Effets sur le village de Bouyon


LE TREMBLEMENT DE TERRE DU 23 FÉVRIER 1887

BOUYON

Superficie : 1 229 ha - Alt. : 637 m.
Latitude : 43° 49’ 31 Nord - Longitude : 7° 07’ 26 Est
Population : 426 habitants en 1877 – 483 habitants en 2011
Etat des logements en 1999 : 301 dont 158 principaux – 123 secondaires – 20 vacants – avant 1949 nb. 67.
Bouyon fait partie de la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis (C.A.S.A.)

Cadastre Napoléonien
Section : F Bouyon, Feuille unique - Cote : 25FI 022/1/F

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Commune de Bouyon
Situation du village
(Photo : André Laurenti)

Présentation

Le village de Bouyon est installé dans un paysage préalpin, à l’extrémité Est de l’arc de Castellane qui se caractérise par une succession de plissements d’orientation Est - Ouest et qui crée des difficultés de communication Nord -Sud entre chaque vallée. Ce village qui abritait 377 âmes en 1887, est situé plus exactement sur les contreforts du massif du Cheiron, au confluent du fleuve Var et de l’Estéron qu’il domine. L’habitat s’étire sur une crête culminante par rapport au site avoisinant, orientée N.E - S.O avec une urbanisation continue et linéaire par rapport à la crête.
Jadis, le quart seulement du territoire de la commune était cultivé, surtout en vigne et en olivier. Le reste était constitué de terrains incultes, de pâturages et de rochers. Les habitants qui étaient en majorité des paysans, vivaient sur leur bien et vendaient à l’extérieur seulement un peu d’huile. [1]
En raison de la topographie des lieux, le village se trouvait à environ 7 heures de distance de Nice, avec des routes incommodes et d’un entretien difficile. Le mulet était le moyen de transport le plus répandu et le mieux adapté pour ce secteur très accidenté.

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Commune de Bouyon
Situation vue depuis l’ouest, le village s’aligne sur une crête.
(Photo : André Laurenti)

Evolution de Bouyon

Dans le cadre d’un inventaire départemental du patrimoine culturel réalisé conjointement par le Conseil Général des Alpes-Maritimes et le Ministère de la Culture, la commune a fait l’objet d’une étude. Celle-ci fournit quelques pistes intéressantes sur l’évolution du village. Selon l’étude, l’agglomération actuelle de Bouyon peut être analysée suivant trois secteurs que voici.

Secteur 1

Le premier secteur serait le centre du village. Il comprendrait l’église et la place du Château. Il est sensiblement surélevé par rapport au reste du village. Quatre de ses cinq accès sont des passages sous maison. C’est visiblement là que se situait l’agglomération médiévale. Un front continu de maisons a remplacé le rempart, ce qui explique l’existence de ces passages sous maison. Par la suite, ce secteur s’est un peu développé de part et d’autre de son noyau ancien, au nord-ouest de façon régulière et au sud de façon plus anarchique. Il est difficile de préciser de quand datent ces extensions. [2]

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Commune de Bouyon
Délimitation à gauche des trois secteurs, les accès à la partie centrale du village.
(Conseil Général des Alpes-maritimes - inventaire du patrimoine culturel, J.C. Poteur - 1994)

Secteur 2

Ce deuxième secteur s’étend au sud-ouest du précédent, entre la place de la Fontaine et la chapelle St. Roch. Il s’est formé en rassemblant des éléments hétérogènes. C’est dans un groupe de maisons situé au nord que l’on peut voir un élément chanfreiné. Il pourrait s’agir du premier point habité hors de l’agglomération médiévale.
Quant à la chapelle Saint-Roch qui a été construite en 1714, on sait que ces petits lieux de culte dédiés à des saints protecteurs ou thérapeutes sont généralement implantés à une certaine distance de l’agglomération.
Les constructions de ce secteur semblent avoir été limitées par les terres d’un grand propriétaire, peut-être un seigneur, contre lesquelles elles butent. En 1841, le secteur s’est seulement prolongé de huit "maison" et sept "écurie et grenier" en contrebas de ces quelques grandes parcelles bâties. [2]

