Séisme de L’Aquila (6/4/2009)


SÉISME PROVINCE D’AQUILA (Italie)

du lundi 06 avril 2009

Un tremblement de terre d’une magnitude locale de 6.3 (Ml), selon le Réseau National de Surveillance Sismique de Strasbourg (ReNaSS), de magnitude du moment 6.2 (Mw) selon "l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia" (INGV), s’est produit à 01 h 32 TU soit à 03 h 32 heure locale lundi 06 avril 2009. L’épicentre est très proche d’une zone habitée notamment de l’Aquila une ville de 72 222 habitants, chef-lieu de la province du même nom, dans la région des Abruzzes. L’Aquila se trouve à 721 m d’altitude près du plus haut sommet des Apennins le Gran Sasso. Le foyer du séisme qui semble être très superficiel a été estimé selon l’INGV à 8,8 km de profondeur seulement, donc très proche de la surface, ce qui explique l’importance des dégâts, mais sur une étendue limitée.

La secousse a été ressentie distinctement dans tout le centre de l’Italie. A Rome des centaines de personnes sont descendues dans la rue, notamment dans les quartiers au nord-est de la ville. Le tremblement de terre a aussi été ressenti en Ombrie, qui a encore en mémoire le séisme dramatique de 1997. La secousse a été ressentie à plus de 200 km de distance. La majorité des témoignages qui ont été collectés, correspondent à des intensités comprises entre III et V c’est à dire sans dégâts.

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Les effets

Ce séisme aurait fait 308 morts, 1 170 blessés dont 178 dans un état grave. Le nombre de sans-abris est évalué à près de 58.000 personnes, dont 34.000 sont logées sous des tentes, d’autres ont trouvé des places dans des hôtels de la côte.

L’autoroute A24 a été interrompue momentanément au trafic dans les deux sens, mais rendu très vite à la circulation, l’autoroute de Pescare a elle aussi été interrompue. Un viaduc s’est soulevé d’une dizaine de centimètres. On estime 10.000 à 15.000 bâtiments endommagés ou détruits répartis dans 26 localités, bourgs et villages autour de l’épicentre. Sur 1.000 édifices passés au peigne fin par la Protection civile, 50% sont immédiatement réutilisables, 20% le seront après travaux et 30% sont totalement irrécupérables. Dans toute la région, les églises se sont écroulées ou menacent de le faire. D’une manière générale se sont les centres historiques qui ont été les plus touchés. Le réseau d’électricité a subi également des dommages, plus de 15 000 foyers se sont trouvés sans électricité. Selon la presse, une usine consacrée à l’activité spatiale a été complètement détruite.

A l’Aquila la cathédrale et le palais archiépiscopal, son fort, le musée, le monastère de la Beata Antonia, 10 palais de la ville, 23 églises : au total, 44 monuments historiques ont été gravement endommagés. Dans plusieurs églises, la coupole s’est effondrée. Le fort espagnol a perdu une partie de sa toiture. Le palais de la préfecture est terriblement affecté, tout comme l’abbaye de Santa Lucia, à Rocca di Cambio. A Santo Stefano di Sessanio, la tour des Médicis (XIIIe) a été entièrement détruite. Un peu partout, des œuvres d’art ont disparu sous les gravats.

Dégâts dans la ville de l’Aquila

La ville d’Aquila située à 10 km environ de l’épicentre a été sérieusement touchée par ce tremblement de terre. De nombreux bâtiments et plusieurs églises se sont partiellement écroulés notamment dans le centre historique. Les dégâts sur cette ville semblent s’inscrire dans un périmètre en forme de triangle, délimité au nord-est par la via Roma ; à l’est par le Corso Federico II, la viale Franscesco Crispi et la via 24 maggio et enfin la voie ferrée au sud et sud-ouest. On déplore 3 morts dans la via Fortebraccio, 27 morts dans la via Campo di Fossa ou un des deux immeubles jumeaux s’est effondré. On compte 5 morts via 20 Septembre angle via Fontepreturo ou un petit immeuble de 4 étages est complètement effondré, l’immense tas de gravats et de béton est tout ce qui reste de ce bâtiment qui comportait huit appartements. Il y a également 2 victimes via Sturzo, 4 morts place Pasquale Paoli, 3 villa Gioia, 1 via delle Buone Novelle. Parmi les nombreux bâtiments écroulés, il y a l’hôtel Duc des Abruzzes boulevard Giovanni XXIII. La structure en béton s’est pratiquement écroulé. Le bilan pour cette construction est lourd avec 14 décès dont 5 enfants. Le séisme a également frappé la résidence universitaire de la ville. La maison de l’étudiant, un bâtiment moderne de trois étages s’est partiellement écroulé, toute une aile de la maison s’est effondrée alors que l’autre partie est lézardée gravement.

