Effets sur la vallée de la Tinée


La vallée de la Tinée
La Tinée tout comme la Vésubie est l’un des principaux affluent du fleuve Var. Cette rivière longue de 65 km prend sa source en dessous la cime des trois Serrières à 2 700 m au célèbre col de la Bonette. La vallée est relativement étroite jusqu’au village d’Isola. Hormis trois communes carrefour (Saint-Sauveur-sur-Tinée, Isola et Saint-Etienne), établies en fond de vallée, les villages se sont développés sur les crêtes ou bien sur les versants des montagnes. La vallée considérée comme étant le haut pays, débute à environ 190 m d’altitude depuis les gorges de la Mescla, pour atteindre progressivement le niveau 1 145 m à Saint-Etienne de Tinée. Elle se poursuit ensuite en milieu alpin et vient encore abriter la commune de Saint-Dalmas le Selvage et ses hameaux de Pra et de Bousieyas 1 960 m d’altitude, la plus haute localité du département des Alpes-Maritimes. A partir d’Isola village, la vallée en forme d’auge, s’ouvre lentement jusqu’à Saint-Etienne de Tinée avant de se diviser au pied du massif alpin.
Cette vallée se caractérise aussi par un important glissement de terrain en cours appelé la Clapière. D’un volume de 50 millions de m3, elle est située en rive gauche, à peine en aval de Saint-Etienne de Tinée. La Clapière qui s’étend sur 600 m de dénivelé, constitue le glissement le plus rapide d’Europe sa vitesse est montée à 10 cm par jour en septembre 1987 et à 20 cm en septembre 1994. Ce mouvement est ancien car déjà vers 1711, un éboulement important est venu carrément obstruer le cours de la Tinée qui s’est mise aussitôt en charge inondant les terres.

JPEG - 103.9 ko
Glissement de la Clapière
Le mouvement le plus important d’Europe avec un volume de 50 millions de m3
(Photo : 30 juin 2020 par André Laurenti)

L’habitat de la vallée
Dans la partie inférieure de la vallée de la Tinée, on remarque que l’habitat traditionnel s’organisait avec une maison principale au village et une grange ou ferme-bergerie isolées à l’extérieur.
Au niveau des constructions, les toitures diffèrent selon l’altitude. Jusqu’à Saint-Sauveur-sur-Tinée la tuile ronde moulée sur une forme de bois demeure omniprésente. Au delà, on distingue une couverture végétale autrefois en chaume de seigle, puis en raison du risque d’incendie, en bardeau de mélèze. La lauze de schiste a fait aussi une large utilisation dans toute la partie centrale de la vallée.

JPEG - 195 ko
Construction rurale
Ferme-bergerie isolée caractéristique de la haute vallée de la Tinée
(Photo : André Laurenti)

SEISME LIGURE DU 23 FEVRIER 1887

Lors du tremblement de terre, malgré l’éloignement de l’épicentre, c’est le village de Clans qui a le plus souffert en raison probablement de la nature du sol. Clans a déjà connu d’importants dégâts lors du séisme "nissart" de 1564".
Sur la commune de Marie ce sont surtout les maisons de campagne du quartier d’Ullion relativement vulnérables qui ont le plus souffert.
Il est à noter que dans cette vallée, le bâti isolé comporte pour la plupart, un séchoir ouvert constitué de larges ouvertures triangulaires ou en trapèze. La vulnérabilité de ce type de construction par l’équilibre précaire des séchoirs face aux sollicitations sismiques est par conséquent plus importante que celle des maisons de village davantage entretenues et surtout regroupées.

