Cagnes-sur-Mer et les séismes


Regard sur la sismicité historique de Cagnes-sur-Mer

Présentation

La France métropolitaine est un pays à sismicité modérée. Cependant la Côte d’Azur, malgré son éloignement avec les zones de forte activité résultant de la collision entre les plaques africaine et eurasienne, de forts séismes (magnitude comprise entre 6.0 et 7.0), peuvent occasionnellement s’y produire et méritent d’être pris en considération.
Les tremblements de terre sont encore largement imprévisibles. Certes, on connaît de mieux en mieux les zones sismogènes qui nous bordent, telles que les parties occidentales de la Ligurie à l’est et du Piemont au nord, la vallée de l’Ubaye au nord et nord-ouest, ou encore d’une manière plus "endémique", la vallée de la Vésubie. Cependant, il n’est pas encore possible de préciser parmi ces zones, où ? quand ? et avec quelle magnitude ? un séisme majeur se produira.
Ce que nous apprend la sismicité historique, parmi tous ces secteurs actifs qui entourent les Alpes-Maritimes, c’est la région Ligure qui a libéré le plus d’énergie en produisant le séisme le plus important connu.
Cette présente liste chronologique, donne un aperçu des événements importants qui ont eu lieu dans la région et susceptibles d’avoir été plus ou moins ressentis ou observés sur la commune de Cagnes sur Mer. Cet inventaire exhaustif s’étale sur une période de 713 ans, soit depuis peu avant le Moyen-Âge, du 30 novembre 1301, date du premier séisme que la littérature ancienne nous livre, jusqu’à nos jours. Fort heureusement, la plupart de ces séismes ne furent pas aussi violents que ceux qui ont lieu dans d’autres régions du monde, comme le Japon ou l’Indonésie, mais suffisamment fort pour provoquer des dégâts matériels pour certains et l’affolement ou l’inquiétude de la population pour d’autres.
De nos jours, la commune de Cagnes-sur-Mer fortement urbanisée, abrite depuis le dernier recensement, 46 940 habitants (2013), soit environ 2 615 habitants par kilomètre carré. Cagnes a connu une nette hausse de 15,2 % de sa population par rapport à 1999. Elle est en effet, régulièrement soumise à une activité sismique non négligeable révélée par huit forts séismes historiques, soit un tous les 88 ans, or le dernier événement majeur remonte à 129 ans.
Il est donc proposé sur cette page, de passer la commune à la loupe en mettant en évidence les différents points sensibles.

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Le bourg médiéval du Haut de Cagnes
Le village est bâti sur l’un des plissements constitués par des poudingues du delta du Var.
(Photo : Jean-Max Reymond)

Réglementation pour protéger - Cagnes-sur-Mer en zone 4

Pour protéger ses citoyens des tremblements de terre, un État responsable établit comment les édifices doivent être construits au moyen de normes parasismiques et précise dans quelles parties du territoire ces réglementations doivent être appliquées par l’intermédiaire d’un zonage sismique. Selon le décret du 14 mai 1991 qui détermine 5 zones de sismicité croissante en France (0, Ia, Ib, II et III), Cagnes-sur-Mer était classée jusqu’à présent en zone II c’est à dire de sismicité moyenne. L’évolution des connaissances scientifiques et de la réglementation parasismique à l’échelle européenne (Eurocode 8), a nécessité une réévaluation du zonage en se basant sur une approche de type probabiliste (prise en compte des périodes de retour). Ce nouveau zonage facilite également l’application des nouvelles normes de construction parasismique EC8 (Eurocode 8). Contrairement au précédent zonage qui était basée sur des limites cantonales, celles-ci seront désormais communales. Ce zonage est à présent en application depuis le 1er mai 2011, par une sismicité croissante de z1 à z5, la commune de Cagnes-sur-Mer est désormais classée en zone 4, c’est à dire de sismicité moyenne.


Contexte géologique de la commune de Cagnes-sur-Mer

Le relief cagnois est constitué en grande partie par des poudingues du delta du fleuve Var qui affleurent au cœur d’un bassin sédimentaire. Ils constituent une épaisse formation au sein de laquelle les niveaux de galets alternent avec des lits irréguliers et discontinus de sables fins et d’argiles. C’est sur cette formation géologique qu’est bâti le bourg médiéval de Cagnes.

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Géologie cagnoise
Sur cet affleurement, l’arrondi des galets indique un transport fluvial relativement important du fleuve Var.
(Photos : André Laurenti)

Au pied de ce relief, les vallées principales de la Cagne et du Malvan s’évasent depuis l’amont, délaissant un profil en « V » au bénéfice d’un fond plat en aval. Elles sont la conséquence d’un remplissage alluvial.

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Le poudingue des collines cagnoises
Le poudingue rappelle le gâteau anglais "pudding" d’où son nom.
(Photo : André Laurenti)

Au sud de l’autoroute les terrains constitués en partie de vases marines, sont les conséquences de la formation d’une petite baie postglaciaire.
La gravité des effets d’un tremblement de terre dépend beaucoup de la nature du sol. Lors du dernier séisme majeur de 1887, ce sont précisément sur ce type de terrain de remplissage alluvial, où il a été observé le plus de dégâts, notamment à Ventimiglia, Menton, Nice).
Les formations cagnoises, peu compactes de dépôts marins et continentaux, pourraient être favorable à l’amplification de mouvements sismiques et la cause d’éventuels désordres sur les constructions en cas de séisme majeur. On constate aussi lors de séisme, une amplification des oscillations sur les points élevés comme par exemple le Haut de Cagnes (effet de site). Une station sismique a été posée en 2003, bien après l’un des derniers événement en février 2001, largement ressenti par la population de la Côte.
Elle a également permis de fournir d’excellents résultats lors des tremblements de terre du 7 juillet 2011 au large d’Ajaccio et celui du 7 avril 2014 proche de Barcelonnette.

