Bilan sismique 2018 et les rumeurs

samedi 5 janvier

Le Sud-Est de notre hexagone, fait partie des zones reconnues comme étant les plus sismiques de la France métropolitaine. Cette sismicité, de domaine « intra-plaque » et donc plus faible qu’aux frontières de plaques tectoniques, est associée à des déformations géologiques, des réajustements de forces distribués de manière complexe sur le territoire où nous vivons.

Il y a environ 2000 séismes chaque année en France. Dans notre région, on dénombre en moyenne 150 séismes de magnitude supérieure ou égale à 2.0, dont 6 de magnitude supérieure à 3.0 et un séisme de 4.0 tous les 2 ans.

L’année 2018 a connu une sismicité plutôt faible, avec moins d’une centaine d’événements de magnitude comprise entre 2.0 et 3.7. L’activité 2018, a été marquée par une crise sismique peu habituelle dans le département du Var et par un séisme de magnitude 3.7 dans le Piemont occidental. Ce dernier représentant la plus forte magnitude enregistrée cette année.

La répartition sur le territoire d’observation d’azurseisme.com (47 000 km2), est la suivante :

- 40 séismes dont trois de magnitude supérieure à 3.0 dans les Alpes-Maritimes et Var

- 26 séismes en Ligurie occidentale

- 15 séismes dont deux de magnitude supérieure à 3.0 dans le Piemont occidental

- 10 séismes dans les Alpes de Haute Provence

Voir les tableaux avec les caractéristiques des séismes, ainsi que leur répartition sur la carte interactive

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Lac de Méaulx
Le niveau du lac est relativement bas.
(Photo prise le 18/02/18 : André Laurenti)

Activité Alpes-Maritimes - Var
Sur ce territoire, la sismicité a été marquée par une crise sans précédent connu, dans le département du Var, qui c’est concentrée autour du lac du Méaulx, proche des communes de Saint-Paul en Forêt et de Fayence. Celle-ci a été initiée le 16 février 2018 et s’est poursuivie sporadiquement les semaines suivantes, puis avec de longues périodes de repos, jusqu’en septembre 2018. Cette crise a produit plus de 65 séismes, dont 26 de magnitude comprise entre 2.0 et 2.9 et 2 de magnitude comprise entre 3.0 et 3.5. Ces deux derniers, ont été ressentis par les habitants demeurant proches de la zone épicentrale.

Activité Piemont occidental
Au Nord et à l’Est du Mercantour, le Piemont possède une activité habituellement soutenue, mais plus faible que les années précédentes. Elle a toutefois été marquée le 17 juillet par un séisme de magnitude 3.7 dans le val Maria, proche du village de Stroppo. Il s’agit de la plus forte magnitude enregistrée cette année, sur l’ensemble du territoire d’observation.

Comment lutter contre les mauvaises informations ?
Les séismes sont beaucoup plus médiatisés qu’auparavant, surtout lorsqu’ils touchent des zones densément peuplées comme la Côte d’Azur. Mais parfois, la presse se trompe.
Au cours de l’année 2018 et cela à plusieurs reprises, les médias ont propagé de fausses informations en rapportant des événements sismiques mal vérifiés. En effet, il a été annoncé par la presse, des secousses dans le secteur de Toulon et Fréjus, en mentionnant comme source le Réseau National de Surveillance Sismique (ReNaSS).
A l’exception de la crise sismique survenue en début d’année dans la partie orientale du Var, ce département est considéré comme asismique. Le secteur de Fréjus et de Toulon est connu pour ses activités humaines, avec en particulier, les manœuvres militaires.
Les sismomètres sont des instruments très sensibles qui détectent les moindres vibrations du sol. Ces appareils de plus en plus sophistiqués, vont donc enregistrer les tirs de mines dans les carrières, les explosions d’obus à terre, de missiles en mer, les campagnes de déminage etc... en plus des séismes.

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Tableau des évenements enregistrés par le ReNaSS
En rouge les événements non validés, en vert les événements validés
(Source : ReNaSS)
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Tableau des évenements enregistrés par le ReNaSS
On peut voir à droite s’il s’agit de séismes ou bien d’activités humaines
(Source : ReNaSS)

Depuis maintenant quelques années, le Réseau National de Surveillance Sismique (ReNass) et le laboratoire Géoazur de Sophia Antipolis, précisent dans leurs tableaux de détections, s’il s’agit d’explosions, de tir ou de véritables séismes. Cependant, quand un événement se produit, il est enregistré automatiquement en temps réel, il faut donc attendre qu’il soit validé par un sismologue.
C’est ainsi qu’à plusieurs reprises, des événements non validés, ont été relatés par la presse comme étant des séismes. Bien souvent une rumeur naît juste d’une erreur d’interprétation d’une information.

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Tableau et carte de Geoazur
Les carrés correspondent aux événements non validés - les cercles, les séismes validés - les formes étoilées, les activités humaines (artificiels).
(Source : Geoazur)

Avec la presse en ligne et les réseaux sociaux, ont sait comment ensuite une information va être reprise et reproduite maintes fois. Ainsi, en quelques minutes ou quelques heures, un événement non vérifié, peut devenir une information répétée par des dizaines de sites, puis twittée sur les réseaux, devenant par sa diffusion, pratiquement crédible aux yeux des lecteurs.

Quelques conseils de base 

- vérifier les sources d’où proviennent les nouvelles

- ne prenez pas pour bon les informations provenant des médias du net

- augmenter la culture scientifique de base

- maintenez toujours un doute et développer le sens critique

Dès qu’un événement est publié dans la presse ou sur les réseaux sociaux, ayez le reflex de vérifier si l’éventuel séisme a bien été validé par un sismologue sur le site de Géoazur ou bien sur celui du ReNaSS.
Azurseisme publie également les séismes validés à partir d’une magnitude de 2.0, qui se produisent sur un territoire bien défini. Les caractéristiques proviennent en priorité de Géoazur et par défaut du catalogue du ReNaSS. Ces séismes sont regroupés par secteur et par année sur la page info séisme au jour le jour.



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