Localité Altitude Nb hab.1887 Morts Blessés Intensité (MCS) INGV Intensité (MSK) Sisfrance Intensité (EMS98) A. Laurenti
La Tour-sur-Tinée 680 m 570 0 0 ND VII VII
Roussillon (hameau de la Tour) 350 m 212 0 0 ND ND VII-VIII
Tournefort 550 m 181 0 0 ND ND VII
Bairols 830 m 229 0 0 ND VII VI
Clans 641 m 702 0 oui VII VIII VII-VIII
Marie 630 m 225 0 0 ND ND VI-VII
Ullion (quartier de Marie) 1 200 m NC 0 0 ND ND VII-VIII
Ilonse 1250 m 377 0 0 ND VIII IV
Erogne (quartier d’Ilonse) 560 m 16 0 2 ND ND VII-VIII
Rimplas 1 000 m 193 0 0 ND ND VI
La Bolline (hameau de St-Dalmas) 1 000 m NC 0 0 ND ND VI-VII
La Roche (hameau de St. Dalmas) 1 120 m NC 0 0 ND ND IV
Saint-Dalmas Valdeblore 1 300 m 805 0 0 ND ND V
Saint-Sauveur-sur-Tinée 500 m 754 0 0 VI VII VI
Roure 1 160 m 504 0 0 ND ND IV
Roubion 1 336 m 453 0 0 ND ND VII
Isola 870 m 1089 0 0 ND ND VII
Saint-Etienne de Tinée 1 142 m 1 966 0 0 VI-VII V-VI VI
Roya (hameau de St-Etienne) 1 500 m NC 0 0 ND ND V
Saint-Dalmas le Selvage 1 476 m 310 0 0 VI ND VI-VII

Légende du tableau :
NC : Non Connu - ND : Non Défini
Echelle d’intensité : MCS : Mercalli, Cancani et Sieberg – MSK : Medvedev, Sponheur et Karnik – EMS 98 : European Macroseismic Scale 1998


Détails par commune

LA TOUR-SUR-TINEE
Superficie : 3 670 ha - Alt. : 680 m
Latitude : 43° 56’ 52" Nord - Longitude : 07° 11’ 06" Est
Population : 811 habitants en 1886 - 567 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section E2DEV le village

Les effets

La Tour classé monument historique, représente le premier village que l’on rencontre en remontant la vallée de la Tinée.
Ici dira-t-on, "l’émotion fut grande, jamais de mémoire d’homme on n’avait senti de pareilles oscillations". Les pendules et réveils s’arrêtèrent à 6 h 05. "Dans le lit qu’on a quitté à la hâte, on semblait embarquer sur un frêle esquif" révélera le correspondant local du journal le "Petit Niçois". Partout des cheminées furent renversées, celle de l’école a été complètement rasée. Des vieux murs se lézardèrent ou s’entrouvrirent, la toiture d’une maison s’effondra littéralement, il en fut de même pour celle de quelques granges. Les arcades des nefs latérales de l’église se sont disjointes des murailles. A l’intérieur, un morceau de plafond de la voûte tomba juste à côté d’un bénitier [1].
Des effets similaires à l’église se produisirent à la chapelle de la Confrérie et dans les angles de toutes les pièces d’habitation, complétera le Phare du Littoral. Beaucoup de plafonds se détachèrent et plusieurs toitures se s’effondrèrent, tout a été violemment ébranlé [2].

Parmi les effets environnementaux, la presse écrit : "d’énormes rochers se détachèrent du château et des montagnes situées en face du village, roulant avec fracas dans le lit des vallons" [3].

Selon un bilan établi par la Sous-Préfecture, les édifices publics et toutes les maisons ont plus ou moins souffert, quelques maisons se sont écroulées et d’autres menacèrent ruine [4].
Un autre document administratif dressant un inventaire des pertes occasionnées par commune, laisse apparaître pour La Tour, soixante sept perdants, quatre maisons détruites et quatre autres partiellement démolies [5].

La Mairie, l’école, le presbytère et l’église subirent quelques dégâts. Selon la répartition de l’emprunt départemental pour la réparation ou la reconstruction des édifices publics, il a été attribuée la somme de 825 fr. destinée aux :
- réparations de la maison commune 200 fr
- réparations de l’église et du presbytère 250 fr
- réparations aux murs de soutènement du cimetière 125 fr
- réparations de l’église et du presbytère du hameau de Roussillon 250 fr [6]  [7].