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Le Val de Cagne
Tout comme le Malvan, Il délaisse un profil en "V" au bénéfice d’un fond plat en aval et constitue un secteur de remplissage alluviale.
(Photo : André Laurenti)

Sources documentaires des séismes anciens

Les événements mentionnés ci-dessous ont été extraits du catalogue d’épicentres « Mille ans de séismes en France » [1], édité en novembre 1997. Concernant les événements du siècle dernier, les informations ont été complétées grâce à la banque de données de séismes historiques du site Sisfrance.
Quelques détails ont été également extraits du mémoire de Giuseppe Mercalli intitulé « Terremoti della Liguria e del Piemonte [2] et du "catalogo dei forti terremoti in Italia [3]. Enfin, à partir de 1989 jusqu’à nos jours, les dernières données ont été complétées par l’abondante documentation personnelle (coupures de presse, publications et autres) et par la sismicité locale relevée depuis 2002, ainsi que par les témoignages obtenus sur le site « azurseisme ».

Choix des événements

Les événements ont été retenus à partir d’une intensité supérieure ou égale à V et à partir d’une magnitude supérieure ou égale à 3.8 sur un rayon d’environ 100 km autour de la ville de Cagnes-sur-Mer et parfois davantage pour des forts séismes. Dans un sens anti-horaire, cette limite passe approximativement par Borghetto Santo Spirito (province de Savona région de Ligurie), Mondovi, Sampeyre , Acceglio (province de Cuneo région du Piemont), Saint-Paul-sur-Ubaye, Barcelonnette, Seyne les Alpes, Malijai et Oraison (Alpes de Haute Provence). Pour chaque événement figure la date du séisme, le lieu approximatif de l’épicentre et l’intensité maximale (IMAX) estimée à l’épicentre, qui est exprimée en degré entier ou demi degré (chiffre romain), à partir de l’échelle MSK 1964 (Medvedev-Sponheuer-Karnik) et également à partir de celle de Mercalli-Cancani-Sieberg (MCS) pour les données italiennes. L’importance des séismes est également exprimée en magnitude pour les événements survenus au cours des deux dernières décennies, y compris celui de 1963. Parmi les séismes récents, certains ont pu être perçus uniquement dans les niveaux supérieurs d’immeubles situés en terrain alluvionnaire (la Cagne, le Malvan...). Parmi cette liste, figure également les tsunamis générés directement par les séismes et les mouvements de mer importants générés par des glissements sous-marin, déclenchés indirectement par un séisme. En l’absence de source documentaire propre à la commune de Cagnes-sur-Mer, les critères concernant les effets sur la population et le bâti, tiennent compte de :
- l’éloignement du séisme par rapport à Cagnes
- l’intensité ou la magnitude de l’événement
- la comparaison des effets lors de séismes récents.

Les critères retenus sont les suivants :

- Faiblement ressenti : ressenti probablement par quelques habitants de Cagnes.

- Largement ressenti : ressenti probablement par une grande partie de la population en tout lieu de Cagnes.

- Dégâts probables : absence de donnée locale, mais dégâts possibles plus ou moins importants à Cagnes.

- Dégâts : énumération des différents types de dégâts à partir des informations récoltées parmi les sources documentaires.


Liste exhaustive de 78 événements sur une période de 713 ans

- 30 novembre 1301 : Cuneo région du Piémont – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VII

- 23 juin 1494 : Dégâts en Vallée de la Vésubie - effets méconnus à Cagnes, mais dégâts probables - IMAX VIII

- 19 mai 1549 : « Des maisons et cheminées sont tombées en plusieurs lieux » apprend-t-on dans les notices des notaires du Broc contemporaines à l’événement, mais sans autres précisions. Maître Arnulphy ne cite malheureusement aucune localité.
Côté italien, cet événement a été ressenti à Alba dans le Piemont sans provoquer de dégâts. l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia, (I.N.G.V.) a localisé cet événement au nord-est de Saluzzo en attribuant une intensité maximale à l’épicentre de V (M.C.S.) et une magnitude équivalente de 4.30 (Mw), faiblement ressenti à Cagnes.

- 20 juillet 1564 : Dégâts importants dans la Vésubie et le Valdeblore - effets méconnus à Cagnes, mais dégâts probables – mouvement de mer observé au moins jusqu’à Antibes probablement lié à un glissement sous marin (phénomène induit) - intensité maximale IMAX VIII.

- 18 janvier 1618 : Dégâts en moyenne Vésubie - effets méconnus à Cagnes, mais dégâts probables – IMAX VIII

- 15 février 1644 : Dégâts en moyenne Vésubie - effets méconnus à Cagnes, mais dégâts probables – IMAX VIII

- 31 mars 1806 : Dolceacqua région Ligurie – faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 05 septembre 1807 : Menton San-Remo – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 23 février 1818 : Onéglia région Ligurie – tsunami de faible ampleur observé au moins jusqu’à Antibes sans dégât – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale du séisme IMAX VII

- 08 janvier 1819 : Porto Maurizio région Ligurie – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI - Cet événement est donné avec une intensité de VII au nord-ouest d’Imperia par l’I.N.G.V. et une magnitude équivalente de 4.93 (Mw).

- 26 mai 1831 : Bussana région Ligurie – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VIII-IX - l’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 5.46 (Mw).

- 17 juin 1849 : Limone région Piémont (65 km environ de Cagnes) – faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V - L’I.N.G.V. a attribué une intensité de V (M.C.S.) et une magnitude équivalente de 4.30 (Mw).

- 29 décembre 1854 : San Remo région Ligure - à Cagnes-sur-Mer le château Grimaldi fut fortement secoué et les fresques furent abîmées et fissurées - intensité maximale du séisme IMAX VII-VIII dans la zone épicentrale, intensité V-VI à Cagnes-sur-Mer (environ 57 km de l’épicentre).

