un décalage de type inverse, dans le revêtement d’une route, compatible avec le mouvement de la faille. L’ampleur du décalage de 2 cm reste faible, mais visible et exceptionnel en France.
Selon les spécialistes, cette observation d’une surface de rupture est probablement dû au caractère inhabituellement superficiel du séisme. Un autre décalage plus important de l’ordre de 10 à 12 cm, a été découvert le 15 novembre.

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Rupture de surface
Une rupture en surface probablement dû au caractère superficiel du séisme
(Document : Jeff Ritz, Stéphane Baize, Christophe Larroque, et Matthieu Ferry)

LES MESURES PRISES
Juste après la secousse, la préfecture de l’Ardèche a demandé aux habitants de Le Teil de rester à l’extérieur des habitations. Trois gymnases ont été ouverts afin de les accueillir. Pour environ 200 habitants, ces personnes n’ont pas pu regagner leur domicile le lundi et le mardi 12 novembre au soir.
Tous les établissements ont été fermés mardi 12 novembre. La Nationale 102 qui traverse Le Teil est coupée jusqu’à nouvel ordre.
Le maire de Montélimar a déclenché "une cellule de veille" et a mis "en alerte toutes les astreintes techniques". _Certains sinistrés ont trouvé refuge chez des proches. 91 personnes qui étaient sans solution d’hébergement d’urgence ont été accueillis plus confortablement ce mercredi soir. Ces sinistrés ont été dirigés temporairement dans des hôtels, gîtes, et mobil-homes chauffées dans des campings sur Le Teil, Saint-Jean-le-Centenier, Châteauneuf-du-Rhône et jusqu’à Aubenas et Saint-Marcel-d’Ardèche.
Sur du plus long terme, EDF a mis à disposition cinquante appartements vides près de la centrale nucléaire de Cruas.
En une semaine, d’après la préfecture,1000 bâtiments ont été examinés et il en reste autant. 80% des commerces sont toujours fermés. Depuis le 11 novembre 1100 personnes ont été relogées.

NEUF COMMUNES CLASSÉES EN CATASTROPHE NATURELLE
Quatre communes de la Drôme et cinq de l’Ardèche ont été classées en catastrophe naturelle, il s’agit pour l’Ardèche de Le Teil, Viviers, Alba la Romaine, Saint-Thomé et Rochemaure. Et pour la Drôme, Montélimar, Châteauneuf du Rhône, Montboucher-sur-Jabron et Puygiron.
D’autres communes viendront s’ajouter à la liste. Dans la Drôme : Allan, Ancône, Condillac, Les Tourrettes, Savasse et Saint-Marcel-les-Sauzet ont déposé un dossier. En Ardèche, les communes de Cruas ou Rochemaure ont recensé également des dégâts. Une autre commission examinera ces dossiers courant décembre.

LES EFFETS
Proche de l’épicentre beaucoup de personnes racontent avoir entendus une forte détonation "comme une explosion" au moment du séisme.

Le Teil (Ardèche)
Dans cette commune la plus touchée, trois personnes prises de panique ont été légèrement blessées. Les clochers de deux églises ont été endommagés. 200 à 250 maisons de cette ville ont été touchées, et de nombreuses personnes ont été évacuées et mises en sécurité. Un total de 895 logements et de nombreux édifices publics, soit près d’un quart des quatre mille logements de la ville ont été touchés. Les dégâts vont de simples fissures dans les cloisons jusqu’à des pans entiers de maisons effondrés. Selon les premières estimations, plus de 200 de ces logements sont inhabitables.
Selon le Maire de Le Teil, un étage de la mairie a été condamné.
L’église Notre Dame de l’Assomption édifiée en 1897 est très endommagée. Sa construction a été à l’époque, financée en partie par la famille Lafarge.
Les dégâts sont importants, la flèche du clocher a été fragilisée, des éléments sont désolidarisés et menacent de tomber. Le sommet de la flèche sera déconstruit. A l’intérieur la voûte s’est en grande partie effondrée.