JPEG - 129.7 ko
Village de la Tour-sur-Tinée
Il est situé sur une crête dominante à 680 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)

ROUSSILLON (hameau de la Tour-sur-Tinée
Alt. : 350 m
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section G3 Roussillon
Section G4 Roussilon

Les effets

La presse ne nous apprend pas grand chose sur ce hameau de la Tour-sur-Tinée si ce n’est la déclaration d’un facteur aux habitants du chef-lieu de commune. Celui-ci indiqua que "les dégâts matériels furent beaucoup plus considérables à Roussillon et que quelques maisons s’effondrèrent complètement" [1].
Dans un document émanant de la sous-préfecture, on apprend que plusieurs vieilles maisons se sont écroulées et que partout les murs ont été lézardés. L’église quant à elle, a peu souffert [8].

JPEG - 273.8 ko
Hameau de Roussillon
Hameau dominant la vallée de la Tinée.
(Photo : André Laurenti)

TOURNEFORT
Superficie : 1 013 ha - Alt. : 550 m
Latitude : 43°56’51’’ Nord - Longitude : 07°09’06’’ Est
Population :181 habitants en 1886 - 167 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section B2DEV le village0

Les effets

En 1887 Tournefort se situait à l’emplacement de l’ancien village dont on peut deviner encore les ruines aujourd’hui. Il était situé sur un piton rocheux. Plus tard, probablement pour se rapprocher des axes de communication et pour pallier à une mauvaise desserte en eau, les habitants abandonnèrent le site pour aller s’installer en bordure de la voie passagère reliant le village de Villars-sur-Var à Pont de Clans.
Lors du séisme plusieurs maisons ont été lézardées et quelques plafonds ont été endommagés [9].

La presse rapportera que "plusieurs personnes n’ont pas hésité malgré le froid, à sauter du lit pour aller chercher refuge dans la rue pendant qu’on entendait comme un roulement sourd d’un tonnerre éloigné courant en direction du nord-ouest" [10].
Les dégâts ne furent pas très importants, il convient cependant de signaler la chute partielle des plafonds d’une maisons qui a failli blesser les propriétaires, mais aussi la cheminée d’une autre habitation et l’apparition de lézardes sur plusieurs bâtiments ainsi que sur la voûte de l’église [11].

Un document administratif dressant un inventaire des pertes occasionnées par commune, laisse apparaître 29 perdants, deux maisons détruites, et deux autres partiellement démolies [12].
Un document des Archives Départementales donne les détails suivants : 25 maisons endommagées, 3 détruites partiellement et 1 détruite en totalité.

Selon la répartition de l’emprunt départemental pour la réparation ou la reconstruction des édifices publics, il a été attribuée la somme de 370 fr destinée à la réparation de la chapelle St. Roch [13] [14]

Remarque
D’après ces descriptions et contrairement à des informations contemporaines qui avancent l’abandon du site à cause du séisme, ce village n’a pas subi des dégâts importants qui auraient justifié le départ de la population.

JPEG - 70.7 ko
Ancien village de Tournefort
Les ruines du village de Tournefort, l’église et le cimetière sont encore entretenus.
(Photos : André Laurenti)
JPEG - 79 ko
Village actuel de Tournefort
Au nouveau village de Tournefort , correspond un habitat diffus situé sur un ensellement à 550 m d’altitude.
(Photos : André Laurenti)

BAIROLS
Superficie : 1 524 ha - Alt. : 830 m
Latitude : 43° 58’ 57" Nord – Longitude : 07° 07’ 41" Est
Population : 229 habitants en 1886 - 105 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section D3 le village