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Effets du séisme
Quelques murs de remplissage extérieurs ont cédé entièrement les dégâts semblent non structuraux de niveau très graves. Via Edmondo Vicentini.
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)

Le "Palazzo del Governo" (préfecture) situé place de la République a été complètement détruit. Seuls restent encore debout les quatre colonnes de l’entrée qui soutiennent l’inscription. D’autres bâtiments publics sont également endommagés comme par exemple la maison du cadastre et d’autres bureaux de divers services. Un hôpital de campagne a été mis en place sur le parking de l’hôpital d’Aquila évacué et fermé en raison des murs fissurés de l’établissement.

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Aquila : Via del Beato Cesidio
Quelques murs de remplissage extérieurs en partie basse ont cédé entièrement ce qui constitue des dégâts non structuraux graves.
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)
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Aquila : viale Corrado.
Murs de remplissage
Photos : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)

Parmi les églises endommagées, la basilique Santa Maria di Collemaggio, construite au 13e siècle, est présentée comme le symbole de L’Aquila. Un énorme morceau du toit au-dessus du transept s’est effondré. La façade de la construction romane semblait en revanche intacte. Le toit et la coupole de l’église Santa Maria Paganica se sont effondrés. L’église médiévale Anime Sante, a de son côté perdu son dôme alors que le clocher de l’église San Bernardino, qui date du 16e siècle, s’est effondré, tout comme la coupole de l’église baroque Sant’Agostino, des pierres se sont détachées de la cathédrale de la ville, elle-même reconstruite après un tremblement de terre en 1703. Les vieux remparts de l’Aquila sont abîmés par endroits et l’une des porte de la ville est en partie effondrée. Selon la protection civile, sur 1467 inspections d’édifices, 771 sont habitables soit 53 % ; 696 ont été classés selon les critères suivants : 288 sont habitables après de rapides réparations soit 20% 42 partiellement inhabitables soit 3% 76 temporairement inhabitables et à revoir d’une manière plus approfondie 5% 265 inhabitables soit 18% 25 inhabitables en raison d’un risque externe soit 2%

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Aquila : Via Stefano S Antucci
Dégâts structuraux très graves de degré 5 avec effondrement complet
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)

Classification des dégâts sur l’Aquila

En fonction de cet état et des photos aériennes de cette ville on peut supposer des dégâts de degré 4 sur de nombreux bâtiments de la classe de vulnérabilité A et quelques uns de degré 5 ; des dégâts de degré 2 et quelques uns de degré 3 voire 4 sur des bâtiments de la classe C. On peut proposer une intensité de VIII sur l’échelle EMS 98.

La situation la plus dramatique est certes, dans le chef-lieu, mais aussi dans les localités voisines comme Onna quasiment rasée et Paganica ou de nombreuses victimes ont été enregistrées. Un témoignage rapporte que le village de Bagno ressemblait à l’un de ces villages abandonnés depuis des années. A Fossa, le château du onzième siècle s’est écroulé.

La localité de Onna (350 habitants) située dans une plaine, à une dizaine de kilomètres de l’Aquila a été détruite presque entièrement. On déplore 39 victimes, ce qui représente 11% de la population. C’est le village le plus endommagé par ce séisme. Les rares maisons de ce village martyre qui semblent être construites suivant les règles de l’art, sont d’ailleurs intactes. Voici une vidéo de Luca Zollino qui permet de se faire une idée sur l’intensité du séisme sur cette localité. A proximité d’Onna, un pont s’est effondré et a été couché dans le lit de la rivière "Aterno" juste au moment où une voiture était en train de le traverser. Les passagers sont restés piégés dans le lit de la rivière, ils ont été sauvés par les pompiers. Juste avant le pont, on peut observer le long de la route des fissures causées par le tremblement de terre. A partir des photos on suppose des dégâts de degré 5 sur de nombreux bâtiments de la classe de vulnérabilité A. qui justifient une intensité de IX sur l’échelle EMS 98.

