Que faire en cas de séisme ?


LES CONSIGNES DE SECURITE

La décision de déclencher le plan départemental "séismes" appartient au Préfet ou au Sous-préfet en cas d’absence. L’alerte est identique à celle prévue dans le plan ORSEC. Lors d’un séisme destructeur et avant même l’arrivée des premiers secours, les consignes et les directives propres à sécuriser tels que, les points de regroupement et les moyens d’accès aux secours, seront diffusés à la radio et à la télévision. Des numéros de téléphone spécialisés seront communiqués par l’intermédiaire des médias, au public pour lui permettre de se renseigner sur la catastrophe (voir par ailleurs). Toutefois il est nécessaire, en cas de séisme majeur, que chacun connaisse les consignes de sécurité à adopter et qui pourront éviter de graves erreurs de comportement. Celles-ci ont été extraites du dossier annexé au plan ORSEC intitulé "Plan d’urgence départemental séismes" édité le 21 janvier 1994 par la préfecture. La diffusion de ce dossier a été faite auprès de toutes les instances dirigeantes des Alpes-Maritimes, mais n’est malheureusement jamais remonté jusqu’à la population.


Mallette de secours
Un séisme peut survenir à tout moment, votre mallette d’urgence devra comporter ce qui suit :

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Mallette de secours
Infographie pour préparer votre mallette de secours en cas de séisme.

La mallette devra être étanche, entreposée dans un endroit facilement accessible en cas de désastre. Le contenu devra être vérifié tous les six mois. Veillez à ce qu’il corresponde à l’évolution des besoins de votre famille. Assurez-vous que les réserves d’aliments et d’eau sont saines et les piles en état de marche. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien au sujet des médicaments.


Que faire en cas de tremblement de terre ?

Au moment même du tremblement de terre :

Dans tous les cas, restez calme et communiquez ce calme à ceux qui vous entourent. Si vous êtes à la maison, dans un magasin, au bureau, à l’école :

Ne sortez pas, vous risqueriez de recevoir des objets ou des gravats sur la tête

Une exception, toutefois, si vous êtes au rez-de-chaussée, et non loin d’un espace à ciel ouvert suffisamment large (cour, jardin sans arbre…) courez vers ce lieu dégagé. Attention vous avez seulement quelques secondes avant que le choc ne devienne destructeur.

Réfugiez-vous sous les structures portantes ou dans un coin formé par elles (murs porteurs, poutres maîtresses, linteau de porte percée dans un mur porteur) ou bien sous un meuble robuste (table, bureau ou lit) ; la salle de bains offre aussi des garanties, les tuyauteries retenant certains morceaux prêts à tomber.

Si possible, tenez-vous loin des fenêtres, vitres, miroirs ou glaces, lustres tableaux et meubles hauts et pesants (étagères).

Attendez la fin de la secousse, qui dure rarement plus de trente secondes pour notre région. Inutile de courir tout de suite vers les escaliers, qui seront soit détruits, soit fragilisés, ou encore encombrés de gens paniqués.

Ne pas utiliser les ascenseurs qui seront en panne ou présenteront trop de risques.

N’allez surtout pas sur un balcon.

Si vous êtes à l’atelier ou à l’usine :

Prenez les mêmes précautions que ci-dessus mais les structures portantes sont souvent loin et beaucoup de choses peuvent tomber d’en haut ; s’éloigner en particulier des bacs ou conduites de produits dangereux ou toxiques, des lignes électriques aériennes et des ponts roulants. Si c’est possible, arrêtez les machines.

Les dessous de passerelles ou d’escaliers métalliques peuvent constituer de bons abris, à condition de ne pas les toucher (risques d’électrocution par contact avec des fils tombés)

Si vous êtes en villa isolée :

Pour les constructions situées sous des rochers ou des falaises comme c’est le cas pour les communes d’Eze, Cap d’Ail, Roquebrune Cap-Martin, la Turbie, Villefranche sur-Mer, Castagniers, Plan du Var, Saint-Jeannet…

Evacuez le plus rapidement possible votre domicile même si celui-ci est peu affecté. Les effets induits peuvent être encore plus destructeurs que le séisme par lui-même.

surveillez et écartez-vous de la trajectoire des rochers.

