Les séismes du XXe siècle


Crise sismique de mardi 19 décembre 2000

Une crise sismique a tiré de leur sommeil de nombreux habitants de la région niçoise dans la nuit de lundi à mardi. En effet, il était 1h52 heure locale lorsqu’une secousse très brève d’une magnitude 2.8 a été ressentie par de nombreuses personnes. Ce soubresaut a été précédé par six autres événements qui sont passés presque inaperçus, pour la plupart, d’une magnitude de 2.1 à 2.3 et dont la toute première a eu lieu à 1h17. Peu après 1h 52, deux autres secousses ont eu lieu à 2h 03 d’une magnitude 2.0 et à 2h 26 d’une magnitude 2.5. Ces premières ondes ont été principalement perçues dans les localités de Blausasc, de Peille et aussi en Principauté de Monaco.

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Signal du séisme
Il a été enregistré par le service de l’environnement de Monaco

Mais c’est dans l’après-midi du mardi 19 décembre 2000 à 15h20, que la secousse la plus forte a été enregistrée. D’une magnitude plus élevée de l’ordre de 3.5, ce séisme a très légèrement été supérieur à celui du 1er novembre 1999 situé lui aussi dans la même zone. Cet essaim localisé dans les environs du village de Blausasc était de faible profondeur. Après la lecture et l’analyse des relevés de tous les capteurs déployés dans le secteur, il a pu être situé d’une manière précise par les chercheurs de Géosciences Azur. Ce dernier événement a bien été ressenti dans les agglomérations de Blausasc, Peille, Contes, Eze, la Turbie et aussi dans la vallée du Paillon à Drap, la Trinité à Nice, également dans la principauté de Monaco où le standard téléphonique du laboratoire de sismologie a été saturé avec plus de 1000 appels. Le personnel n’a pas pu répondre à tous les appels. Une nouvelle secousse a eu lieu le mercredi 20 à 6h 45, la magnitude était de 3,0.

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Miroir de faille
Celui-ci est situé au dessus du jardin exotique de Monaco
(photo : André Laurenti)

Un précédent dans la région

Une crise comme celle-ci a connu un précédent dans la région puisqu’un essaim sismique a été enregistré d’octobre 1983 à janvier 1984 dans la vallée de la Roya. Ce fut au total une soixantaine de petits séismes qui furent localisés. Les premières secousses de magnitude inférieure à 2.5 se produisirent dans le secteur de Sospel le long du décrochement Monaco-Sospel-Breil. L’activité s’est ensuite déplacée vers Breil et Saorge où deux secousses ont dépassé la magnitude 3. Puis, une période paroxysmique de l’activité s’est produite dans le secteur de Saorge. C’est là que s’est déroulé l’essentiel de l’activité, plus précisément dans la zone de convergence des deux décrochements, celui.de Saorge Taggia et celui de Saorge Sospel.

Identification de la faille responsable

Cette mini crise s’inscrit au cœur d’un réseau qui fut en opération durant deux mois, dans le cadre de la campagne "SALAM" réalisée conjointement par le Centre d’Études Techniques de l’Équipement (C.E.T.E.) et l’UMR. Le déploiement depuis le 16 octobre 2000 d’une vingtaine de stations dans le secteur réduit compris entre Nice, Menton Sospel et Coaraze et dont le but visait à approfondir ensemble les connaissances sur l’aléa régional, a permis une exploitation plus précise des relevés de cette crise mais aussi d’identifier les failles actives de ce secteur. Au moment de la crise des capteurs supplémentaires ont été mis en place dans la zone concernée afin de renforcer ceux déjà existant et d’augmenter les chances d’une localisation précise. Lorsque la crise est survenue Le Centre d’Études Techniques de l’Équipement (C.E.T.E.) a mobilisé l’autre partie de son réseau portable pour le déployer sur la ville de Nice . La plupart des données ont ensuite été traitées et exploitées par l’UMR.


Séisme du lundi 21 août 2000

Une forte secousse s’est produite dans la zone sud-est du Piémont en Italie sur les collines de Montferrato, compris dans un triangle qui a pour sommets les villes d’Asti, d’Alessandria et d’Acqui Terme. Ce séisme a été évalué à VII sur l’échelle d’intensité de Mercalli et à 4.8 de magnitude sur celle de Richter. Il n’y a pas eu de victime mais une bonne centaine d’édifices publics et privés ont été fissurés de façon plus ou moins grave principalement dans les localités de Bruno, Casorzo, Castello di Annone, Solero, Felizzano et Castellazzo Bormida. Des familles ont été évacuées à Calliano, Asti, Nizza Monferrato et Incisa. L’onde de ce tremblement de terre a été ressentie jusque sur la Côte d’Azur. Une centaine d’appels sont parvenus au Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de Secours (C.O.D.I.S.) et dans différents centres de secours. A Nice, ce sont surtout les habitants de Nice Nord et du quartier Saint-Roch qui ont le plus ressenti l’événement, à Monaco se sont ceux du quartier de Fontvieille. A Cagnes-sur-Mer, quelques habitants demeurant dans les niveaux supérieurs des immeubles situés à proximité du cours d’eau le Malvan boulevard Maréchal Juin, ont ressenti la secousse. L’une des personnes a observé un léger balancement d’un halogène servant de décoration et sur lequel une plante en pot était posée. Par ailleurs deux secousses avaient été relevées le matin même à 7h25 et à 7h35 par le Réseau National de Surveillance Sismique (Re.Na.S.S.) avec une magnitude de 2.9 et 2.4 sur l’échelle de Richter.