- 12 décembre 1855 : Chasteuil haut Verdon – largement ressenti à Cagnes - Distance 62 km de Cagnes - intensité maximale IMAX VIII

- 30 août 1858 : Demonte région Piemont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI - l’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 4.38 (Mw).

- 19 mai 1866 : Les environs de la Motte du Caire Alpes de Haute Provence – largement ressenti, aurait fissuré les remparts du Haut de Cagnes – intensité maximale IMAX VII-VIII - Epicentre environ 117 km de Cagnes.

- 01 juillet 1885 : Cuneo région Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI - L’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 4.09 (Mw).

- 23 février 1887 : Grand tremblement de terre au large d’Imperia - intensité maximale IMAX X, dégâts matériels à Cagnes intensité sur la ville estimée à VI à partir de l’échelle EMS 98 – tsunami observé sur tout le littoral de Gênes à Cannes sans dégât. A Cagnes le tremblement de terre a endommagé le clocheton de l’église du Cros, il a également fissuré le presbytère et l’église du haut de Cagnes, des cheminées se sont écroulées et des morceaux de plâtre sont tombés dans des maisons d’habitation, des murs ont été fissurés. A la Gaude, la rivière la Cagne, est restée trouble toute la journée. La somme de 550 000 francs a été débloquée par le Conseil Général, pour la réparation des édifices publics départementaux et communaux, la municipalité de Cagnes n’a fait aucune demande.
Allocation aux victimes du tremblement de terre

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Extrait du journal L’Eclaireur du Littoral du 24 février 1887
(Archives Départementales des Alpes-Maritimes)
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Télégramme de Cagnes
Il concerne le tremblement de terre du 23 février 1887, et adressé le jour même par le Maréchal des logis de Cagnes, au chef d’escadron de gendarmerie de Nice.
(Archives Départementales des Alpes-Maritimes).
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Extrait du "Petit Var" du 27 février 1887
On apprend dans cet article, que la Cagne est devenue trouble.
(Archives Départementales du Var)
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Déclaration du Maire de Cagnes
(Réf. 2D037 dépôt Cagnes - Archives Municipales de Cagnes-sur-Mer)

- 24 février 1887 : réplique du séisme ligure - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 11 mars 1887 : réplique du séisme Ligure – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI-VII

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Journal "Le Petit Var"
Détails sur la réplique du 11 mars 1887 à Cagnes - Extrait du journal du 14 mars 1887.
(Archives Départementales du Var)

- 20 mai 1887 : réplique du séisme Ligure - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 26 novembre 1892 : Limone, Vernante région du Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V - L’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 4.01 (Mw).

- 02 janvier 1893 : Bagni di Vinadio région du Piémont – faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 16 octobre 1896 : Oneglia région Ligurie – Non relaté dans la presse niçoise intensité probablement surévaluée - intensité maximale IMAX VII - L’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 4.92 (Mw)

- 05 avril 1900 : Cuneo région Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI - L’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 4.26 (Mw).

- 10 mai 1900 : Bagni di Vinadio - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 20 avril 1901 : Cuneo région Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI

- 04 avril 1903 : Oneglia région Ligure - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 15 novembre 1904 : Taggia région Ligure - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 27 mai 1909 : Diano Marina région Ligure - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI

- 24 juillet 1913 : Demonte région du Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 28 novembre 1919 : Limone région du Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V-VI

- 05 avril 1922 : Castellane Alpes de Haute Provence - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 19 septembre 1933 : Vallée de l’Ubaye Le Lauzet - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI-VII

- 26 avril 1936 : environs de Sospel - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 11 décembre 1936 : à Pigna région Ligurie - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI - L’I.N.G.V. a attribué une magnitude équivalente de 4.6 (Mw).

- 10 décembre 1938 : vallée de l’Ubaye Le Lauzet - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 17 février 1947 : Prazzo région Piémont - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VII-VIII

- 17 février 1949 : environs de Barcelonnette Alpes de Haute Provence - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 22 mars 1949 : vallée de l’Ubaye le Lauzet Alpes de Haute Provence - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI

- 30 novembre 1951 : Chasteuil Haut Verdon Alpes de Haute Provence - largement ressenti à Cagnes - distance 62 km de Cagnes - intensité maximale IMAX VII-VIII

- 12 mai 1955 : Stroppo région du Piémont - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VII - L’I.N.G.V. a attribué une magnitude de 4.8 (Mw)

- 20 juin 1955 : Réplique du séisme précédent - Prazzo région Piemont - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VII

- 04 mai 1958 : Valdieri région du Piemont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI

- 05 avril 1959 : Saint-Paul-sur-Ubaye Alpes de Haute Provence - largement ressenti à Cagnes intensité IV environ 100 km de l’épicentre - intensité maximale IMAX VII-VIII

- 17 juillet 1959 : Réplique Saint-Paul-sur-Ubaye Alpes de Haute Provence - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI

- 13 décembre 1959 : environs de la Grave de Peille - largement ressenti à Cagnes (environ 23 km de l’épicentre) - intensité maximale IMAX V

- 28 janvier 1960 : Saint-Paul-sur-Ubaye Alpes de Haute Provence - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 19 juillet 1963 : entre la Corse et le continent - magnitude 5.6 à 5.7 (événement précurseur) - largement ressenti à Cagnes.

- 19 juillet 1963 : entre la Corse et le continent - magnitude 5.9 à 6.0 – tsunami de faible ampleur observé par quelques baigneurs - dégâts à Cagnes, chute de plâtre [4], avec une intensité de V-VI pour cette ville.

- 13 mars 1965 : Valdeblore – largement ressenti à Cagnes (environ 45 km de l’épicentre) - intensité maximale IMAX V-VI

- 07 avril 1966  : Entracque région du Piémont - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI-VII - magnitude 4.4.