Les effets

Dominé par la silhouette tutélaire de la pointe des Quatre-Cantons, ce véritable nid d’aigle fièrement accroché à sa crête rocheuse n’a eu que quelques maisons et l’église lézardées, des cloisons et des cheminées ont été endommagées [15].
Selon la répartition de l’emprunt départemental pour la réparation ou la reconstruction des édifices publics, il a été attribuée la somme de 700 fr. pour réparer l’église et le presbytère Le Petit Niçois du 23 août 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes Le Petit Niçois du 14 novembre 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

JPEG - 226.6 ko
Village de Bairols
Il est situé sur une crête dominante à 830 m d’altitude surplombant de haut la vallée de la Tinée.
(Photo : André Laurenti)

CLANS
Voir la page spéciale


MARIE
Superficie : 1 477 ha – Alt. : 630 m
Latitude : 44° 03’ 33 Nord – Longitude : 7° 13’ 33 Est
Population : 225 habitants en 1886 - 105 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section D2 le village

Les effets

Les vibrations ont été suffisamment fortes pour abattre des cheminées, faire écrouler des plafonds, arrêter les pendules. Les craquements des poutres et des cloisons étaient si forts, les chocs des meubles, des vaisselles, des bouteilles, si violents qu’un instant on s’est cru perdu [16].
Les habitants n’osent plus coucher dans leurs maisons plus ou moins endommagées, le logement de l’instituteur a été particulièrement endommagé [17]. Dans le dossier des archives départementales, on apprend que la maison d’école a été fortement ébranlée, les cloisons et les plafonds ont assez soufferts, il est mentionné également qu’une maison menace de s’écrouler [18].

JPEG - 174.1 ko
Village de Marie
Il est situé sur une crête dominante à 630 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

Dans le quartier d’Ullion situé à 3 km à l’est du village à 1200 m d’altitude, huit maisons de campagne se sont effondrées. Un coteau fut ouvert du nord au sud, par une large et profonde crevasse. Un peu partout des rochers dégringolèrent de la montagne [19].

JPEG - 199.6 ko
Hameau de Ullion
Huit maisons se sont effondrées dans cette extension alpestre de Marie située à 1 200 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

ILONSE
Superficie : 4 059 ha - Alt. : 1 250 m
Latitude : 44° 01’ 59" Nord – Longitude : 07° 06’ 01" Est
Population : 377 habitants en 1886 - 193 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section E le village

Les effets

Cette communauté groupée sur le flanc méridional d’un piton et dominé par son église, a été elle aussi épargnée. Les habitants ont perçu un bruit sourd qui a accompagné la secousse dont la durée a été estimée entre 25 et 30 secondes environ [20].
On déplora toutefois deux blessés à la maison de campagne de Monsieur Jean Brès située au quartier "l’Espagnole". Une partie du plancher de la chambre s’effondra dans le cellier. Le propriétaire eut le bras fracturé et sa femme deux côtes enfoncées. Les victimes furent soignées par le docteur Thaon [21].

Remarque
Le quartier "l’Espagole" n’existe pas, le recensement de 1886 donne la répartition suivante des habitants de cette commune : Ilonse village 58 maisons 290 habitants, Abélière 15 maisons 53 habitants, le Pous 5 maisons 18 habitants, Erogne 2 maisons 16 habitants.
Parmi ces quartiers Erogne (Irougne actuellement) paraît la plus proche de la dénomination "Espagnole", situé en bordure de la voie d’accès au village, il pourrait s’agir de celui-ci.

JPEG - 131.6 ko
Village d’Ilonse
Il est situé sur une crête dominante à 1 250 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

RIMPLAS
Superficie : 2 495 ha - Alt. : 1 000 m
Latitude : 44° 03’ 52" Nord – Longitude : 07° 07’ 51" Est
Population : 193 habitants en 1886 - 91 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section B4 le village

Les effets

De fortes lézardes se produisirent à la maison "curiale", on déplora également la chute de quelques cheminée, mais les pertes furent insignifiantes [22].
On apprend dans un dossier des archives départementales que onze maisons ont été endommagées [23]. Selon la répartition de l’emprunt départemental pour la réparation ou la reconstruction des édifices publics, il a été attribuée la somme de 135 fr destinée aux réparations du presbytère [24] [25].