Dirigez-vous vers un lieu à l’écart de tout éboulement si possible à pied.

Evitez de prendre la voiture. Ne retournez pas avant qu’une autorité compétente vous ait donné le feu vert.

Si vous êtes à l’air libre, dans le rue, au jardin ou à la campagne :

Restez à ciel ouvert, gagnez un lieu dégagé, éloignez-vous le plus possible des constructions, des lignes électriques et des grands arbres. La secousse en elle-même ne tue pas et les risques pour qu’une crevasse s’ouvre sous vos pieds et vous engloutisse sont pratiquement nuls. Si vous êtes dans une rue étroite, réfugiez-vous immédiatement à l’embrasure d’une porte. Après la secousse vous avez quelques minutes pour atteindre un endroit dégagé avant les répliques.

Si vous êtes en voiture :

Stoppez l’automobile, si possible à ciel ouvert, mais restez à l’intérieur. Si vous êtes passager (automobile, autobus, train) restez à l’intérieur.

Si vous circulez en voiture dans des gorges du Haut-pays :

Si vous êtes à proximité d’un endroit dégagé, hors de porté de tout projectile, arrêtez-vous et attendez.

Si vous êtes à l’aplomb d’une longue paroi rocheuse, stoppez immédiatement votre véhicule et allez vous plaquer le plus rapidement possible contre cette paroi rocheuse.

Que faire après la secousse ?

Immédiatement après :

Ouvrir la porte de la maison pour s’assurer une issue.

Si la secousse a été assez forte pour compromettre la solidité, même partielle, des bâtiments et si vous êtes à l’intérieur : sortez après avoir rassemblé tous ceux qui étaient à proximité de vous. Calmez-les, veillez à ce qu’ils soient tous là. Aidez les personnes âgées, les malades et les personnes à mobilité réduite.

Ne courez pas à travers ou près des constructions, là où il y a danger de chute de débris. En effet, d’autres secousses, plus faibles, les "répliques" peuvent survenir et faire tomber ce qui ne tient plus très bien.

Coupez l’eau, l’électricité et le gaz (pour votre sécurité générale, vous devez en permanence savoir où sont les compteurs ou les vannes maîtresses).

N’allumez pas de flamme nue (allumette, briquet) ; il y a trop de risques de fuites de gaz et d’incendie après un séisme. Si vous êtes bloqué par des effondrements, essayez de signaler votre présence en frappant de temps à autre sur une canalisation métallique ou une poutre.

Si la secousse n’a pas été trop forte :

Vérifiez l’état des conduites en remettant en circuit successivement l’eau, le gaz ( ne cherchez pas les fuites avec une flamme) puis l’électricité. S’il y a fuite ou court-circuit, coupez à nouveau le fluide en cause.

Un conseil pour les habitants du bord de mer :

Si la secousse a été forte et si vous êtes au bord de la mer, à moins de 15 mètres d’altitude ou à quelques centaines de mètres du rivage, gagnez au plus vite un point plus élevé : un tsunami, ou raz-de-marée, peut en effet survenir. Ne redescendez pas avant qu’une autorité officielle compétente vous ait donné le "feu vert" pour le faire. Ne vous précipitez surtout pas sur la plage pour "voir la vague" lorsqu’on la voit, il est trop tard pour lui échapper ; en réalité, il y a une série de vagues.

Que faire ensuite ?

Mettez-vous à l’écoute de votre radio portative ; des bulletins d’information et des directives seront diffusés.

Réconfortez les personnes choquées, soignez les blessés autour de vous. N’essayez pas de déplacer les personnes sérieusement blessées, sauf s’il y a risque immédiat de nouvelle blessure (chute de mur, etc).

Obéissez scrupuleusement aux consignes qui vous seront données, collaborez avec les personnes chargées des secours (sapeurs-pompiers, policiers, militaires, personnels de santé, etc), renseignez-les.

Ne téléphonez pas, sauf pour signaler les urgences médicales, un incendie ou un crime ; les lignes risqueraient d’être saturées et vous gêneriez l’organisation des secours.