- 06 décembre 1967 : Vallée de la Vésubie – largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 18 avril 1968 : Diano Marina région de la Ligurie - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX VI – magnitude locale 4.5

- 22 novembre 1969 : environ de Barcelonnette Ubaye Alpes de Haute Provence - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 07 août 1974 : Le Lauzet vallée de l’Ubaye Alpes de Haute Provence - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX V

- 16 octobre 1979 : Mouvement de mer non associé à un séisme, mais généré par un éboulement sous-marin entraînant l’effondrement partiel de la plate-forme de l’aéroport de Nice (8 morts) – observé sur le littoral de Nice à Antibes – dégâts à Antibes (1 mort).

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Le Cros de Cagnes
Le petit clocher de l’église du Cros de Cagnes a subi des dommages lors du séisme de 1887. Il sera construit au début du XXe siècle sous la forme que l’on connait aujourd’hui.
(Photo : André Laurenti)

- 22 avril 1981 : Mer Ligure - largement ressenti à Cagnes - magnitude locale 4.5

- 02 septembre 1982 : Valdeblore survenu à 21h45 - faiblement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX IV-V

- 26 novembre 1983 : En mer au large de Bordighera région Ligurie – largement ressenti à Cagnes - magnitude 4.3

- 04 octobre 1985 : En mer large d’Imperia – faiblement ressenti à Cagnes - magnitude 4.1

- 01 mai 1986 : En mer au large de Nice - largement ressenti à Cagnes - intensité maximale IMAX IV-V - magnitude 4.0

- 26 décembre 1989 : En mer 33 km au sud-est de Nice et 37 km au sud-est de Cagnes-sur-Mer – largement ressenti à Cagnes, bruit de forte explosion ou de détonation remarqué, intensité estimée à IV-V pour cette ville, standards des pompiers et de la police saturés - intensité maximale IMAX V à VI magnitude 4.6

- 15 avril 1990 : large San Remo région Ligurie - faiblement ressenti à Cagnes - magnitude 4.2

- 20 janvier 1994 : Au nord-ouest de Cuneo région du Piémont – ressenti par quelques personnes à Cagnes-sur-Mer (faiblement) - magnitude 4.6

- 21 avril 1995 : vallée inférieure de la Roya, épicentre 5,5 km au nord-ouest de Ventimiglia et 37 km au nord-est de Cagnes-sur-Mer - intensité maximale IMAX VI - magnitude 4.7 – largement ressenti à Cagnes avec une intensité IV - tintement des étagères métalliques et inquiétudes d’une partie du personnel situé en R+1 aux services techniques de la ville (av. de Nice).

- 26 juin 1997 : Lantosque vallée de la Vésubie – intensité I à Cagnes non perçu - intensité maximale IMAX V - magnitude 3.8

- 21 août 2000 : Acqui Terme, province d’Alexandria, région Piemont - intensité maximale IMAX VII (Mercalli) - magnitude 4.8.
A Cagnes-sur-Mer, quelques habitants demeurant dans les niveaux supérieurs des immeubles situés à proximité de la rivière le Malvan boulevard Maréchal Juin, ont ressenti faiblement la secousse.

- 25 février 2001 : En mer à 25 km au large de Monaco, 31 km au sud-est de Cagnes-sur-Mer - magnitude 4.6 – largement ressenti à Cagnes-sur-Mer avec une intensité de IV pour la commune. Selon la presse nombreux appels parvenus à la rédaction de Nice-Matin à Cagnes. Des personnes ont senti leurs meubles bouger, les vitres et les portes vibrer, d’autres ont éprouvé une impression de vertige, les pompiers ont reçu une centaine d’appels. Ce tremblement de terre a été ressenti très fortement en bord de mer, moins sur les hauteurs. Selon le Bureau Central Sismologique Français (B.C.S.F.), grâce aux témoignages individuels collectés et localisés par étage, il a été observé pour Cagnes que les sentiments (inquiétude, frayeur, panique) sont étroitement liés à la hauteur où se trouvait le témoin dans l’immeuble. Les seuls cas de panique relevés sont parvenus de témoins habitant au 5e étage ou plus.

- 02 septembre 2006 : Baiardo région de la Ligurie – épicentre à 53 km de Cagnes faiblement ressenti dans cette ville - intensité maximale IMAX IV-V - magnitude locale 4.2

- 24 octobre 2008  : Demonte région du Piémont – épicentre 77 km au nord de Cagnes faiblement ressenti - magnitude du moment 4.1

- 19 avril 2009 : Alba région du Piémont – épicentre 130 km de Cagnes faiblement ressenti - magnitude 4.5

- 07 juillet 2011 : Séisme à l’Ouest d’Ajaccio – magnitude locale 5.5 – épicentre à 210 km au sud de Cagnes, bien ressenti par la population, déclenchement de l’alarme intrusion au musée Renoir.

- 25 juillet 2011 : Séisme au nord de Pinerolo - épicentre à 145 km de Cagnes-sur-Mer, avec une intensité de II à III sur la ville - magnitude locale 4.6

- 27 janvier 2012 : Séisme de Fornovo di Taro dans la région Emilia Romagna (province de Parme) - épicentre à 250 km de Cagnes-sur-Mer - magnitude locale 5.4 - hypocentre 60 km. La profondeur du foyer a permis d’atténuer les effets en surface, mais aussi d’être ressenti sur un vaste territoire au delà de 450 km. Ce séisme a été ressenti à Cros de Cagnes et à Cagnes ville. Quelques personnes l’ont ressenti à la Mairie principale.
Un témoignage précise ceci : "J’étais à l’hippodrome de Cagnes sur Mer et j’ai ressenti le séisme assez pour faire osciller une tour ou se trouvait les cameramans".

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Station de Cagnes
Signal du séisme du 27 janvier 2012 enregistré sur la station de Cagnes-sur-Mer.