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Effet du séisme
Bâtiment fissuré au Teil
(Source : Radio France - Photo François Breton)
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Eglise Notre Dame de l’Assomption
A l’intérieur la voûte de l’église s’est effondrée
(Source : photos Évêché du Teil)

Les établissements scolaires
La ville compte 13 établissements scolaires, deux lycées, deux collèges, et neuf écoles. Tous ont été fermés pendant au moins une semaine. Le plafond de l’école du centre s’est effondré, il y a des désordres dans tous les établissements scolaires.
Au lycée public Xavier-Mallet qui accueille 750 élèves dont environ 70 internes, les dégâts sont importants. Même chose au collège public, où des fissures importantes sont apparues entre les murs et le plafond du bâtiment de la cantine.
Une semaine après le séisme, les 900 lycéens de Le Teil sont les seuls à ne pas avoir repris les cours. A partir du jeudi 21 novembre, ils seront répartis dans six établissements différents.
Les élèves scolarisés au lycée Xavier Mallet seront répartis dans quatre établissements entre Montelimar et Pierrelatte.
Pour permettre aux élèves de se rendre dans les établissements extérieurs à la commune de Le Teil, la Région a mis en place des bus.
Il est impossible de savoir quand sera ouvert ce lycée Xavier Mallet. Quant au lycée Saint-André, des préfabriqués seront installés pour janvier 2020.

Hameau de Mélas (Ardèche)
Cette localité située près de Le Teil, à 5 km seulement de l’épicentre, une vieille bâtisse s’est effondrée. L’église classée Monument Historique en 1875 a été endommagée.

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Effet du séisme
L’église Saint-Etienne de Melas classée MH en 1875
(Source : Radio France - Photo François Breton)
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Effet du séisme
Une vieille bâtisse partiellement effondrée dans le hameau de Mélas
(Source Radio France - Photo François Breton)

Hameau de la Rouvière (Ardèche)
Dans ce hameau, une dizaine de maisons sont endommagées, des murs effondrés, des toits éventrés. D’autres sont fragilisées, de larges fissures traversent les murs.

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Effet du séisme à la Rouvière
(Source : Radio France - Photo François Breton)

Viviers (Ardèche)
Dans cette commune de 3 720 habitants, le jour du séisme le maire a appelé les administrés dont les maisons sont fissurées de ne pas dormir dans leurs logements, "une vingtaine de personnes" seraient concernées. Plus d’une centaine de maisons ont été endommagées à des degrés divers. Deux se sont effondrées partiellement et six menacent de s’écrouler. Par ailleurs cinquante logements HLM ont été touchés. On peut y habiter, mais des réparations importantes seront nécessaire.
Le centre-ville n’a pas été touché. Des experts ont notamment ausculté la cathédrale qui n’a pas été affectée.

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Effet du séisme à Viviers
Chute de cadre dans un appartement de Viviers
(Photo : Naël Jammal)

Alba la Romaine (Ardèche)
Selon le Maire de la commune, les effets sur les constructions sont faibles quelques légères fissures sans comparaison avec Le Teil.
Il a été observé des agitations d’objets ainsi que l’eau d’une piscine.

Saint-Thomé (Ardèche)
Dans ce village médiéval perché, la voûte de la petite chapelle Saint-Sébastien n’a pas résisté aux secousses, elle s’est écroulée en totalité. Importants dégâts aussi sur l’église Saint-Thomas. Le château datant du XIIe siècle a subi d’importants dégâts, les murs ont été fendus. Huit familles ont été évacuées. Plus de 120 maisons ont été plus ou moins affectées.
Une maison située en bas du village au hameau des Crottes menace de s’effondrer.

Baix (Ardèche)
Dans cette commune située à 24 km au nord-est de l’épicentre, deux maisons se faisant face le long de la RD 86, ont été déclarées par les experts comme bâtiment menaçant péril.

Cruas (Ardèche)
Neuf jours après le séisme, l’expertise de trois immeubles a précipité leur évacuation. avenue Marcel Cachin soit à 18 km au nord-est de l’épicentre. Les pompiers ont pris en charge les dix-huit habitants. Treize ont pu être hébergés par de la famille. En revanche cinq personnes vont passer la nuit à la salle des fêtes de Cruas spécialement ouverte pour ces sinistrés.