Santo Stefano di Sessanio (118 habitants) à l’écart du village le portique de la Madone du Lac s’est effondré. Dans ce village perché dominant, une tour médiévale s’est effondrée ainsi que quelques bâtiments anciens, ce qui justifie une intensité de VII.

Poggio Picenze situé à 760 m d’altitude (1 008 habitants), on déplore 5 morts. Les dégâts se sont produits dans le centre historique avec l’écroulement des édifices vétustes en grande partie occupés par des communautés Slaves assez présent dans ce secteur. Le clocher de l’église di San Felice Martire a subi quelques désordres.

Paganica (7 000 habitants), on déplore 6 morts. Le centre historique a été dévasté, des édifices se sont effondrés partiellement. Importants dégâts sur l’église Santa Maria, photo de la façade principale de cette l’église.

Camarda une commune, située à 785 mètres d’altitude sur les pentes du Grand Sasso quand on vient de L’Aquila, ne compte aucun mort. Cependant il est sévèrement touché, tout en haut du village une tour médiévale s’est en partie effondrée. Le centre historique n’a pas résisté et les habitations plus récentes sont lézardées, fissurées. A quelques lacets de Camarda, l’église de Paganica est tellement endommagée qu’il va falloir la détruire.

San Gregorio on déplore 5 victimes. Un enfant est mort dans l’écroulement d’une habitation située dans le centre ancien. Parmi les autres victimes, il y a deux propriétaires d’un moulin et deux personnes âgées. L’église s’est effondrée ainsi que quelques maisons. Voir la vidéo.

Castelnuovo on compte 5 victimes. L’ancienne église de Saint Stefano qui se trouve peu avant l’entrée du village, (une fraction de San Pio delle Camere), est détruite. Deux murs se sont partiellement écroulés. Au centre le clocher de l’église s’est effondré.

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Village de Castelnuovo
C’est la partie sommitale qui semble avoir été la plus affectée
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)
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Village de Castelnuovo
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)

Popoli (5 607 habitants) à 254 m d’altitude les édifices publics, écoles, églises et monuments ont subi des dommages considérables. L’hôtel de ville n’est pas utilisable. Il a été observé des dégâts sur un pont qui enjambe l’Aterno et de graves dommages sur une usine produisant de l’eau minérale.

Villa Sant’Angelo (431 habitants) situé en plaine, nombreux bâtiments endommagés, quelques un d’effondrés, on compte 17 morts. Voici une vue aérienne avant le séisme et après. Voir également pour ce village les photos suivantes : 2 - 3 - 4 - 6

Brittoli (414 habitants), il y a des dégâts à tout le centre historique et l’effondrement d’un immeuble.

Fossa (665 habitants), on déplore 4 victimes, des dégâts sur des édifices et des destructions. Un pont permettant d’accéder au village est tombé.

Rocca di Cambio (447 habitants) situé à 1 433 m d’altitude, ici 180 habitants ont été évacués. Toutes les maisons sont lézardées gravement, même celles restaurées récemment.

Lucoli (963 habitants) situé à 956 m d’altitude, des maisons auraient été détruites. Aucune télévision n’est venue dans ce village.

Goriano Sicoli (633 habitants) situé à 720 m d’altitude, presque toutes les habitations anciennes édifiées sur une petite colline, sont toutes lézardées et inhabitables. On déplore l’effondrement de la bibliothèque, des lézardes à l’église di Santa Gemma qui devra être démolie. Dégâts aussi à la tour médiévale et aux autre églises.

Bazzano on déplore des dégâts sur l’église di Santa Giusta avec un décrochement de la façade comprenant l’entrée. Quelques maisons ont été endommagées.

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Village de Bazzano
Effets du séisme sur les sillos à grain
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)

Tussio situé à 890 m d’altitude on déplore des effondrements de bâtiments anciens.

Bussi sul Tirino (2977 habitants) situé à 345 m d’altitude à une cinquantaine de kilomètres de l’épicentre, une bonne partie des habitations du centre historique sont fissurées. Une centaine d’habitants ont été évacués des maisons les plus anciennes.

Castelvecchio Subequo (1242 habitants) à 490 m d’altitude le centre historique est totalement inhabitable. Il y a des dégâts au couvent di San Francesco ou le campanile a subi une torsion et menace de tomber.

Prata d’Ansidonia (547 habitants) situé à 846 m d’altitude, d’après les photos aériennes, on peut voir de nombreux bâtiments détruits complètement.