JPEG - 220.3 ko
Village de Rimplas
Il est situé sur un ensellement à 1 000 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

LE VALDEBLORE
Superficie : 9 416 ha - Alt. : 1 050 m
Latitude : 44° 04’ 19" Nord – Longitude : 07° 10’ 19" Est
Population : 805 habitants en 1886 - 853 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section B1 la Bolline
Section D4 la Roche
Section F4 Saint-Dalmas

Les effets

Le bilan établi par la Sous Préfecture, fait état seulement de dégâts au hameau de la Bolline. Dans cette localité plusieurs maisons auraient été gravement lézardées ainsi que la chapelle [26]. Selon le procès-verbal de gendarmerie, les dégâts furent minimes au village de Saint-Dalmas Valdeblore.

Le Phare du Littoral confirme que c’est bien la Bolline qui a le plus souffert. Dans cette localité plusieurs maisons ont été lézardées, des cheminées sont tombées. La chapelle a eu la moitié de la voûte effondrée, l’église paroissiale a été partagée en deux par une lézarde assez profonde. En revanche, on ne déplore à la Roche et à Saint-Dalmas Valdeblore, aucun dégât [27]

JPEG - 218.3 ko
Hameau de la Bolline
Les effets du séisme se sont davantage portés sur ce hameau que la Roche et Saint-Dalmas
(Photo : André Laurenti)

Remarques
Le Valdeblore est composé de trois hameaux : la Bolline, la Roche et Saint-Dalmas Ces trois paroisses sont réunies depuis 1699.
Le Valdeblore fut amputée d’une grosse partie de son territoire. En effet, de 1860 à 1947 le hameau de Molières situé dans une vallée parallèle au nord, fut annexé à la commune italienne de Vinadio. Après la dernière guerre le hameau de Molières est redevenu français.
Plus tard cette vallée tournée vers le tourisme d’été et les sports d’hiver, la station de la Colmiane a vu le jour en 1931 tout en haut au du col Saint-Martin (1 500 m). Point de vu architectural, on y distingue quelques hautes maisons de type alpin, balcons de bois, quelques toits en lauze ou en bardeaux

JPEG - 231.4 ko
Village de Saint-Dalmas Valdeblore
Saint-Dalmas est situé en fond de vallée à 1 300 m d’altitude
(Photo : André Laurenti)

SAINT-SAUVEUR-SUR-TINEE
Superficie : 3 165 ha - Alt. : 500 m
Latitude : 44° 05’ 05" Nord – Longitude : 07° 06’ 20" Est
Population : 754 habitants en 1886 - 308 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section B2 Saint-Sauveur

Les effets

Aucun accident de personne ne fut signalé. Seul un moment de frayeur et de stupéfaction s’empara des habitants lorsqu’ils entendirent les bruits des lauzes qui descendaient, les cheminées qui s’écroulaient, et des éboulements qui se produisaient dans les montagnes environnantes [1] [2].

JPEG - 288.1 ko
Village de Saint-Sauveur-sur-Tinée
Saint-Sauveur-sur-Tinée est situé en fond de vallée de la Tinée à 500 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)

ROURE
Superficie : 4 000 ha - Alt. : 1 160 m
Latitude : 44° 05’ 28" Nord – Longitude : 07° 05’ 20" Est
Population : 504 habitants en 1886 - 173 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section K1DEV le village

Les effets

Le village de Roure surplombe en amphithéâtre les vallées de la Tinée et de la Vionène. Orienté plein sud, il bénéficie d’un climat attractif et il est protégé des vents dominants.
Lors du tremblement de terre, des oscillations se sont produites du sud au nord provoquant une panique passagère chez les habitants [2].

Aucun dommage particulier ne fut signalé [28].