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Vue aérienne de Bouyon
Secteur 1 de la partie centrale autour de l’église et secteur 2 à gauche.
(Vue aérienne Bing Carte)

Secteur 3

Depuis le centre, le troisième secteur s’étend vers le nord-est. Dans sa partie la plus proche du centre, les constructions sont assez denses, elles se dispersent en s’éloignant vers l’est. Ce quartier est postérieur au début du XVIIIe siècle. D’après la "carte des frontières de l’est", ce lieu a déjà commencé à se développer en 1779. En 1841, il est proche de l’aspect actuel. Mais à cette date, contrairement au secteur précédent , on y rencontre que des bâtiments de deux niveaux décrits dans l’état de section comme "écurie et grenier". [2]

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Vue aérienne de Bouyon
Secteur 3 au nord-est de la place du Château.
(Vue aérienne Bing Carte)

En résumé, il est à remarquer que les chapelles sont en petit nombre et qu’elles sont relativement tardives par rapport aux villages voisins. Bouyon n’est plus pourvu d’un château en 1388, on est tenté de conclure que ce village, sans être totalement déserté, a eu du mal à supporter les crises de la fin du Moyen Age et que son renouveau économique semble ne dater que du XVIIe siècle. [2]

A propos du séisme du 23 février 1887

Lors du séisme Ligure de 1887, malgré un éloignement d’environ 90 km de l’épicentre, Bouyon a subi d’importants dégâts. Suite à cet état de fait, il a été jugé utile de tenter de comprendre pourquoi l’agression sismique a été aussi sévère sur cette commune.

Démarche et recherche

Dans un premier temps, la démarche s’est portée sur la recherche d’éléments plus précis afin de dresser un état des effets du séisme et de les situer dans le village. La Mairie ne possédant aucun dossier sur ce sujet, les investigations ont alors été menées aux Archives Départementales des Alpes-Maritimes. Après un échec lors de la consultation des archives communales, c’est finalement le fond de la Préfecture qui a été en mesure de fournir la liste des perdants victimes du tremblement de terre.
A partir de trois états différents, mais complémentaires, établis par la Préfecture pour les deux premiers et un troisième dressé le 26 février 1887 par la gendarmerie, il n’a pas été toujours facile de croiser les informations.

Sur le procès verbal de gendarmerie [3] figure une liste nominative des perdants, 110 au total, à laquelle a été associée la nature des dommages et une estimation totale des pertes qui s’élève pour l’ensemble du village à environ 200 000 fr. Ce document est important car il fournit davantage de détails sur la nature des dégâts. Il est par exemple, le seul à mentionner pour l’église paroissiale, que la voûte et la toiture se sont écroulées et que les murs ont été fortement lézardés, alors que la préfecture s’est contentée d’indiquer « détruite en partie ».
On apprend également que les murs de la maison commune et du presbytère furent fortement lézardés.
Quant aux deux états établis par la préfecture, le premier, moins intéressant, comporte la liste nominative des perdants dont les noms diffèrent parfois de celle dressée par les gendarmes. Elle comprend la nature des dégâts moins détaillée. La seconde liste vient compléter la première en mentionnant les numéros de parcelles cadastrales et la nature des pertes répartie sur trois colonnes. La colonne de gauche est réservée aux « bâtiments détruits entièrement », celle du milieu aux « bâtiments détruits partiellement » et enfin celle de droite aux « bâtiments endommagés », sans autre précision. Le montant de l’estimation s’élève à environ 119 000 f. [4]

Un premier état sous forme de tableau
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Toutes ces informations ont été ensuite réunies sous la forme d’un tableau et une classification des dégâts par bâtiments a pu être effectuée pour chaque parcelle cadastrée connue.