- 26 février 2012 : Séisme de Saint-Paul-sur-Ubaye - épicentre 100 km de Cagnes-sur-Mer - magnitude 4.5 à 4.9 - foyer 6 km - Ce séisme a été largement ressenti par les habitants et a inquiété de nombreuses personnes de Cagnes-sur-Mer.
Des personnes ont senti des meubles bouger légèrement, des portes vibrés. Ce témoignage précise ceci :
"J’ai bien ressenti la secousse, plutôt différente de celles que j’ai ressenties auparavant. Une secousse très brève avec pour seul effet sensible un craquement assez fort dans le grand placard en bois. En revanche, un lustre en papier qui se balance toujours en pareil cas, n’a pas bougé".
Cette autre personne a d’abord entendu un bruit sourd de carriole qu’on fait traîner dans la rue, puis la chaise sur laquelle elle était assise a bougé d’avant en arrière.
Ce séisme a donné lieu à de nombreux témoignages à Cagnes-sur-Mer qui permettent d’attribuer une intensité de III à IV sur cette commune.

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Séisme du 26 février 2012
Signal du séisme enregistré par la station du Réseau Accélerométrique Permanent à Cagnes-sur-Mer, gérée par Géoazur à Sophia Antipolis.

- 15 octobre 2013 : séisme de Pradleves (Piemont) - magnitude 4.1 (MLv) - faiblement ressenti à Cagnes (environ 85 km de l’épicentre).

- 7 avril 2014 : séisme de la haute vallée de l’Ubaye - magnitude locale 5.2, magnitude de moment 4.8 Mw - largement ressenti à Cagnes dans les étages des immeubles et dans le vieux bourg médiéval avec quelques personnes sorties dans les rues. Selon le B.C.S.F. de courtes coupures d’électricité ont été relevées à Cagnes-sur-Mer.
Voir l’article de Nice-Matin du dimanche 13 avril 2014


Surveillance sismique à Cagnes

Le 26 juin 2003 une station R.A.P. (Réseau Accélérométrique Permanent) a été installée en accord avec la municipalité, dans le château de Cagnes. Son code est : CAGN.
Elle permettra de répondre aux interrogations des scientifiques sur le vieux bourg de Cagnes, qui soupçonnent un effet de site dû à la topographie des lieux. Le réseau RAP comprend 19 stations déployées dans les Alpes-Maritimes et sur le territoire de la Principauté de Monaco. L’ensemble est géré par l’UMR Géoazur (UNSA, CNRS, UPMC, IRD) de l’Université Nice Sophia Antipolis.

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Station sismique de Cagnes-sur-Mer
Cette station sismique du réseau R.A.P. a pour code CAGN.
(Photos André Laurenti)

Ce réseau enregistre les mouvements forts du sol produits dans la zone épicentrale de séismes d’une magnitude supérieure à 3.0. Les stations du RAP ont une grande dynamique d’enregistrement, ce qui assure qu’elles pourront enregistrer le cas échéant de très forts séismes sans aucun effet de saturation.
Les données permettent d’effectuer des études détaillées de l’atténuation des ondes sismiques et de leurs perturbations lors de la traversée des différentes couches géologiques et à terme d’établir une cartographie des effets de site. Il s’agit là d’un élément fondamental pour les études dans le domaine de la prévention sismique et de l’aménagement du territoire.
En raison d’une faible activité sismique depuis son installation à Cagnes en 2003, elle n’avait pas encore fait réellement ses preuves. A présent, on peut dire que c’est fait grâce au séisme du 7 juillet 2011 au large d’Ajaccio. En effet, la station de Cagnes a produit l’un des meilleurs signaux parmi l’ensemble des stations, il a été retenu par les sismologues pour étudier au mieux cet événement.
_ L’équipement de cette station a été modernisé le 23 octobre 2014 par les techniciens de l’Observatoire sismologique de Géoazur grâce au cofinancement du projet CASSAT.

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Signal du séisme du 7 juillet 2011 au large d’Ajaccio
Enregistrement en 3 dimensions du réseau R.A.P. géré par Geoazur OCA - CNRS - UNS sur la station de Cagnes-sur-Mer. Tout en haut la composante est-ouest, au milieu la composante nord-sud et enfin la composante verticale en bas. La lettre P à gauche indique l’arrivée des premières ondes P (verticales). Les autres valeurs en horizontal représentent les secondes et en vertical l’amplitude du mouvement en m/s2 L’enregistrement de cet événement majeur par la station sismique de Cagnes-sur-Mer, figure parmi les meilleurs de l’ensemble des stations régionales.

Conformément à la loi n°87-585 du 22 juillet 1987 relative à l’organisation de la sécurité civile et au décret d’application n°90-918 du 11 octobre 1990 relatif à l’exercice du droit des populations à l’information sur les risques majeurs, la municipalité en 2000, a mis à la disposition des cagnois, le cahier des risques majeurs, un fascicule de 24 pages.
Autrement, la commune de Cagnes-sur-Mer ne dispose pas de PPR sismique.

Système de télé alerte

Par ailleurs, la municipalité de Cagnes-sur-Mer s’est fixée comme objectif d’avertir dans les meilleurs délais toutes les personnes concernées par un risque majeur (inondation, incendie …), en instaurant un nouveau service d ’appel téléphonique en masse. Pour cela, les Cagnois sont invités à se faire recenser auprès du service " risques majeurs " créé au sein du pôle sécurité-prévention. L’efficacité de ce nouveau dispositif qui répond aux préconisations du Plan de Prévention des Risques (PPR), s’appuie sur la participation des usagers.