JPEG - 249.6 ko
Village de Roure
Roure est situé sur un versant à 1 160 m d’altitude, en rive droite de la Tinée.
(Photo : André Laurenti)

ROUBION
Superficie : 2 726 ha - Alt. : 1 336 m
Latitude : 44° 05’ 37 Nord – Longitude : 07° 03’ 04 Est
Population : 453 habitants en 1886 - 121 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section A3 Vignols
Section D2 le Village

Les effets

Le presbytère a été fortement lézardé, le plafond s’écroula en grande partie, la voûte de l’église fut crevassée et la sacristie menaça ruine. Dans le village trois maisons furent gravement endommagées et le Maire ordonna la démolition de deux autres habitations [29].

Dans un dossier des archives départementales, il a été noté pour cette commune trois maisons en partie effondrées, l’église, le presbytère et la maison curiale ont été lézardées, il est également mentionné qu’un bloc de 10 000 kg a été mis en mouvement et reste suspendu entre deux rochers à 40 m de hauteur et à 200 m au dessus du village [30].

Remarque
Cette commune regroupe également le hameau de Vignols dont on ne dispose pas d’information.

JPEG - 300.7 ko
Village de Roubion
Roubionl est situé sur un versant dominant à 1 336 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)

ISOLA
Superficie : ha - Alt. : 870 m
Latitude : 44° 11’ 11 Nord – Longitude : 07° 03’ 10 Est
Population : 1089 habitants en 1886 - 681 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section B5 le village

Les effets

Les plafonds et les cloisons du local scolaire ont été fendues [31] Un document réunissant les renseignements fournis soit par les gendarmeries, soit par les mairies, fait état de dégâts de peu d’importance pour Isola [32].
Selon la presse varoise, les plafonds de l’école ont été fendillés, des cheminées ont été renversées et des murs fendus [33].

Les jours suivants, les secousses d’une intensité plus ou moins prononcées, n’ont pas été ressenties par tout le monde. Il fallait être dans les étages supérieurs pour les sentir, écrira le correspondant local de presse. Il constata au cours de la journée du 24 que les frémissements de sol dans les champs se sentaient de préférence dans les endroits bas et en plaine [34].

Remarques
Sur cette commune s’est développé à partir de 1971, la station d’Isola 2000.

JPEG - 266.1 ko
Village d’Isola
Isola est situé en fond de vallée à 870 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)

SAINT-ETIENNE DE TINEE
Superficie : 17 381 ha - Alt. : 1 142 m
Latitude : 44° 15’ 28" Nord – Longitude : 06° 55’ 31" Est
Population : 1966 habitants en 1886 - 1 531 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
Section NDEV la ville
Section N la ville

Les effets

De sérieux dégâts ont affecté seulement la Mairie.
Les secousses ont occasionné la chute de plusieurs cheminées et plafonds. Le mur Est de l’hôtel de ville s’est détaché du reste du bâtiment [35].
Les archives communales mentionnent suite au tremblement de terre, des réparations à l’église du hameau de Roya [36].
Selon la répartition de l’emprunt départemental pour la réparation ou la reconstruction des édifices publics, il a été attribuée la somme de 5 700 fr. pour les :
- réparations de l’église de Roya 600 fr.
- réparations à la mairie 5 100 fr [37] [38].

Remarques
Sur cette commune s’est développé en 1937 la station de ski d’Auron. L’inauguration de la route d’Auron (1932).

JPEG - 270.6 ko
Village de Saint-Etienne de Tinée
Saint-Etienne de Tinée est situé en fond de vallée à 1 142 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)
JPEG - 221.2 ko
Hameau de Roya
Roya est situé en bas d’un versant, l’église a été endommagée par le séisme
(Photo : André Laurenti)

SAINT-DALMAS LE SELVAGE
Superficie : 8 103 ha - Alt. : 1 476 m
Latitude : 44° 17’ 06" Nord – Longitude : 06° 51’ 99" Est
Population : 310 habitants en 1886 - 118 habitants en 2017
Intercommunalité : Métropole Nice Côte d’Azur