Le résultat fait apparaître un total de 133 parcelles bâties affectées plus ou moins gravement par le séisme, regroupant les édifices communaux et privés. Parmi ces bâtiments, 33 ont été considérés comme détruits entièrement, 20 détruits partiellement et 80 endommagés.
Parmi ce bilan, huit constructions correspondent à des bâtiments ruraux.
Trois autres constructions situées à l’écart du village, n’ont pas pu être identifiées, il s’agit de la D 270, 277 et 297.

Application sur le cadastre Napoléonien

Il a été ensuite aisé de reporter cet état sur la feuille de la section F du cadastre de 1841 correspondant au village et redessiné pour une meilleure compréhension. Au cours de cette phase, il est apparu qu’une parcelle bâtie peut avoir plusieurs niveaux de dégât suivant les étages. La gravité des dommages a été plus importante dans les niveaux supérieurs qu’en rez de chaussée. On peut donc avoir par exemple, un degré 5 au dernier étage et un degré 2 en rez de chaussée.
Dans ce cas, c’est le degré 4 qui a été retenu pour être reporté sur le plan.
Les parcelles concernées par cette situation, sont au nombre de 15, il s’agit des numéros suivants : F 269, 279, 280, 344, 417, 431, 434, 435, 458, 463, 592, 615, 616, 625 et 644. Toutes ont au moins une partie entièrement détruite.
A cet état, vient se rajouter 3 parcelles correspondants à des terrains situés à l’ouest du village et pour lesquels les perdants ont déclaré des labours endommagés. On peut supposer qu’il s’agit d’effondrements partiel de murets en pierre sèche servant à soutenir les terres, ou bien des murets de séparation de parcelles qui sont répandus dans les campagnes alentours.
La carte ainsi obtenue révèle une anomalie, en effet, toute la partie Est du village, à partir de la place actuelle du Château, a été épargnée. Il s’agit probablement d’un problème d’ordre géologique.
Cette hypothèse se confirme dans un courrier de la préfecture adressé au Diocèse lors de la reconstruction de l’église paroissiale. En effet, il est rapporté que l’emplacement sur lequel va être réédifier l’église se trouve sur le bord d’un escarpement ; les rochers dont il est composé ont des fentes dans le sens vertical et leurs assises ont été fortement ébranlées par le tremblement de terre [5].

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Commune de Bouyon
Effets du séisme de 1887 sur le village. Document réalisé à partir du cadastre de 1841.
(Réalisé par André Laurenti)

En comparant les cadastres ancien et actuel, un détail saute aux yeux , on peut remarquer que l’église paroissiale Notre Dame de l’Assomption et de Saint Trophime a été reconstruite selon une géométrie différente, plus allongée et plus étroite, elle fût achevé en 1891. A droite de l’église, le bloc d’immeuble comprenant le château a totalement disparu, remplacé par une esplanade, l’actuelle place du Château.

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Cadastres napoléonien et actuel
En comparant les cadastres, on remarque la forme différente de la nouvelle église et la disparition du château.

La presse de l’époque

Cette approche permet de confirmer d’une manière beaucoup plus précise les informations rapportées par les médias de l’époque et d’estimer plus finement l’intensité locale.
Ce sont les gendarmes en poste à Coursegoules qui arrivèrent à Bouyon le 24 février à 7 h du matin après avoir passé la nuit à Bézaudun. Ils ont pu constater qu’une partie du village ainsi que l’église paroissiale étaient effondrés entraînant sous leurs décombres mobiliers et récoltes. La presse indique que "presque toutes les habitations menacent ruine, et qu’une partie des habitants sont cantonnés dans des remises, les autres campent avec leurs animaux domestiques".
On relèvera aussi, que la maison dite le "Château" et plusieurs autres bâtisses voisines, se sont écroulées. L’église et le presbytère sont en ruines.