Ovindoli (1 200 habitants) situé à 1375 m d’altitude, 25% des maisons sont inhabitables. La chapelle du cimetière comporte de graves lésions. L’école maternelle et élémentaire, les églises de St. Sebastiano, de Sainte Maria de Collemarciano, et Sainte Iona ont été fermées. 50 personnes ont été évacuées.

Castel di Ieri (405 habitants) situé à 519 m d’altitude, le campanile de l’église di San Donato a été gravement fissuré et menace de s’écrouler. Dégâts graves aux maisons du centre historique de la partie haute comprenant la tour. L’hôtel de ville est impraticable.

Barisciano (1 799 habitants) d’après photos, quelques bâtiments se sont effondrés.

Torre de Passeri (3 156 habitants) à 172 m d’altitude, 8 maisons d’habitation sont inhabitables, la belle église paroissiale du XVIII siècle est fissurée. Il y a un grave problème de stabilité sur les structures verticales et horizontales de l’immeuble Mazzara Gizzi, du bureau postal et de la banque. Des fissures ont été relevées sur l’immeuble historique de Pompeis, un musée dédié à la céramique de château.

Acciano (401 habitants) situé à 600 m d’altitude, le centre historique a été évacué. L’hôtel de ville est impraticable, l’église di Succiano s’est écroulée et celle di Rocca Poeturo, la façade est ouverte. Le clocher de St Lorenzo s’est plié, des dégâts aussi à l’église di Beffi et Acciano. De nombreux bâtiments nouveaux ont été victime de l’effondrement d’anciens immeubles mitoyens.

Avezzano (39 705 habitants), aucune maison abîmée.

A Rome située à 90 km de l’Aquila, cette même secousse a fait bouger les meubles dans les appartements des étages supérieurs des immeubles, les liquides ont également oscillé dans les verres. Les secousses ont endommagé les thermes de Caracalla, dans le Sud de la capitale, au pied de la colline de l’Aventin. Les ruines de ces thermes font partie des vestiges de l’Empire Romain. Les effets du séisme sur Rome justifient une intensité de V

Carte géoréférencée A partir de nombreuses photos consultées sur différents sites italiens et par un état cartographié que vous pouvez consultez sur le lien suivant : Informations géoréférencées du séisme

Il a été permi de définir approximativement les intensités de ce séisme à partir de l’échelle EMS 98. Le village de Onna comporte la plus forte intensité (IX) en raison d’un grand nombre de destructions totales de bâtiments peut-être amplifiées par un effet de site. La zone d’intensité VIII semble être relativement réduite étirée d’ouest vers l’est sur environ 20 km sur une largeur variable d’environ 10 km maxi, soit sur 200 Km2. Cette zone comporte un grand nombre de localités plus ou moins importantes. La zone d’intensité VII s’étend sur une distance de 60 km environ d’ouest en est et d’une trentaine de kilomètres dans sa partie la plus large. Il faudra attendre le résultat des retours d’expériences pour compléter et affiner ces investigation

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Carte macrosismique
Document réalisé par André Laurenti

Liste officielle des communes affectées par le séisme

Cette liste établie par le département de la protection civile en collaboration avec l’I.N.G.V., comprend toutes les communes dont l’intensité a été supérieure ou égale à VI sur l’échelle macrosismique de Mercalli, Cancani, Sieberg (MCS). Province de l’Aquila (38 communes) : Acciano, Barete, Barisciano, Castel del Monte, Campotosto, Capestrano, Caporciano, Carapelle, Calvisio, Castel di Ieri, Castelvecchio Calvisio, Castelvecchio Subequeo, Cocullo, Collarmele, Fagnano Alto, Fossa, Gagliano Aterno, Goriano Sicoli, L’Aquila, Lucoli, Navelli, Ocre, Ofena, Ovindoli, Pizzoli, Poggio Picenze, Prata D’Ansidonia, Rocca di Cambio, Rocca di Mezzo, San Demetrio nè Vestini, San Pio delle Camere, Sant’Eusanio Forconese, Santo Stefano di Sessanio, Scoppito, Tione degli Abruzzi, Tornimparte, Villa Sant’Angelo e Villa Santa Lucia degli Abruzzi. Province de Teramo (5 communes) : Arsita, Castelli, Montorio al Vomano, Pitracamela et Tossicia. Province de Pescara (7 communes) : Brittoli, Bussi sul Tirino, Civitella Casanova, Cugnoli, Montebello di Bertona, Popoli et Torre dè Passeri.