Télé alerte / Risques Majeurs - 21, square Bourdet - Tel : 04 93 22 19 97
Courriel : risques.majeurs@cagnes.fr

Attitude citoyenne

D’une manière générale une alerte sismique est déclenchée à partir d’une magnitude de 3.5. En fonction des données enregistrées par l’ensemble des stations déployées dans les Alpes-Maritimes, un scientifique valide tout d’abord la mesure et transmet ensuite, environ vingt minutes après le choc principal, l’information (localisation et magnitude) aux autorités locales (Préfecture, Protection Civile, à la communauté scientifique régionale et aux médias). Par ailleurs, à l’I.P.G.S. (Institut de Physique du Globe de Strasbourg) on affine la localisation pour établir le catalogue de microsismicité en France officialisé au sein du B.C.S.F. (Bureau Central Sismologique Français). Les données complètes sont diffusées gratuitement sur le site du ReNaSS :
La localisation des séismes est donnée avec une précision de l’ordre de 3 à 4 kilomètres à terre et 10 kilomètres en mer, qui tient compte de l’incertitude lors du calcul de la position des hypocentres des séismes (profondeur et épicentres). Lors d’une alerte sismique, si vous avez ressenti la secousse vous pouvez vous rendre très utile. Les spécialistes ont besoin de votre témoignage pour savoir dans quelle mesure le séisme a été ressenti et éventuellement de connaître la nature des dommages. Les sismologues vous invitent à remplir le formulaire que l’on obtient, si vous avez internet, à partir de l’adresse suivante :
http://www.franceseisme.fr/formulaire/index.php?IdSei=0 ou encore en bas de la page d’accueil du site :
http://www.azurseisme.com Vous pouvez soit l’imprimer et le transmettre à l’adresse suivante :

Bureau Central Sismologique Français École et Observatoire des Sciences de la Terre 5, rue René Descartes - 67 084 Strasbourg cedex Tél. : 03 90 24 00 85 - Fax : 03 90 24 01 25

ou encore, en renseignant par internet le formulaire, vous pouvez alors l’envoyer directement à partir de votre ordinateur, cela prend seulement 3 minutes. Autre possibilité pour ceux qui ne possède pas internet, lors d’un séisme supérieur ou égal à 3.7, la Poste met à la disposition dans ses bureaux, le formulaire que vous pouvez retirer les jours suivants le séisme.


Évolution de la population et du bâti à Cagnes

Le noyau médiéval dense et serré s’est développé à l’intérieur des remparts vers le XIIIe siècle. Le bourg s’est ensuite étendu à l’extérieur des murs d’enceinte probablement à la fin du XVIII, début du XIXe siècle. Les constructions colonisent ainsi de façon continue la butte sur laquelle est bâti le vieux bourg.
Le cadastre Napoléonien permet de faire un point précis au début du XIXe siècle. En effet, en 1834, l’habitat cagnois s’inscrivait dans un périmètre réduit, délimité au sud et à l’ouest par le vallon de la Combe, à l’est par la Cagne et au nord, le bourg s’arrêtait au quartier Sainte-Anne. On notait à cette époque là, seulement quelques maisons à Cros de Cagnes. Le recensement de 1831 faisait état de 2 349 habitants. Malgré l’arrivée du chemin de fer avec l’ouverture de la section les Arcs Cagnes le 10 avril 1863, la population restera stable jusqu’à 1876 avec 2 400 habitants, et 1881 avec 2 855 habitants. Dans le recensement de 1886, juste l’année avant le grand tremblement de terre de 1887, on apprend que la commune de Cagnes regroupait 410 maisons au village, 125 au quartier du Logis, 107 à Cros de Cagnes et 68 dans les campagnes. La ville abritait à cette époque 3 057 habitants.
En 1911, la commune dépasse les 5000. C’est à partir de 1954 (11 066 hab.) que la courbe s’accélère pour atteindre la population actuelle.

Le centre ancien - quelques éléments de confortement

Les maisons sont constituées par des murs en maçonnerie de qualité médiocre. Ils sont réalisés en moellons (gros galets provenant des poudingues), des matériaux extraits donc du site, comme dans la plupart des villages du département. Cela, explique d’ailleurs, la grande intégration des bâtiments anciens avec leur environnement proche, sur le plan des matériaux et des couleurs. Les pierres ne sont pas taillées et assemblées avec un enduit de chaux. On relève peu d’éléments de confortement (contreforts, arcs de contraste...) angles de bâtiments en pierre taillée.
Malgré tout, dans la partie la plus ancienne, on peut observer quelques entourages d’ouvertures forts, de nombreux passages voûtés etc....

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Confortement
La pierre blanche calcaire étrangère à Cagnes, est présente dans la partie ancienne et même sur quelques maisons situées à l’extérieur des remparts. Elle provient probablement des carrières de la Sine. A droite, un arc de confortement dans la rue Paissobran.
(Photos : André Laurenti)

On peut toutefois remarquer des alignements de façades compacts, un habitat groupé en continu, non fragilisé par des vides ou des maisons en ruine. Ainsi, ces immeubles constituent des ensembles de blocs dynamiques qui permettent une meilleure transmission des contraintes horizontales en cas de séisme fort.

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Rue du Docteur Michel Provençal
Les maisons à colombage ou à pan de bois sont peu nombreuses dans la région, quelques exemples restent encore visibles à Lantosque, Saint-Etienne de Tinée, dans le hameau de Roya et également dans les vallées du Piemont. Cette technique très ancienne peut avoir un rôle sismo-résistant lorsque le bois est bien liaisonné.
(Photo : André Laurenti)

Le bâti ancien ne doit pas s’apparenter à une arme de destruction massive comme ce fut le cas en Haïti. D’une manière générale, depuis le début du XXe siècle, le bâti ancien de nos villages ainsi que celui du cœur des villes, augmente inexorablement sa vulnérabilité. Il est donc conseillé, à l’occasion de travaux, d’effectuer un diagnostic sur la vulnérabilité acquise et de programmer des interventions de confortement en même temps que des travaux de confort. Pour éviter tout risque d’endommagement, voire d’accident, il est conseillé de faire appel à un professionnel qualifié et de ne pas hésiter à se faire assister par un bureau d’études ou un architecte.