Portez des chaussures fermées partout où il y a des éclats de verre et des gravats. Balayez et nettoyez les médicaments éparpillés, les produits ou autres matériaux nocifs répandus (par exemple les détachants, l’essence et autres produits pétroliers, l’ammoniaque, l’esprit de sel, etc).

Ne faites pas fonctionner les interrupteurs ou les appareils électriques si cela sent le gaz, vous pourriez provoquer une explosion ou déclencher un incendie.

Ne touchez pas aux fils électriques tombés à terre, ni aux objets en contact avec ces fils.

Vérifiez l’état des cheminées de votre maison, c’est une des parties les plus fragiles ; approchez-vous en prudemment et n’oubliez pas que l’utilisation d’une cheminée détériorée peut provoquer un incendie. En cas de doute, ne l’utilisez pas.

Vérifiez les placards et les buffets ; ouvrez doucement les portes ; prenez garde aux objets en équilibre instable sur les étagères.

Vérifiez vos provisions de bouche : attention, jetez la nourriture qui se trouvait dans des récipients ouverts placés non loin de vitre ou de glaces brisées ; par contre, vous pouvez filtrer les liquides à travers un tissu propre.

Si l’eau est coupée, faites le bilan de vos provisions ; si vous n’en avez pas, n’oubliez pas qu’il y a de l’eau dans le chauffe-eau, le réservoir de la chasse d’eau des w.c., les cubes de glace et le givre du réfrigérateur, les conserves de légumes.

Si l’électricité est coupée, planifiez l’utilisation de la nourriture périssable de manière à consommer d’abord ce qui se gâtera le plus vite, en faisant l’inventaire de ce qu’il y a dans votre réfrigérateur ou votre congélateur.

N’encombrez pas les rues, laissez-les libres pour les véhicules de secours. N’allez pas faire les badauds "pour voir". Vous gêneriez les secours. N’allez pas dans les zones endommagées, sauf si les organisations de secours y réclament votre aide.

Soyez prêts pour les répliques (secousses sismiques postérieures aux premières) ; la plupart sont plus faibles que la secousse principale, mais certaines peuvent être assez fortes pour causer de nouveaux dégâts.

Que faire avant ?

Il n’est pas actuellement possible de prévoir un tremblement de terre. On peut cependant prendre des précautions permanentes : Si vous désirez faire construire dans une zone à risques sismiques l’arrêté du 18 août 1994 conduit à l’application des règles parasismiques pour les maisons individuelles. En conséquence l’architecte et l’entrepreneur respectent ces règles.

Vous pouvez aménager et meubler votre maison en conséquence :

Utilisez des meubles bas avec des pieds robustes. Si vous avez des meubles hauts et des étagères, scellez-les de manière sûre aux murs, pour éviter qu’ils ne se renversent.

Placez les lits loin d’objets ou de meubles susceptibles de tomber et loin des fenêtres, surfaces vitrées et miroirs.

Evitez de placer des objets lourds sur des meubles hauts ou sur des consoles ou sur des étagères.

Stockez les liquides combustibles et inflammables loin des issues.

Ayez sous la main les objets nécessaires en cas de besoins : Un poste radio portable, avec de bonnes piles ;

Une ou plusieurs lampes de poche, avec des piles de rechange. Pensez que les piles peuvent se conserver plus longtemps si elles sont au frais dans le réfrigérateur ;

Une trousse et un manuel de premiers secours.

Quelques conserves (avec un ouvre-boîtes manuel), du sucre, du lait en poudre, bref de quoi tenir deux à trois jours.

De l’eau (une dizaine de litres par membre de la famille) mais n’oubliez pas que cette provision ne doit pas croupir et doit être renouvelée.

Ayez toujours à l’esprit :

où se trouve le ou les extincteurs ; si vous n’en avez pas, achetez-en un et faites-le vérifier régulièrement

Comment couper l’eau, le gaz et l’électricité

Comment réunir votre famille.

Les consignes "Que faire au moment même du tremblement de terre ?". Si, en effet, à ce moment-là, vous devez fouiller dans vos archives pour retrouver le présent document, il sera trop tard... Assurez-vous que vos proches connaissent aussi ces consignes, sans pour autant les inquiéter. Rappelez-vous que cela n’arrive pas bien souvent mais que cela ne prévient pas.