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Effets du séisme
Dégâts sur l’église de San Rufina
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)
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Les effets du séisme
Effondrement d’une vieille maison à Poggio di Roio
Photo : Etienne BERTRAND (CETE Méditerranée)

Effets sur le paysage

Selon l’agence spatiale italienne, qui a comparé des photographies prises avant et après le séisme, le sol s’est déplacé jusqu’à 15 centimètres au point le plus fort. Pour des raisons de sécurité, les géologues ont conseillé de diminuer la quantité d’eau contenu dans le lac artificiel de Campotosto situé au nord de l’Aquila. Le niveau a été baissé de 4 à 5 mètres.

Sauvetage des animaux

On estime à plus de 2 000 le nombre de chats et de chiens qui se sont retrouvés sans abri. Les équipes de sauveteurs animaliers d’IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux - www.ifaw.org) collaborent avec l’Istituto Zooprofilattico Sperimentale dell’Abruzzo e del Molise “G. Caporale” (IZS) afin d’offrir des soins, des fournitures vétérinaires et de la nourriture aux animaux de compagnie et aux animaux de ferme. Il est également urgent de localiser le bétail dans les montagnes, particulièrement les vaches qui doivent être traites régulièrement.

Répliques

Après le séisme, de nombreuses répliques se sont produites tout au long de la journée, voici celles dont les magnitudes ont été les plus élevées : 2 h 27 TU magnitude 4.4 (Ml) - 2 h 37 TU magnitude 4.9 (Ml) - 3 h 56 TU magnitude 4.6 (Ml) - 7 h 17 magnitude 4.4 (Ml) - 16 h 38 TU magnitude 4.0 (Ml) - 23 h 15 TU magnitude 5.3 (Ml). Le 7 avril à 9 h 25 TU magnitude 5.4 (Ml) - 17 h 47 TU magnitude 5.7 (Ml) - 21 h 34 TU magnitude 5.1 (Ml). Le 8 avril à 04 h 27 TU magnitude 4.8 (Ml). Le 9 avril à 00 h 43 TU magnitude 5.3 (Ml) - 03 h 14 TU magnitude 4.6 (Ml) - 04 h 32 TU magnitude 4.6 (Ml) - 19 h 38 TU magnitude 5.0 (Ml). Le 13 avril à 21 h 14 TU magnitude 4.9 (Ml). Le 23 avril à 15 h 14 TU magnitude 4.0 (Ml) et à 21 h 49 TU magnitude 4.3 (Ml).

Environ 10.000 répliques du séisme meurtrier du 6 avril ont été enregistrées en une semaine, dont 1.000 d’une magnitude supérieure à 2,5 degré

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Signal du séisme à Saorge
Séisme de l’Aquila du 6 Avril 2009 enregistré sur la station SAOF de Saorge dans la vallée de la Roya qui fait partie du réseau sismologique régional géré par l’Observatoire de la Côte d’Azur (Laboratoire GéoAzur). Les trois composantes du mouvement du sol sont représentées.

Événements précurseurs

La zone touchée a fait l’objet d’une crise sismique caractérisé par un essaim sismique depuis le mois de janvier 2009, avec des centaines de secousses relativement faibles, jusqu’à un événement plus fort de magnitude 4.0 le 30 mars. Avant le grand choc, deux événements ont eu lieu avec une secousse de magnitude locale de 4.0 le 5 avril 2009 à 20 h 48 TU soit à 22 h 48. La seconde de magnitude 3.5 a eu lieu à 22 h 39 TU soit 3 heures environ avant le choc principal.