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Cas de vulnérabilité
Rue Sous Barri, ce qui fit office de rempart à l’époque, a tendance à se fragiliser à la base par la disparition progressive de matériaux.
(Photos : André Laurenti)

Le développement de Cagnes

La période comprise entre 1969 et 1982 correspond à la mise en application des premières règles parasismiques dites PS 69 jusqu’au nouvelles règles parasismiques dites PS 82. Les règles PS 69 étaient encore imparfaites, comme les ingénieurs pourront le constater lors des séismes d’El Asnam en Algérie en 1980. Les bâtiments de ces années là, comportent des défauts structurels suivants notamment un manque de contreventements longitudinaux, des éléments en console, des porte-à-faux, l’Office de Tourisme de Cagnes centre en est un exemple. Les règles PS 69 sont complétées en 1982 par un addendum tiré des leçons des séismes d’El Asnam en Algérie. Ce sont ensuite les séismes de Mexico (1985), de Spitak (Arménie 1988) et de Loma (Californie 1989), qui vont faire progresser le génie parasismique et aboutir aux normes PS 92. Ainsi les immeubles d’habitation construits depuis selon ces nouvelles règles ne posent aucun problème au séisme.
Il a fallu attendre l’arrêté du 29 mai 1997 pour mettre en vigueur les règles de construction parasismiques aux bâtiments de la catégorie dite à risque normal (classe B), comprenant aussi les maisons individuelles.

Bâti de catégories d’importance III et IV (anciennement classes C et D)

Parmi les constructions que l’on peut voir à Cagnes, certains établissements ont une plus grande importance que d’autres (plus grande concentration de personnes au moins à certaines heures) comme par exemple les établissements d’enseignement. ceux-ci constituent une priorité tout comme les cliniques et les salles de sports et de spectacle.
Il existe pas moins de 18 établissements scolaires à Cagnes et parmi ceux-là au moins six sont anciens et ne répondent pas aux normes sismiques :
- Ecole du Vieux bourg XIXe siècle (maçonnerie).
- Ecole Jules Ferry - année 1932 - surélévation 1956
- Ecole du Logis - année 1908 - surélévation 1956
- Ecole Gambetta - année 1932
- Ecole maternelle Renoir - année 1960 - extension 1967
- Ecole Daudet - année 1962 - extension 1972 (béton armé prédominant pour l’extension, disposition parasismique peu probable pour le bâtiment initial)
Il en est de même pour l’Espace Centre de catégorie d’importance III.
Il convient pour ces bâtiments, dont la plupart sont édifiés sur les alluvions du Malvan, de la Cagne ou du vallon de la Combe, d’établir une procédure efficace et ciblée d’évaluation de leur vulnérabilité. Concernant les autres établissements, certains mériteraient un examen plus approfondi. Autrement, les trois gymnases, le Casino Terrazur (salle de spectacle 800 personnes) et les bâtiments hospitaliers (polyclinique Saint-Jean) ne semblent pas poser de problème.
On trouve également sur la commune en catégorie d’importance III, plusieurs bâtiments dont la hauteur dépasse les 28 mètres, il s’agit de certains immeubles du Domaine du Loup (par exemple R+13 pour l’Esteron) - Immeuble Renoir allée des Saules en bordure de la Cagne R+10.

Les bâtiments de catégorie d’importance IV (anciennement classe D), sont ceux dont le fonctionnement est primordial pour les besoins de la sécurité civile, la défense nationale et le maintien de l’ordre public. Les bâtiments abritant les moyens de secours en personnels et matériels et présentant un caractère opérationnel.
les bâtiments contribuant au maintien des communications
les bâtiments de production ou de stockage d’eau potable

L’État tout comme la commune doivent être exemplaires dans la gestion des bâtiments, équipements et installations de classe D ou C dont il est propriétaire, en procédant au diagnostic de leur résistance à l’action sismique, et en les renforçant ou en assurant leur remplacement par des établissements plus résistants en tant que de besoin.

Installation industrielle

Sur le territoire de la commune, on ne relève aucune installation industrielle qui pourrait apporter un risque à l’agglomération en cas de séisme.

Cours d’eau : les phénomènes de concomitance
Le cours d’eau de la Cagne, comporte une section couverte entre l’avenue Georges Pompidou en aval et l’allée des Bugadières en amont. Cette section comprend trois travées dans lesquelles s’écoule la rivière. Les dalles des deux travées latérales reposent sur des corbeaux et pourraient générer un phénomène d’embâcle en cas d’ événements concomitants (inondation - séisme fort).

Eau potable
La commune dispose cinq sites sur lesquels se trouve des réservoirs d’eau.
- réservoir des Gros Buaux 2 x 3000 m3 situé à 82 m d’altitude
- réservoir des hauts Caucours 1500 m3 situé à 149 m d’altitude
réservoir bas Caucours 630 m3 situé à 124 m d’altitude
- réservoirs des Collettes 1500 m3 et 1300 m3 situé à 156 m d’altitude
- réservoirs de Saint-Véran 5 x 1500 m3 et 4000 m3 situé à 81 m d’altitude
Cette catégorie a une fonction essentielle en cas de séisme, elle doit être capable de résister à toute agression sismique.

Tsunamis et mouvements de mer

Quant aux tsunamis, quatre séismes ont généré un mouvement de mer d’une faible amplitude, en 156418181887 et 1963, sans provoquer de dégâts notables. Le mouvement de mer de 1564 correspond probablement indirectement au séisme. L’épicentre étant à terre, il ne pouvait donc pas engendrer directement un tsunami. Il s’agit probablement d’un glissement sous-marins déclenché par ce séisme. Tous ces séismes se manifestent dans un domaine dit « intraplaque » et génèrent par conséquent des magnitudes moyennes inférieures à 7.0. Il est à présent admis que l’activité en mer est le résultat d’une compression au niveau du bassin Ligure, ce qui peu donner en cas de séisme équivalent à celui de 1887, un mouvement vertical de faible ampleur (6.5 correspond à la valeur retenue comme étant le seuil d’alerte d’un tsunami dans le Pacifique). De plus les enseignements que nous livre la sismicité historique permettent de constater que les tsunamis ont été de faibles amplitudes. Leurs effets destructeurs sur le littoral azuréen semblent à priori très limités.
En revanche les mouvements de mer liés aux conditions météorologiques, comme on a pu le voir durant ces derniers hivers, ou bien des glissements sous-marins, représentent les candidats les plus sérieux pour occasionner des dégâts sur le littoral. Il est donc déconseillé de construire des établissements trop proche de la mer.