Puygiron (Drôme)
L’école du village restera fermée pour cause de dégâts liés au séisme

Montelimar (Drôme)
Il a été signalé 1 blessé grave à Montelimar dans la Drome, par la chute d’un échafaudage. L’école maternelle Nocaze, et l’élémentaire Joliot Curie ont été fermées. Une partie du plafond s’est effondrée dans l’école maternelle et une fissure a été découverte dans l’école primaire. Des expertises sont en cours.
La crèche Saint-Pierre dans le centre ville a été fermée le 14 novembre suite au séisme.
Pour l’heure, 1 026 dossiers de sinistre ont été enregistrés en mairie ces dix derniers jours.

Ressenti en zone éloignée
Un témoignage reçu sur "azurseisme", rapporte que la secousse a été ressentie à Orange où le lustre d’un logement s’est balancé pendant une trentaine de secondes.

Par ailleurs, ce séisme a été ressenti jusqu’à Lyon, Grenoble, Nîmes, St. Etienne, Marseille, Avignon et Montpellier.

CENTRALES NUCLEAIRES
Suite au séisme, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (A.S.N.) s’est mobilisée pour faire le point avec l’ensemble des exploitants ayant des installations nucléaires dans la région.

Les installations concernées sont les réacteurs nucléaires des centrales de Cruas-Meysse et de Tricastin, ainsi que des installations d’Orano situées à Tricastin. Selon les exploitants concernés, aucun dommage n’a été constaté.

Sur le site Orano du Tricastin, certaines installations ont été temporairement arrêtées, sans que cela soit pour des motifs de sûreté.

L’ASN a demandé à EDF de vérifier si les valeurs enregistrées dépassaient les seuils à partir desquels un examen plus poussé des installations, nécessitant l’arrêt des réacteurs, est nécessaire. Ce n’est pas le cas pour la centrale nucléaire du Tricastin, la plus éloignée de l’épicentre du séisme. En revanche, l’un de ces seuils a été atteint sur la centrale de Cruas-Meysse, ce qui a conduit EDF à décider d’arrêter les réacteurs de ce site. L’ASN examinera les conditions dans lesquelles ces réacteurs pourront redémarrer.

La centrale nucléaire du Tricastin située à 24 km au Sud-Est de l’épicentre. "Celle de Cruas-Meysse est la plus proche de l’épicentre, 15 km au nord-est de l’épicentre.
La centrale a été calculée pour résister à une accélération de 0,3 g, or lors du séisme du 11 novembre, il a été mesuré 0,05 g soit 6 fois moins le seuil admissible.

SISMICITE HISTORIQUE
Concernant la commune de Le Teil, la sismicité historique ne donne pas de référence à l’endroit précis du séisme du 11 novembre.
En fonction de cette situation, la commune a été classée en zone sismique modérée de 3 sur 5, selon le zonage entré en vigueur le 1er mai 2011.
Cependant, légèrement plus au sud de Montélimar plusieurs séismes très localisés se sont succèdés pendant un siècle et demi de 1772 à 1936, dont certains ont provoqués quelques dommages.
Des dégâts survenus sur les villages de Tricastin et de Clansayes. Sur place à l’époque un géologue qui évoque dans son journal la trentaine de commotions accompagnées de trépidations et de bruits semblables à une véritable canonnade qui s’enchaîneront jusqu’en décembre 1773 avec des paroxysmes le 23 janvier et le 7 février.

23/01/1773 - Tricastin - Intensité : VII-VIII (MSK) - quelques dégâts à Clansayes
19/07/1873 - Tricastin - Intensité : VII-VIII (MSK) - quelques dommages à Châteauneuf du Rhône
08/08/1873 - Tricastin (Chateauneuf du Rhône) - Intensité : VII-VIII

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Tremblement de terre du Tricastin du 19 juillet 1873
Extrait de l’ouvrage "les tremblements de terre en France" - Jérôme Lambert - Editions BRGM - mars 1997
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Tremblement de terre du Tricastin du 19 juillet 1873
Carte macrosismique
Extrait de l’ouvrage "les tremblements de terre en France" - Jérôme Lambert - Editions BRGM - mars 1997

LIEN UTILE
Premières observations scientifiques et mission de terrain par le :
B.R.G.M.


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