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Place du Château
A l’emplacement du château se trouve aujourd’hui une vaste esplanade. La maison située au centre de la photo a été gravement endommagée, on peut voir les nombreux tirants qui ont été posés pour renforcer les murs des façades.
(Photo : André Laurenti)
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Place de l’ancien château
(Photo : André Laurenti)
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Le clocher de l’église de Saint-Trophime
L’église fut reconstruite en 1889 et achevée en 1891. A droite, place du Four, l’immeuble de teinte bleu a été détruit.
(Photos : André Laurenti)
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Place de la Fontaine
(Photo : André Laurenti)

Toujours d’après la presse, il ne resterait du village, que quatre ou cinq maisons habitables. Les habitants logèrent dans les écuries, c’est une désolation générale [6]. Un journaliste du "Petit Niçois" qui s’est rendu sur les lieux, a été lui aussi vivement impressionné. "Douze à quinze maisons sont complètement détruites", écrira t-il, "ce n’est plus qu’un tas de pierres. Quant aux autres, elles sont inhabitables. Des crevasses énormes les sillonnent de la base au sommet et presque tous les planchers sont complètement détachés des murailles" [7]. Malgré l’ampleur des dégâts, on ne déplora que six blessés. Dans un premier temps, malgré le froid, la population campa dans les champs, puis, les nuits suivantes, les gens logèrent dans les écuries.
Il est certain que les chiffres varient selon les journaux. Ainsi, après ceux du "Petit Niçois", c’est l’Eclaireur du Littoral qui sera le plus près de la réalité en annonçant trente trois maisons écroulées et une cinquantaine de lézardées [8].
Par ailleurs, on peut comptabiliser sur l’état général de la préfecture présentant par commune le nombre de maisons endommagées trente six maisons détruites et dix détruites partiellement, le nombre de perdants s’élève à 138 [9].

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Passage voûté
La montée du Pontis.
(Photo : André Laurenti)

Des traces encore visibles
Plus un séisme est puissant, plus les secousses vont être longues (environ 20 secondes pour le séisme Ligure). Au cours de ces secondes, les bâtiments vont osciller de droite à gauche déformant parfois les ouvertures qui représentent des points vulnérables sur une façade. Dans le village, des linteaux de pierre cassés, des encadrements de portes déformés sont encore visibles sur les bâtiments affectés par le séisme. On remarque aussi des ouvertures bouchées ou bien réduites.

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Entourage de porte
Les montants latéraux de cette porte de la place de la Fontaine, se sont écartés et le linteau a été brisé.
(Photos : André Laurenti)
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Linteau
Autre rupture de linteau.
(Photos : André Laurenti)
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Entourage de porte
Glissement vers le bas du claveau central.
(Photos : André Laurenti)

Etat actuel du bâti

Plusieurs visites sur place ont permis de dresser un état du bâti actuel sur un fond cadastral récent. La ligne pointillé délimite à gauche la partie qui a subi d’importants dégâts lors du tremblement de terre de 1887, et à droite le secteur épargné. On remarque qu’à gauche les bâtiments sont plus élevés, deux à trois niveaux sur rez-de-chaussée (R+2 à R+3) prédominent. En revanche à droite, on constate l’état de ruine de plusieurs parcelles.

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Commune de Bouyon
Situation actuelle du bâti au cœur du bourg.
(Document réalisé par André Laurenti)

Les édifices religieux

Parmi les édifices religieux que l’on peut voir dans le village, la chapelle Saint-Pons qui fut construite en 1602, la plus ancienne de la commune, se situe lorsque l’on vient du Broc, à droite en bordure de la route au nord-est du village. Cette chapelle de petite dimension ne figure pas dans la liste des bâtiments endommagés.