Retour d’expérience

Suite au séisme du 17 novembre 2006 à Argelès Gazost voici quelques informations sur les démarches à entreprendre après un séisme. D’une manière générale les dégâts provoqués par un tremblement de terre ne sont pas couverts par les compagnies d’assurance sauf exception. Il faut pour cela qu’un classement en catastrophe naturelle soit retenu.

Si le classement en catastrophe naturelle n’est pas retenu, les sinistrés en seront pour leur frais, ils devront régler le montant de leurs réparations. Pour les entreprises, la situation peut-être différente car certains contrats ont une clause dite "d’événements imprévus" qui leur permet de bénéficier d’une prise en charge pour la réfection de leurs locaux et bâtiments endommagés..

Si le classement en catastrophe naturelle est accordé, l’Etat débloque des fonds exceptionnels afin de procéder à l’indemnisation des sinistrés. Ce système permet de garantir les dommages matériels directs non assurables et les pertes d’exploitation ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel. Les séismes entrent dans ce cas de figure. Reste à savoir si la commission interministérielle chargée de statuer sur ces dossiers considèrera que ce tremblement de terre est d’une "intensité anormale".

Trois cas sont à envisager :

Si le classement est reconnu pour la commune demandeuse, un arrêté interministériel sera publié au Journal Officiel. Les sinistrés ont alors 10 jours pour intervenir, s’ils ne l’ont déjà fait, auprès de leur compagnie d’assurance.

Si la commission émet un avis défavorable, le dossier est clos, sauf si de nouveaux éléments probants permettent sa réexamination.

Pour finir, la commission ajourne le dossier dans l’attente d’informations complémentaires lui permettant de statuer définitivement.

Dans le meilleurs des cas, les sinistrés seront indemnisés. Cependant l’indemnisation ne sera pas totale. En effet, celle-ci est établie à partir de la valeur à neuf du bien. Il vous sera donc, sauf, peut-être pour les constructions qui viennent tout juste de sortir de terre, déduit un taux de vétusté. De plus, il vous faudra vous acquitter d’une franchise de 380€ pour un particulier et de 10% du montant des dommages si vous êtes victime à titre professionnel. Si le préjudice est inférieur, le particulier est bon pour régler tout seul la facture. Pour ceux dont les habitations sont anciennes, vétustes et parfois déjà fissurées, il sera difficile de démontrer à l’expert que le tremblement de terre a accentué ces dégradations. Pour l’heure, ne pas hésiter à demander conseil à son assureur pour monter son dossier.

IMPORTANT

Si toutefois vous ressentez un séisme vous pouvez vous rendre très utile. Les spécialistes ont besoin de vous pour savoir dans quelle mesure le séisme a été ressenti et éventuellement de connaître la nature des dommages. Les sismologues vous remercient de bien vouloir remplir le formulaire en ligne que l’on obtient sur le site du Bureau Central Sismologique Français

Vous pouvez soit l’imprimer et le transmettre à l’adresse suivante : Bureau Central Sismologique Français Ecole et Observatoire des Sciences de la Terre 5, rue René Descartes - 67 084 Strasbourg cedex Tél. : 03 90 24 00 85 - Fax : 03 90 24 01 25

Ou encore en saisissant les parties à renseigner vous pouvez l’envoyer directement à partir de votre P.C.

Autre possibilité pour ceux qui ne possède pas internet, la Poste met à la disposition dans ses bureaux, le formulaire que vous pouvez retirer à l’occasion de chaque événement dont la magnitude est supérieure ou égale à 3.7.

Posters ...

Le "sismo des écoles" en partenariat avec Géoazur CNRS-UNSA-IRD met à disposition des enseignants des posters éducatifs autour des géosciences et du risque environnemental. Un début d’une série de documents (certains sous forme de posters) sont à commander gratuitement pour votre établissement auprès de :

Monsieur Jean-Luc Berenguer :
enseignant SVT
Centre International de Valbonne
BP 97 - 06902 Sophia Antipolis
jlbereng@ac-nice.fr
Coordination programme "sismo à l’écoles"


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