Polémique

Après le séisme, une polémique c’est installée. En effet, plusieurs jours avant le choc principal, un sismologue du laboratoire national du Gran Sasso, Giampaolo Giuliani tente d’alerter l’Italie... , Giampaolo clame dans la presse italienne qu’un terrible séisme va se produire dans la région des Abruzzes, dans le centre du pays. Le scientifique avait alors été accusé de semer la panique, Guido Bertolaso, qui dirige les secours à L’Aquila ce lundi, l’avait traité "d’imbécile qui s’amuse à diffuser de fausses informations" Sa méthode qu’il a mise au point depuis 2001, consiste à analyser le "comportement" et la concentration du gaz radon, un gaz rare et radioactif, qui se libère de la croûte terrestre. Il a "construit d’énormes cubes en plomb afin de réaliser les mesures nécessaires" Ce lundi, après le séisme qui semble lui donner tragiquement raison, il persiste et signe. "On me mettra peut-être en prison, mais je confirme qu’il est faux de prétendre qu’on ne peut pas prévoir les tremblements de terre". Mais, s’il est scientifiquement possible de dire, signaux annonciateurs à l’appui, qu’un tremblement de terre risque de se produire prochainement dans une région dont la sismicité est connue... prédire le lieu exact, l’heure précise et l’ampleur du séisme est pratiquement impossible.

Règles parasismiques oubliées et graves anomalies

Franco Barberi, chef de la commission d’évaluation des risques de la Protection civile italienne dresse un triste constat« En Californie, un séisme comme celui-là n’aurait pas fait un seul mort. » ou encore comme on vient de le voir à Christchurch en Nouvelle Zélande, un séisme de magnitude 7.1 a fait une seule victime. Comme après chaque tremblement de terre en Italie, la polémique enfle. Les règles parasismiques ont-elles été respectées, comme le veut la loi ? « Une nouvelle fois, nous sommes victimes du manque de contrôle de la qualité des constructions », poursuit Franco Barberi. Lors du séisme, l’hôpital public San Salvatore à l’Aquila s’est en partie effondré et a dû être évacué. Inauguré en 2000, il était pourtant présenté comme le nec plus ultra en terme de normes parasismiques.

On peut voir sur cette vidéo l’affaissement d’un bâtiment moderne, dessous se trouve les garages, on peut constater l’absence de ferraillage au niveau des poteaux qui soutenaient cet immeuble. http://www.youreporter.it/video_vil...

Les experts dénoncent l’usage de ciment de mauvaise qualité ou de poutrelles métalliques inadaptées. Gian Michele Calvi, président du Centre européen pour la recherche en ingénierie sismique, précise qu’en Italie : 80 000 bâtiments italiens - dont 22 000 écoles - sont à risques, malgré les normes votées au fil des précédentes catastrophes.

Toutefois, une enquête a été ouverte par le procureur de L’Aquila, Alfredo Rossini, pour déterminer s’il y a eu négligence criminelle dans la construction de certains bâtiments. Ingénieurs et géologues estiment que des édifices construits selon des normes parasismiques n’auraient pas dû s’écrouler dans un tremblement de terre de magnitude 6.3. Des soupçons pèsent sur les conditions de construction de la résidence universitaire et de hôpital de l’Aquila.

Des pompiers qui ont eu à fouiller les décombres ont affirmé avoir vu, dans certains immeubles, des piliers en béton réduits en poussière. Cela laisse à penser que beaucoup de sable a été utilisé dans leur conception. Les structures portantes du foyer d’étudiants qui s’est écroulé comme un château de cartes, entraînant la mort de 8 personnes, et de l’hôpital qui s’est en partie effondré, auraient ainsi été construites avec une « quantité anormalement basse de fer », rapporte le quotidien Corriere della Sera. La police enquête aussi sur les défaillances de contrôles menés par les autorités dans cette zone à haute sismicité. Selon le Corriere, le Génie civil avait notamment déclaré il y a plusieurs années que le bâtiment de la préfecture, entièrement détruit, présentait un « grave danger » mais rien n’a été entrepris pour le renforcer. Selon le quotidien La Repubblica : du sable de mer a été utilisé dans certains cas pour la fabrication du ciment. Le sable de mer, qui s’érode plus facilement, permet de garantir aux constructeurs des marges bénéficiaires importantes. Autre anomalie constatée : les piliers de soutènement de certaines habitations n’auraient pas les dimensions requises par la loi.

De nombreux experts cités par la presse ont affirmé que la législation sur la construction en zone sismique, qui date de 1974 et a été actualisée en 1996, n’avait pas toujours été respectée dans la région frappée par le séisme. Cette législation a été durcie en 2005 après un séisme qui avait fait 30 morts, dont 27 enfants, en 2002 dans le Molise, région limitrophe des Abruzzes (centre). Mais, à l’automne 2008, après un premier report par le gouvernement de Romano Prodi, celui de Silvio Berlusconi a repoussé leur entrée en vigueur à juin 2010, sauf pour les bâtiments dits "stratégiques" (écoles, casernes, hôpitaux). Le gouvernement envisage à présent d’adopter au plus vite une mesure qui imposera non seulement de construire en respectant les normes parasismiques, mais aussi de mettre aux normes les anciennes bâtisses.