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Chapelle Saint-Pons
Elle ne figure pas dans la liste des édifices endommagés par le séisme.
(Photo : André Laurenti)

La chapelle Saint Roch, correspond à la parcelle n° 363 du cadastre de 1841. Celle-ci a été endommagée par le séisme, le montant des pertes s’est élevé à 200 f.

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Chapelle Saint-Roch
Cet édifice a été endommagé par le séisme.
(Photo : André Laurenti)
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Chapelle Saint-Roch
Plan et coupe longitudinale vue depuis le sud-est.
(Etat - Ministère de la Culture, inventaire général, N. Pégand, 1993)

La chapelle Saint-Bernardin des Pénitents Blancs est située au droit de la place du Tilleul et de la rue Saint-Bernardin. Sur le cadastre de 1841, elle mesurait 14 x 7 mètres. Lors du séisme, on apprend que l’édifice a eu murs et voûte lézardés. Aujourd’hui la chapelle a été conservée mais réduite.

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Chapelle Saint-Bernardin
Elle se situe dans la zone épargnée par le tremblement de terre.
(Photo : André Laurenti)

Quant à l’église paroissiale Saint Trophine Notre Dame de l’Assomption, elle a été reconstruite à moindre frais. D’après les hommes de l’art les plus compétents du département qui ont visité les lieux, il n’a pas été utile de réaliser une voûte plein cintre soit en pierre soit en brique. Cela, par mesure de prudence afin d’éviter toute poussée contre les murs latéraux et par raison d’économie. La voûte adoptée sera faite en forme d’anse de panier, plane au centre et fermée par des arcs de cercle ayant une retombée d’un à un mètre cinquante. La partie plane du milieu n’ayant que 6 mètres de largeur, cette réalisation donnera une forme elliptique au plafond [5].
Au final, l’église possède une nef et deux collatéraux à quatre travées.
Son clocher, non représenté sur le plan ci-dessous, est une tour accolée à l’église à l’angle ouest de la façade principale. Sa base a été réalisé en pierre de taille.
Sur les cartes postales du début du XXe siècle, le clocher était couvert d’un toit pointu à quatre pentes, de nos jours la partie sommitale est plate avec un campanile en fer forgé.

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Eglise paroissiale de Bouyon
Plan et coupe transversale vue depuis le nord.
(Etat - Ministère de la culture, Inventaire général, N. Pégand, 1993)
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Eglise paroissiale
Elle a été reconstruite à moindre frais.
(Photo : André Laurenti)

Classification utilisée dans l’échelle EMS 98
Classe de vulnérabilité A
Le type de construction retenu pour l’ensemble de ce village est la classe de vulnérabilité A, avec un habitat en maçonnerie fait de moellons bruts et de pierre tout venant.
On peut envisager une classification de dégâts importants à très importants de degré 4 et 5 avec une intensité de VIII.

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Le village de Bouyon
(Photo : André Laurenti)

Géologie du site

Une visite avec le professeur Urs Scharer de l’Université de Nice a permis de constater que l’emplacement du village n’est pas sur une limite géologique. Il s’agit d’une formation sédimentaire de l’époque du Jurassique sans variation importante avec de la calcite reconstituée, caractéristique de la région. La zone la plus impactée par le séisme correspond probablement à des couches moins compactes qu’à l’Est de l’ancien château. Quoi qu’il en soit, le sol sur lequel est bâti le village de Bouyon, offre une résistance faible aux sollicitations sismiques.

Conclusion

Ces investigations ont permis de compléter les informations apportées par la presse en localisant sur plan les effets du séisme de 1887. Cette approche a mis en évidence une particularité, celle qu’une partie du bourg a été épargnée par le tremblement de terre. Les raisons pourraient être d’ordre géologique, mais l’évolution du village montre aussi que ce secteur était occupé par des bâtiments peu élevés de deux niveaux maximum, faisant office "d’écurie et grenier". Il est donc possible que ce type de construction se soit mieux comporté que celui figurant en secteurs 1 et 2, comprenant des immeubles de 3 à 4 étages au dessus du rez-de-chaussée.