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Le Cros de Cagnes
Le littoral cagnois
(Photo : André Laurenti)

Conclusion

En 712 ans, ce n’est qu’à partir de 1854 que l’on commence à relever des renseignements sur les effets des tremblements de terre à Cagnes-sur-Mer. La fin du XIXe siècle a été marqué par le tremblement de terre Ligure du 23 février 1887, l’un des plus violent que notre hexagone ait connu. Ce séisme, qui a eu pour origine la Ligurie occidentale, a eu son épicentre en mer, au large d’Imperia soit à une centaine de kilomètres de Cagnes. Il a fait de nombreuses victimes en Ligurie (640 environ et une dizaine en France) provoquant des dégâts plus ou moins légers à Cagnes-sur-Mer. Il est important de porter une attention particulière à cet événement riche d’enseignement.
Le séisme du 19 juillet 1963 a été le plus important du siècle écoulé, fort heureusement l’éloignement des côtes de l’épicentre (80 km au large de San Remo) a permis d’éviter le pire. A partir de cette liste, 39 séismes ont été faiblement ressentis à Cagnes-sur-Mer, 31 ont été largement ressentis par la population, 6 dont les effets de certains sont mal connus, pourraient avoir provoqué des dégâts sur Cagnes principalement sur le haut de Cagnes, seul lieu habité à l’époque.
Parmi cette liste, figure un tsunami non lié à un séisme en octobre 1979. Malgré tout cela, le contenu des données historiques concernant les tremblements de terre qui ont eu lieu dans la Vésubie de 1494 à 1644, nettement plus proches de Cagnes-sur-Mer, ne permet pas d’avancer l’hypothèse que Cagnes-sur-Mer est à l’abri de dégâts sérieux. On ne sait toujours pas si un séisme identique à celui de 1887 puisse se produire plus près de la commune. En conséquence, à Cagnes on est loin du scénario catastrophe, mais il ne faut pas sous-estimer ces turbulences des plaques eurasienne et africaine, responsables des mouvements telluriques dans notre région. Cette analyse succincte du bâti, permet de mettre en lumière quelques points vulnérables à travers la commune et de cibler les priorités pour renforcer la sécurité de ses habitants. Rien n’est simple, il est beaucoup plus difficile d’estimer l’aléa sur la Côte d’Azur, qu’en Californie ou en Turquie. Aurons-nous un jour un séisme équivalent à celui de 1887 plus proche de notre département ? Aucun argument à l’heure actuelle ne permet de le dire.

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Les coups de mer
Les coups de mer d’ordre météorologique sont nettement plus récurrents et plus à craindre à Cagnes-sur-Mer que les tsunamis, qui sont des phénomènes plutôt rares avec des amplitudes métriques.
(Photos : André Laurenti)

Quelques sites utiles

Plan séisme : didacticiel de la réglementation parasismique valable pour la commune de Cagnes-sur-Mer.
[http://www.planseisme.fr/spip.php?p...]

Site mis en ligne en décembre 2012 et dédié à la consultation en ligne des archives numérisées de la commune de Cagnes-sur-Mer :
http://www.archives.ville-cagnes.fr/

Page consacrée au Plan Local d’Urbanisme de la commune de Cagnes-sur-Mer :
http://www.cagnes-sur-mer.fr/grds_d...

Page consacrée à la prévention des risques :
http://www.cagnessurmer.fr/a_votre_...

La commune de Cagnes-sur-Mer est concernée par un aléa de mouvement de terrain par tassements différentiels liés aux retraits-gonflements des argiles lors des phases de sécheresse et de réhydratation des sols.
Aucun P.P.R. n’est prescrit ou approuvé pour ce type d’aléa à Cagnes-sur-Mer.
Depuis novembre 2004, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (B.R.G.M.) a mis en ligne cet outil qui permet de consulter les cartes d’aléa par département ou par commune, de s’informer sur les manifestations du phénomène et la manière de les prévenir, et de télécharger les rapports et les cartes d’aléa déjà parus.
http://www.argiles.fr/donnees_SIG.h...

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Carte d’aléa
Carte de l’aléa retrait-gonflement des sols argileux
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Commune de Cagnes-sur-Mer
Mouvement de terrain : effet sur le bâti au Collet des Grailles lors des intempéries en début d’année 2014..
(Photo : André Laurenti)

Site du Ministère de l’Ecologie permettant de savoir si son logement est soumis à des risques d’inondation, de séisme, de pollution ou encore de glissement de terrain.
http://georisques.gouv.fr/


Sources documentaires

- 4) Nice-Matin du samedi 20 juillet 1963 - 18eme année - n°5821 (Archive de Nice Matin)

- 5) Le Petit Var du 27 février 1887 - (Archives Départementales du Var)

- 6) Le Petit Var du 14 mars 1887 - (Archives Départementales du Var)


[1] Lambert Jérôme et Levret-Albaret : ouvrage intitulé « Mille ans de séismes en France » édité en novembre 1997, chez Ouest Editions.

[2] Mercalli Giuseppe : mémoire intitulé « Terremoti della Liguria e del Piemonte - Naples 1897

[3] E. Boschi, G. Ferrari, P. Gasperini, E. Guidoboni, G. Smriglio et G. Valensise : Catalogo dei forti terremoti in Italia dal 461 a. C. al 1980" - Istituto Nazionale di Geofisica - SGA Storia geofisica ambiente

[4] Nice-Matin du samedi 20 juillet 1963 - 18eme année - n°5821 (Archive de Nice Matin)


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