La valse des gouvernements qui a marqué la vie politique de l’Italie depuis 1945 a eu pour effet de diluer les responsabilités, personne n’étant tenu comptable des pratiques frauduleuses. Silvio Berlusconi, qui devrait garder les rênes du pays jusqu’en 2013, s’est personnellement engagé sur ce chantier et a promis que la reconstruction sera menée à son terme... à suivre donc !.

Évolution de la situation

Selon le bilan de la situation au début du mois d’août soit quatre mois après le séisme, 19 257 sont hébergés dans des hôtels sur la côte adriatique, 9 836 dans des résidences et 20 243 dans les 140 villages de toile installés dans les environs du chef-lieu des Abruzzes. Coût quotidien de l’assistance à ces déplacés : 3 millions d’euros, selon les chiffres fournis par la Protection civile. Depuis l’entrée en vigueur d’une ordonnance du gouvernement en date du jeudi 6 août 2009, les personnes déplacées dans les hôtels et dont les habitations n’ont pas été endommagées sérieusement n’ont plus le droit de loger dans les hôtels qui les accueillaient depuis le séisme aux frais de l’état. Les habitants concernés par cette mesure peuvent cependant bénéficier, en cas de doute, d’une contre-expertise sur l’état de leur habitation. Quelque 19.000 personnes sont toujours logées dans des hôtels, 20.000 dans des tentes et 10.000 chez des personnes privées, familles et amis. En septembre 2009, les premières maisons en dur ont été livrées dans un grand déploiement médiatique aux habitants du village martyre d’Onna. En février 2010, dix mois après le tremblement de terre, des tonnes de gravats obstruent toujours les rues de l’Aquila empêchant le retour de ses habitants dans le centre historique, devenu une véritable ville morte. Le problème est que ces gravats sont considérés comme des déchets et doivent être évacués en respectant certaines règles. Des milliers d’autres habitants vivent encore dans des hôtels sur la côte adriatique, mais plus personne n’est logé dans des tentes depuis fin novembre. Selon la protection civile, 30.000 personnes ont par ailleurs quitté la région, à noter aussi que 70% des appartements du centre historique étaient des résidences secondaires appartenant notamment à des Romains.

Sismicité historique de la région

La sismicité de cette région des Abruzzes est fréquente et d’énergie élevée comme le témoignent les grands tremblements de terre survenus dans le passé. Les principaux sont le séisme de Sulmona le 9 septembre1315 (Sulmona , I = IX), celui de 1349 d’intensité IX-X, le tremblement de terre de l’Aquila en 1461 (L’Aquila, I = X), l’événement de 1639 (Amatrice, I = X), le tremblement de terre de Norcia de 1703 (Norcia-L’Aquila, I = XI), le séisme de Maiella de 1706 (Maiella, I = IX-X) et enfin le récent tremblement de terre d’Avezzano de 1915 (Avezzano, I = XI) L’Aquila fut endommagée par les tremblements de terre de 1703 et 1706.

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Le plan de faille
Identification de la faille qui est à l’origine du tremblement de terre

En septembre 2010

Un nouveau scandale éclate en Italie avec la publication des premiers résultats de l’enquête sur le tremblement de l’Aquila. Le Ministère public vient de déposer un rapport devant la justice italienne qui met directement en cause le gouvernement. La population n’aurait pas été alertée à temps de l’imminence d’un séisme. Les constructeurs et l’administration sont également mis en cause pour non respect des normes urbanistiques et utilisation de matériaux de très mauvaise qualité.

Documentation en ligne

Site de l’INGV section de Milan - Pavia

Géosciences Azur

I.P.G.P. Jussieu

CEA DASE

Video 1

Video 2

Photo 01 - Photo 03

Photo 04

Série de photos Les vidéos du tremblement de terre

Séquence 3D du tremblement de terre

Série de photos sur le site du Centre Sismologique Euro Méditerranéen


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Un séisme de magnitude 5.7 Mw (source Centre Sismologique Euro-Méditerranéen C.S.E.M.), magnitude (...)

18 janvier - Nombreux séismes en Italie centrale

Selon l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV), depuis la journée du 18 (...)