Par ailleurs, il n’est pas exclus que la prospérité de ce village ait été freinée d’une part par son isolement, mais peut-être aussi par les tremblements de terre de 1494 - 1564 et 1644 dont les épicentres étaient plus proche que celui de 1887. Cela expliquerait que le renouveau économique de Bouyon ne daterait que du XVIIe siècle.

Ce travail permet de compléter les connaissances des effets du tremblement de terre de 1887 sur les communes des Alpes-Maritimes.
En fonction de cela, ces investigations invitent à rester prudent à l’occasion de toute intervention sur le bâti ancien. Il est conseillé d’effectuer un diagnostic sur la vulnérabilité acquise de la construction et d’effectuer les travaux sans fragiliser l’état du bâtiment. Pour éviter tout sinistre, il convient de faire appel à des professionnels qualifiés et de se faire assister par un bureau d’études ou un architecte.
Cette présente page a pour but d’informer et de sensibiliser l’ensemble des acteurs, en particulier les autorités locales, les professionnel du bâtiment et enfin la population. _


[1] Hildesheimer Ernest : Aux confins de la Provence et du Comté de Nice Le village de Bouyon - Nice Historique n°4 octobre à décembre 1967

[2] Poteur Jean-Claude : Recherches Régionales - inventaire du patrimoine culturel - Alpes-Maritimes et Contrées limitrophes - 46e année décembre 2005 - n°180 - Conseil Général des Alpes-Maritimes

[3] Rapport de Gendarmerie du 26 février 1887 - dégâts causés par le tremblement de terre estimés à 200 000 F au préjudice des habitants de la commune de Bouyon - Ref O1M 0982 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[4] Préfecture - procès verbal de vérification des pertes éprouvées - Réf. O1M 0982 - Archives Départementales des Alpes-Maritimes

[5] Préfecture des Alpes-Maritimes - commission des finances - session d’août 1892 - séance du 26 août n°1888-1893 - Archives de la commune de Bouyon

[6] L’ECLAIREUR DU LITTORAL : Extrait du journal du 1er mars 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[7] LE PETIT NIÇOIS : Extrait du journal du 27 février 1887 (Arch. Dép. Des A. M.)

[8] L’ECLAIREUR DU LITTORAL : extrait du journal du 02 mars 1887 (Arch. Dép. Des A.M.)

[9] Etat présentant par commune le nombre de maisons détruites, très endommagées et partiellement détruites (Arch. Dép. Des A. M.)


Commentaires

Logo de Jean-Claude Poteur
dimanche 31 mai 2015 à 22h36, par  Jean-Claude Poteur
Effets sur le village de Bouyon

Bonjour
Il est tout à fait possible que je n’ai pas remarqué qu’il subsistait une tour du château de Bouyon. Vous serait-il possible de me fournir une copie des photos qui le montre, pour que je puisse, à l’occasion d’un article, réparer cette omission ?

Jean-Claude Poteur

mardi 2 septembre 2014 à 17h07
Effets sur le village de Bouyon

L’article est passionnant et très détaillé. Cependant comme tous les articles et histoires de Bouyon il mentionne qu’il ne reste du château que la grille. A mon sens ce n’est pas exact, la tour du château que l’on distingue en ruine sur les vieilles cartes postales existe toujours, certes sous une forme diminuée mais existe quand même. Il s’agit de la maison qui donne directement sur la place, parcelle 635 sur le cadastre actuel.

Logo de Je gère le site Internet de la mairie de Bouyon (http://mairiebouyon.free.fr
jeudi 10 juillet 2014 à 18h16, par  Je gère le site Internet de la mairie de Bouyon (http://mairiebouyon.free.fr
Effets sur le village de Bouyon

Excellent article qui permet de "voir" Bouyon sous un jour différent.
J’ai mis un lien vers cet article depuis le site de Bouyon

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