Cadastre Napoléonien
SectionK4 Lacium
Section B2 Bousieya

Les effets

Quelques pertes matérielles furent signalées. Des maisons ont été lézardées, des cloisons et des cheminées renversées et des plafonds se sont détachés, de la vaisselle brisée. Plusieurs personnes descendirent dans le plus simple des costumes malgré une température de moins cinq degrés [39]. Les pertes sont toutes matérielles

Remarque
Pas d’information sur le hameau de Bouseyas

JPEG - 244 ko
Village de Saint-Dalmas le Selvage
Saint-Dalmas le Selvage est situé en bas de versant à 1 476 m d’altitude.
(Photo : André Laurenti)

Source documentaire

- Levret Agnès Grunthal G : Cahier du Centre Européen de Géodynamique et de Séismologie – volume 19 – l’Echelle Macrosismique Européenne – année 2001


[1] LE PETIT NICOIS : Extrait du journal du 25 février 1887 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[2] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 24 février 1887 n°5809 24ème année

[3] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 24 février 1887 n°5809 24ème année

[4] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[5] Etat des dégâts causés par le tremblement de terre de 1887 dans le département des Alpes-Maritimes - réf 1M982 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[6] Le Petit Niçois du 23 août 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[7] Le Petit Niçois du 14 novembre 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[8] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[9] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[10] L’Eclaireur du Littoral : Extrait du journal du 25 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[11] L’Éclaireur du Littoral du 25 février 1887 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[12] Etat des dégâts causés par le tremblement de terre de 1887 dans le département des Alpes-Maritimes - réf 1M982 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[13] Le Petit Niçois du 23 août 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[14] Le Petit Niçois du 14 novembre 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[15] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[16] Le Phare du Littoral du 24 février 1887 - n°5809 24eme année - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[17] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 27 février 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[18] Dossier 16 171 à 16 172 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[19] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 27 février 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[20] Le Phare du Littoral du 24 février 1887 - n°5809 24eme année - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[21] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies (Arch. Dép. Des A. M.)

[22] Le Petit Niçois du 27 février 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[23] Dossier 16 171 à 16 172 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[24] Le Petit Niçois du 23 août 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[25] Le Petit Niçois du 14 novembre 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[26] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies (Arch. Dép. Des A. M.)

[27] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 28 février 1887 – Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[28] L’Éclaireur du Littoral : Extrait du journal du 1er mars 1887 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[29] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies (Arch. Dép. Des A. M.)

[30] Dossier 16 171 à 16 172 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[31] L’Éclaireur du Littoral : Extrait du journal du 25 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[32] Sous Préfecture : Situation dans les communes en date du 2 mars 1887 d’après les renseignements fournis par les gendarmeries et les mairies (Arch. Dép. Des A. M.)

[33] Le Petit Var - 27 février 1887 - Archives Départementales du Var

[34] L’Eclaireur du Littoral : Extrait du journal du 1er mars 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[35] Le Phare du Littoral : Extrait du journal du 27 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[36] Administration de la commune de Saint-Etienne de Tinée (hameau de Roya) – ref 02O1038- 02O1048 - (Arch. Dép. Des A. M.)

[37] Le Petit Niçois : Extrait du journal du 23 août 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[38] Le Petit Niçois : Extrait du journal du 14 novembre 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[39] Le Petit Niçois : Extrait du journal du 27 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)


Commentaires

l'actualité Azurseisme

14 août - Séisme à Castellane

Un petit séisme de magnitude 2,2 MLv (Geoazur) a été enregistré par les réseaux sismiques régionaux, (...)

5 août - Séisme historique ligure de 1887

Azurseisme.com vous propose une carte macrosismique en cours de réalisation, sur la répartition (...)

27 juin - Séisme de Plogoff

Un séisme de magnitude 4.5 (source CEA LDG) a été enregistré au large du Finistère, le 27 juin 2020 (...)