Lundi 1er novembre 1999

A 18h22 une secousse d’une magnitude 3.3 sur l’échelle de Richter a eu lieu à 11 km au Nord Est de Nice. Le standard du Centre Opérationnel d’Incendie et de Secours (C.O.D.I.S.) a été submergé d’appels provenant des habitants situés sur les collines Nord de Nice, dans le quartier de l’Ariane et jusqu’à Cap d’Ail et Monaco. Mais c’est bien dans la vallée du Paillon entre la Trinité et Blausasc, que l’impact a été le plus fortement perçu par la population. A Drap, sur le chemin Grec au Sud du village, des dizaines de personnes d’un lotissement d’une quinzaine de villas, sont sorties dans la rue. Même situation à la Trinité et à Contes où les habitants de certains secteurs du village ont entendu une double déflagration qui a précédé la secousse. Ce séisme a inquiété aussi les monégasques ou de nombreux appels ont été reçus chez les Sapeurs Pompiers, à la sûreté publique et au palais du gouvernement.

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Paysage de Peille
A gauche, le vallon de la Launa avec le chevauchement du jurassique de la cime du Rastel qui descend vers le village de Peillon, à droite le village de Peille.
(Photos : André Laurenti)

Un séisme intéressant pour les chercheurs

Ce séisme dit de Peille a été très bien entouré et parfaitement enregistré par 20 stations des réseaux sismologiques et accélérométriques locaux dont voici le détail : ReNaSS 5 stations, TGRS 3 stations, RAP 6 stations, 4 stations du CETE Méditerranée installées temporairement dans la ville de Nice ont aussi été utilisées,1 station du laboratoire de Géophysique du C.E.A. (LDG) et enfin 1 station appartenant à la principauté de Monaco. Le réseau pédagogique Aster implanté dans 5 collèges du département a également bien enregistré ce séisme. Le déploiement du Réseau Accélérométrique Permanent (R.A.P.) installé depuis peu sur la ville de Nice, a permis de mesurer l’accélération du sol, ce qui représente une véritable première pour les scientifiques locaux. En effet ce petit séisme est une aubaine pour les spécialistes qui ont pu le localiser assez précisément (2 km d’incertitude) et attribuer cet événement au mouvement d’un segment de faille d’environ 600m de longueur. Il a été localisée à une faible profondeur, deux à quatre kilomètres environ, c’est la raison pour laquelle il a été aussi fortement ressenti. Le jeu de cette faille a eu lieu dans une direction et un sens compatible avec le mouvement décrochant sénestre de la faille Peille Laghet que l’on peut d’ailleurs voir en surface sur le terrain. La rupture sur le plan de faille a duré 0,1 seconde. Ces données extrêmement précieuses permettront de simuler les effets d’un tremblement de terre d’une magnitude 5 en zone urbaine. Les chercheurs espèrent à terme pouvoir obtenir plus amples informations sur la structure interne de sol.


Jeudi 26 juin 1997

A 06 h 08 GMT soit à 8 h 08 heure locale, une secousse d’une magnitude 3.8 s’est produite dans la partie moyenne de la vallée de la Vésubie, le bas de la Tinée et dans la Bévéra. A Lantosque, Clans, la Bollène-Vésubie, Roquebillière, le Moulinet et Sospel, le réveil a été brutal. Un peu partout la secousse a provoqué quelques mouvements de panique. Aucun dégât n’a été signalé dans la zone épicentrale. Celle-ci semblait se situer entre la Bollène et Lantosque. Comme pour la secousse de 1995, les habitants de la Bollène Vésubie évoquèrent le bruit d’une explosion précédent la secousse. Par ailleurs, à Pont de Clans, Villars, St-Martin-Vésubie ou même au Col de Turini, la plupart des gens n’ont rien remarqué.


Vendredi 21 avril 1995

Voir la page consacrée au séisme du 21 avril 1995.


Dimanche 15 avril 1990

A 7 h 50 GMT soit à 9 h 50 heure locale, une secousse tellurique d’une magnitude 4.2 fait à nouveau frissonner la Côte d’Azur. L’épicentre se situait en mer à environ 20 km au large de San Remo [1].

Sources documentaires

1 - Nice-Matin du mardi 17 avril 1990 "légère secousse tellurique de Nice à Menton" 2 - Réseau National Sismique de Strasbourg


Mardi 26 décembre 1989

A 19 h 59 GMT soit à 20 h 59 heure locale une secousse tellurique d’une magnitude de 4.5 sur l’échelle de Richter fut ressentie sur tout le littoral jusqu’à Marseille. L’épicentre a été localisé à 25 km au sud de Monaco. Aucun dégât ne fut déploré [1].
Voir la page consacrée au séisme du 26 décembre 1989


[1] Nice-Matin du jeudi 28 décembre 1989 "Les leçons d’une secousse" édition Antibes-Cagnes-Vence


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